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Alter et ego (Carnet)
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25 avril 2007

Donner de soi

Il se peut que le billet de Coumarine qui parle de ce qu'elle reçoit de ses lecteurs ait eu une influence sur mes mots précédents. J'écrivais ce matin que je ne pouvais pas donner beaucoup, en ce moment. En revanche je reçois par l'attention que vous m'accordez et ça me fait beaucoup de bien. Ça me nourrit.

Oserais-je dire que j'ai besoin de reçevoir ? J'ai beaucoup exprimé de moi, ici ou ailleurs, et me suis asséché. Vidé, je suis avide de vos mots, de vos commentaires, de vos courriers. Je n'y réponds pas aussi vite qu'ils le mériteraient, mais j'y accorde toute l'attention nécessaire, soyez-en sûr(e)s. Chacune de vos phrases, ici ou ailleurs, étanche ma soif et m'aide dans ma convalescence. Les réponses viendront...

Paradoxalement c'est aussi parce que j'ai pris conscience de ce besoin que je prends quelque recul. Car qui dit besoin dit dépendance. Or je ne sais que trop ce qui peut en découler. Le manque, puis le sevrage sont difficile à vivre...

Alors je me demande si je ne suis pas en train de me livrer à une sorte de jeûne.

Jeûne... jeune... l'homonymie est troublante.

Commentaires
P
Je vois que le don vous inspire...<br /> <br /> Je laisse chacun lire vos contributions qui apportent toutes quelque chose d'intéressant. Je note juste cette distinction faite au sujet du don en amour, qui semble revêtir un caractère particulier. Et aussi l'idée que le don totalement altruiste semble être une chimère.<br /> <br /> Merci à vous, Chantorelle, Christine, Mohamed :o)
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M
Bonsoir Pierre, qu’avons-nous que nous n’ayons point reçu ?, s’interrogeait saint Augustin. Aujourd’hui, recevoir de quelqu’un d’autre est parfois perçu comme une violence, car nous refusons l’asymétrie de la relation. A ce propos, je suis tombé sur un dialogue entre Sylvain Reboul et Jacques Bonniot en surfant sur le web et je pense qu'il apporte quelques pistes de réflexion.<br /> <br /> "Or c'est cette perpective elle-même (celle de Lévinas) qui me paraît irrationnelle, non seulement au sens où elle serait empiriquement fausse, mais aussi logiquement irrecevable car elle signifierait l'impossibilité d'une réciprocité dans l'échange ( J.B : elle n'exclut nullement la possibilité de l'échange réciproque, mais elle le récuse en tant que critère de l'action morale, alors qu'il est au contraire la loi de tous les échanges "économiques", la loi d'airain de l'économie de marché, radicalement - et à bon droit - a-morale. "Si vous faites du bien à vos amis et du mal à vos ennemis, si vous rendez le bien pour le bien et le mal pour le mal, les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?" [Matthieu 5 : 46] demande Jésus. Cela n'a rien de condamnable, c'est tout à fait humain, c'est la justice même et la loi de fonctionnement des sociétés humaines, mais cela n'a rien à voir ni à faire avec la morale, c'est moralement rigoureusement neutre. J.B.) qui seule peut fonder un droit universel : si je donne tout sans exiger de recevoir, je me transforme nécessairement en moyen de l'autre (mais comment ne pas voir que si je ne donne qu'en exigeant de recevoir en retour, alors chacun transforme l'autre en simple moyen de sa propre satisfaction : relis le début du Capital de Marx...), mais je transforme l'autre en pure fin, débiteur d'une dette infinie, car dès lors qu'il n'est pas tenu au contre-don (J.B: non, justement : vois Derrida : il n'y a don que s'il n'y a aucune contraction de dette, même seulement "morale", même seulement virtuelle : il n'y a(urait) don que si l'on sortait radicalement de la logique de la dette, c'est-à-dire de la logique tout court, car toute logique est une logique de dette : les deux premiers termes du syllogisme exigent et appellent le troisième terme à titre de conclusion, de rétribution, de récompense...), je ne le libère en rien de sa dette à mon égard et mon refus de réclamer l'aggrave plutôt qu'il ne l'allège : moins je demande explicitement plus j'exige psychologiquement de lui, car je me place alors sur une position non négociable : la position de l'éternel sacrifié. Plus largement, je pense que toute position qui prétend refuser l'échange réciproque d'équivalent pour fonder l' éthique (personnelle) et le droit (politique) refuse nécessairement, comme critère pertinent de la justice, la liberté individuelle et la défense des droits de l'homme au nom d'une conception du devoir par devoir et/ou de l'amour pur (que Kant appelle non-pathologique) inhumain et paradoxal. Je vois la preuve de ce que j'avance dans la difficulté qu'éprouve Kant à éliminer le bonheur comme condition de possibilité même de la morale : il en fait non seullement un devoir indirect (dans le malheur on ne peut agir moralemant, ni conformément, ni par devoir) mais aussi un postulat de la moralité: le salut personnel, c'est à dire la réconciliation entre raison et sensibilité dans l'au-delà. En bref, il me semble qu'il faut croire en Dieu (son existence réelle) et dans le salut post-mortem (J.B: mais où diable as-tu vu soit moi, soit Jonas, soit Lévinas, soit Jankelevitch, soit Derrida, recourir à cet argument, que toutes nos démarches, distinctes certes, excluent absolument ? Tu pars en guerre contre des moulins à vent...) pour admettre le sacrifice ou l'abnégation comme exemple modèle du bien-vivre (voir aussi la position de Socrate, qui n'est pas sacrificielle, mais qui, en dernier ressort, plaide pour la justice contre la vie, ici et maintenant, par le recours au mythe du choix post-mortem). (Remarque : idée d'origine grecque donc, et non biblique, judéo-chrétienne)." <br /> <br /> Sylvain Reboul <br /> <br /> http://sylvainreboul.free.fr/alt2.htm<br />
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C
Il est évident que lorsqu'on donne on en attend toujours un peu quelque chose qui peut être simplement le plaisir de donner. <br /> En disant être soi, c'est ne pas calculer, ne pas se retenir de donner. Personnellement je me retiens de donner, je donne à petites doses homéopathique comme si je tatais pour étudier les attentes de l'autre. Ce qui explique pourquoi nous sommes un peu en désaccord Pierre. <br /> J'ai peur de donner mais je ne sais pas pourquoi. Peut-être pour me préserver de la déception de ne pas recevoir en retour même un minimum... l'expérience peut-être...<br /> Je m'aperçois aussi qu'on est plus en attente de ceux qui ne donne rien que de ceux qui donne trop. <br /> En amour, le don est dicté par un sentiment différent de celui de l'amitié. Les situations sont difficilement comparables. Je peux donner plus en amitié qu'en amour où je resterais beaucoup plus ... prudente. <br /> Quelle est la solution, quel est le juste milieu ? Je l'ignore.
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C
De l’autre côté du spectrum: La privation de soi par le renoncement à une partie de soi<br /> Pour toi, Pierre...<br /> ((puisque tu as tant aimé la citation que j'ai mise ci-dessus;))<br /> <br /> <br /> On se donne bien de la peine et on s'impose bien des privations pour guérir le corps; <br /> on peut bien, je pense, en faire autant pour guérir l'âme. <br /> [George Sand]<br /> <br /> <br /> Un peu de privation est en général le meilleur moyen pour aider quelqu'un à se rendre compte des avantages d'une douce existence. <br /> [Groucho Marx] <br /> <br /> <br /> Chantorelle
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C
Je crois qu'il y aura toujours un modicum<br /> d'attente <br /> d'une sorte de réciprocité <br /> en se donnant..<br /> n'importe qui..<br /> n'importe quoi..<br /> soi admis ou non..<br /> Donner un beau cadeau à quelqu'un.. <br /> et puis recevoir très peu en retour.. <br /> ou pire...<br /> rien du tout?<br /> Baaah......<br /> c'est pas trop marrant cela!<br /> <br /> Chantorelle<br /> <br /> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~<br /> <br /> "Dans le cadre amitié, oui, n'espère rien en retour, mais cependant, dans le cadre amour c'est différent:<br /> Il faut donner pour recevoir, il faut arroser les plantes pour qu'elles puissent grandir. <br /> Sinon, un jour, l'un(e) ou l'autre se retrouvra dans les bras d'un(e) autre."<br /> <br /> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~<br /> <br /> "C'est pas facile à détecter mais quand on donne on reçoit toujours quelque chose en retour.<br /> <br /> Pour prendre un exemple avec pas trop de complications si je donne une pièce a un gars qui fait la manche je constate (en première approche) que c'est contre rien.<br /> Mais en fait je reçois quelque chose.<br /> Pour moi c'est l'impression (bien agréable) d'être sympa si j'ai un frère qui squate et s'est coupé de la famille c'est peut être comme un petit pansement sur cette relation en souffrance.... je peux aussi me sentir fière d'être inclue dans la socitété grâce à mon travail.....<br /> Toutes ces motivations sont bonnes puisqu'elle poussent à donner au gars qu'en a besoin.<br /> <br /> Dans le cadre d'une assoc c'est un peu le même mécanisme, je donne et en échange j'ai un truc (même sous forme si intime que je n'en prend pas conscience) qui me "flatte l'ego"<br /> <br /> Dans une famille ce peux être le respect des valeurs qui comptent à nos yeux (aider les ainés, les enfants, construire un patrimoine..)<br /> <br /> Il arrive parfois que ce que l'on reçoit en retour ne nous convient plus (nous avons changé, vos valeurs ont légèrement changé.....)<br /> C'est parfois à ce moment-là que l'impression de donner sans retour s'impose.<br /> Je pense qu'il faut alors tenter de trouver pourquoi jusqu'à présent ça allait.<br /> Et dire clairement les choses aux personnes impliquées dans cet échange. <br /> Ça permet de réajuster ce qui se passe. <br /> En tout cas, quand on commence à penser que ce n'est pas réciproque, il ne faut pas en vouloir à l'autre mais redistribuer clairement les cartes.<br /> <br /> On essaie de remettre les choses en bonne place, plus question de se sentir exploitée ou pas assez respectée."<br /> <br /> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~<br /> <br /> "Je ne crois pas à l'altruisme."<br /> <br /> <br /> <br /> (Ces citations trouvées sur divers sites..<br /> les forums sur le sujet <br /> "Peut on toujours donner sans jamais recevoir?")
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P
Ces histoires de "don" me turlupinent toujours un peu. Je ne suis pas sûr de connaître le don totalement désintéressé, tout particulièrement en matière relationnelle. Je crois que, sans "attendre" précisément quelque chose, j'espère un retour, quel qu'il soit. Ne serait-ce qu'un sourire, un regard, un mot. Un signe de réception quoi...<br /> Mais RIEN... ça m'est assez difficile. Je ne sais même pas si mon "don" à été reçu.<br /> <br /> Par contre, assez bêtement, je crois qu'autrefois je répétais le don en attendant ce retour. Du coup je "donnais" trop. Beaucoup trop. Je n'étais plus dans le juste don. <br /> <br /> Donc... face à ce que tu dis Christine, je suis un peu réservé : en suivant ses envies de "donner", on peut aller dans l'excès. On retrouve là le sens de la citation donnée (!) par Chantorelle. A trop donner on se dépossède et on peut devenir étouffant.<br /> <br /> J'en suis venu à mieux doser ce que je donne de moi, ce qui fait que je me trouve parfois distant, maintenant. Mais ça s'ajustera au fil du temps ;o)
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C
Ne faut-il pas être soi tout simplement et donner ce que l'on a envie de donner. Finalement, c'est à prendre ou à laisser.
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C
je crois que qd on donne "juste" on n'envahit pas l'autre, on ne fait pas en sorte de se rendre indispensable...<br /> et cela ne lasse pas l'autre alors...<br /> Mais il faut rester vigilant je crois et sans cesse réévaluer<br /> Bonne soirée, Pierre
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P
Coumarine, je pense comme toi que le don "juste", sans excès, est attentif à ne pas lasser. Dans le doute, peut-être vaut-il mieux donner moins que trop ?<br /> <br /> Finalement c'est compliqué ces histoires de don...
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C
Je crois que quand on "donne" avec des attentes de retour, cela se sent et finit par lasser l'autre, les autres<br /> Quand on est dans le don "juste", càd gratuit, et bien, j'espère qu'on ne lasse pas...
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