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Alter et ego (Carnet)
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3 juillet 2007

Le pari de l'amour

J'ai été interpellé au sujet de la phrase suivante : « Faire le pari de l'amour, parce que c'est l'élan de vie qui compte davantage que la personne avec qui on le partage, temporairement ou durablement ».

Ségolène l'a trouvée « un peu terriblement désabusée... qui ne relève à (ses) yeux ni de l'optimisme ni de l'amour ! Mais de la consommation amoureuse ».

Bigre ! Voila qui soulève bien des questions pour un homme comme moi, ayant pour ce genre de sujet un intérêt non dissimulé...

Faire le pari de l'amour, c'est dire « tope-là, on se lance ! ». C'est audacieux, c'est positif, et c'est un peu fou. Mais de quel amour s'agit-il ? D'un état instantané ou d'une construction dans la durée ? Et d'abord, éternelle question : c'est quoi l'amour ?

Que ceux qui ont une définition qui fait l'unanimité lèvent le doigt !

Quand je parle d'élan de vie, je pense à quelque chose qui est absolument positif. Pas du tout dans le désabusement, mais au contraire de l'ordre de la croyance (pour ne pas dire la foi...) en ce qui me relie à l'autre à ce moment-là. Un(e) autre en qui j'ai suffisamment confiance pour me lancer dans ce pari fou.

Cet autre est-il (elle, en ce qui me concerne...) interchangeable, comme le laissait entendre ma phrase ? Et bien... non... mais oui. Chaque personne est évidemment unique, et irremplaçable en tant que telle. Mais l'amour, en tant qu'élan vers l'autre, est tout à fait interchangeable. J'aime différemment chaque personne, mais le ressenti amoureux est globalement le même, me semble t-il. L'élan amoureux qui me transporte est à peu près équivalent quelle que soit la personne vers qui il est dirigé. L'amour est un ressenti intérieur, personnel, qui me porte à désirer vivre quelque chose de l'ordre du partage avec une personne que je reconnais. Le "quelque chose" en question pouvant être très variable selon les individus.

Est-ce de la "consommation amoureuse", avec le sens minorant (compulsion, ou à jeter après usage...) que je crois percevoir dans le terme ?

Alors là... je ne saurais que répondre. Être dans un élan amoureux spontané peut-il être comparé à de la consommation ? J'avoue ne pas aimer ce terme, que je trouve péjoratif, ne concordant pas avec l'idée que je me fais de l'amour. Il me rappelle ce qui m'a très souvent été asséné lorsque je suis "tombé en amour" avec une autre femme que celle que j'aimais. Les histoires de beurre et argent du beurre, d'herbe plus verte à côté, je connais jusqu'à plus soif. Je ne me sentais pas concerné par ce genre de poncifs à courte vue.

Dans ce que relève Ségolène il est question de "consommation amoureuse" d'une façon plus générale, et notamment pour des personnes qui sont libres (i.e. pas en couple). Libres de vivre des amours, voire de les additionner. Est-ce une logique de consommation ? Peut-être, pour ceux ou celles qui ont un désir de renouvellement constant ou de diversité. Encore faudrait-il savoir ce qui est recherché, ou fui, dans ce genre de comportement. Mais n'est-ce pas aussi une façon de ressentir les émois amoureux sans forcément s'engager sur le long terme ? Faudrait-il se priver de toute "consommation amoureuse", et donc d'amour, sous prétexte qu'on ne désire pas s'engager sur la durée ? Et ce refus même de l'engagement n'est-il pas une façon de se protéger de désillusions ?

Ce serait effectivement le signe d'un désabusement... et il est fort probable que je fais partie des désabusés après ce que j'ai vécu. Est-ce une marque de pessimisme ? Je n'en suis pas certain... Je crois que répondre à un élan vital, quel qu'il soit, est toujours le pari fou qui consiste à croire que c'est possible. Y croire quand c'est là... mais sans se bercer d'illusions. Vivre l'amour au présent. Alors, désabusement ou réalisme ?

Il y a, bien sûr, des paramètres plus subtils. On peut par exemple se demander si le fait de prévoir d'emblée que l'amour puisse ne pas durer ne contribue pas à un renoncement anticipé, dès les premiers nuages. Peut-être que le pari est alors plus vite abandonné dès qu'on se rend compte que l'élan amoureux perd de son intensité. Inversement, vouloir absolument le faire durer pour cause d'engagement irréversible ne donne pas forcément des résultats portant vers un optimisme débridé...

Je suis encore perplexe lorsque je compare les deux façons d'aimer (présent ou durée), n'ayant probablement pas suffisamment expérimenté pour avoir un avis plus affirmé. J'ai, durant un quart de siècle, défendu mordicus l'idée de l'engagement (l'exact inverse de la "consommation"), jusqu'à ce que les hasards de la vie me mettent face au renouveau de l'élan de vie. Dilemme : rester dans l'engagement ou suivre un appel porteur de vie ? J'ai choisi de le suivre, donc d'entrer dans ce qu'on pourrait qualifier de "consommation amoureuse". Cela a insufflé à mon existence quelque chose qui ne s'était pas déclenché auparavant. Si j'avais renoncé à cette "consommation", où en serais-je actuellement ? Dans quel renoncement se serait noyé un élan vital naissant ?

J'ai choisi ce qui me semblait être le plus optimiste. J'ai choisi la vie. Le changement dans ce qu'il peut avoir de fertile, l'ouverture vers l'inconnu et la différence, la rencontre, l'aventure humaine. J'ai fait ce pari, et quoi qu'il puisse advenir c'était un pari gagnant.

Si désabusement il y a, maintenant, c'est par rapport à la difficulté de vivre pleinement l'amour dans la durée. Ou autrement dit : comment passer de l'état amoureux à l'amour qui dure ?

Désillusions aussi, probablement, par rapport à notre incapacité, pour la plupart d'entre nous, à vivre vraiment dans l'amour de l'autre. C'est à dire un amour qui soit vivant et vibrant, qui laisse libre, qui ne se sente pas propriétaire ni propriété, qui reste désirant et entreprenant, surprenant, épanouissant, accueillant. Qui souhaite le bonheur et l'épanouissement de l'autre sans s'oublier soi, qui ne se sacrifie pas pour l'autre, un amour qui fasse confiance. A soi, à l'autre, et à la vie. Un pari permanent.

C'est facile à énoncer, mais souvent beaucoup moins à vivre dans les actes. La théorie et la pratique. En tout cas moi je n'ai pas su le vivre comme je le désirais...

Finalement je crois que la façon d'aimer est un choix personnel, largement soumis à un fonctionnement inconscient, et que cela n'a pas à être jugé. Il n'y a pas de "bonne façon" d'aimer, chacun optant pour ce qui lui semble le mieux en fonction de son cheminement dans l'existence. L'amour est vivant, changeant, et pour cela largement indéfinissable.

Tiens, justement, à titre de question subsidiaire : c'est quoi, pour vous, l'amour ?

escapade12

Commentaires
P
Bonjour evene,<br /> Pourquoi... pourquoi ??? Oui, il ya davantage de questions que de réponses. Moi je tente d'expérimenter pour obtenir des réponses. Et ça marche ! Sauf que ça mène à de nouvelles questions... et il faut expérimenter de nouveau. À la longue ça peut mener loin...
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E
Le hasard m'a mené sur cette page, comme je m'y retrouve... .<br /> Et cette perpétuelle question toujours, partout la même : "c'est quoi l'Amour ?" <br /> <br /> Cela même qui hante tellement de coeur, de consciences, d'inconsciences. Celle qui nous fait chercher, nous retourner, nous questionner.. ai je pris le bon chemin, ne suis je pas en train de me perdre, de me gacher ? Et mes enfants, ma famille, celui qui partage ma vie... pourquoi est-ce que je n'arrive pas m'en sentir simplement heureuse, forte ? <br /> <br /> Pourquoi avoir ressenti ce frisson dans les bras de cet autre ? Pourquoi suis je tentée par la consommation amoureuse ? Cette expression, bien que barbare en à priori pour moi, revêt parfois étrangement un sentiment de liberté, elle me parle. Je m'en défends, n'arrive pas à l'admettre et pourtant.... comme elle m'attire.<br /> <br /> Bref voilà encore des lignes pour ne pas répondre.....
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P
Oh, j'aime bien ce que tu dis longuesjambes : plus on aura aimé et mieux on saura aimer ! Ben oui, aimer ça s'apprend, comme toute chose. On apprend à aimer de façon moins démesurée, sans attentes hors d'atteinte.
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L
en tout cas, impossible d'aimer une seule personne !<br /> J'ai constaté que plus j'aimais d'hommes, plus mon coeur était "souple" et aimait "mieux" sans égoïsme, sans demander à l'autre de donner quoi que ce soit.
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P
Est-il important (capital même) pour vous qui tenez un blog, de garder votre anonymat? et pourquoi?<br /> Avez-vous au fil du temps semé des indices qui permettent (ou ont permis) de trouver votre identité?<br /> Acceptez vous de rencontrer d'autres blogueurs, et si non, quelle est la raison pour laquelle vous tenez à cantonner absolument le virtuel dans le...virtuel?<br /> <br /> Avez-vous donné librement l'adresse de votre blog à des gens qui vous connaissent en vrai?<br /> Cela a-t-il changé votre façon d'écrire? De quelle façon?<br /> Donneriez vous l'adresse de votre blog à des intimes (conjoint, enfants, parents proches...?)<br /> Pouvez-vous dans ce cas parler librement de choses qui vous sont personnelles?<br /> <br /> Beaucoup de questions un peu en vrac dans mon panier à questions: vous répondez à celles qui vous tentent, qui font sens pour vous...<br /> <br /> (cette petite enquête toujours en vue du travail sur les blogs qu'il m'a été demandé de faire...je vous tiens au courant quand le moment sera venu...)
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S
Eh bien....il est en forme mon cher Pierre!!!.....<br /> <br /> Tu dois être bôôô quand tu t'énerves!....<br /> <br /> Oui, tu as changé depuis ce mois de juin 2004 où tu répondais très calmement à mes envolées volcaniques et c'est trèèèès bien.... suis contente!....<br /> <br /> Tu sais Pierre, je n'ai nullement envie de te faire changer d'avis et je sais très bien que les critères du bonheur sont éminemment personnels....<br /> <br /> Et honnêtement, ça me plairait un jour de lire une belle histoire de ce type là qui dure....<br /> <br /> Si c'est le cas de l'un de vous, ne vous gênez pas!<br /> <br /> J'avoue avoir été très déçue de lire les ruptures de Camille, d'Aurélien (non, non Byrdie, sur le forum dont je parle, il n'y a pas que des femmes qui vivent le polyamour et qui en parlent!), de Mairienne au bout d'un paquet d'années de chemins de traverse... Moi, je pensais qu'ils tenaient le bon bout.....<br /> <br /> Alors bien sur, la durée et la complétude ne font pas 'tout' et ne sont pas les aunes suprêmes qui délivreraient un certificat de "bien-aimance".... tu as raison.... <br /> <br /> On peut aimer de façon courte et intense, avec prédominance d'un aspect de partage sur les autres.... <br /> <br /> Mais... malgré tout... ?<br /> <br /> ce qui s'arrête est.... ce qui ne peut pas durer? ce qui ne fonctionne pas? ce qui ne peut rendre heureux sur le long terme?... Et il me semble aussi que plus une relation est basée sur des partages multiples dans divers domaines et plus cela la rend riche, féconde et pérenne?....<br /> <br /> Pour ma part, ce qui fait que je ne me serais pas du tout vue avoir envie de vivre avec un autre homme que mon mari, parmi tous ceux que j'ai rencontrés, c'est qu'il n'y a qu'avec lui que les partages sont aussi nombreux et riches, les valeurs, le sens et la conception de la vie "compatibles".... <br /> <br /> Je pense que sur terre, il n'y a pas pléthore de compagnons potentiels, alors qu'il ne manque pas d'amants/amantes potentiel(le)s... <br /> <br /> En ce qui me concerne, mes désirs et mon niveau d'attentes sont bcp plus élevés avec mon compagnon qu'avec les amants que j'ai eus, même si certains étaient des hommes extras.... Mais aucun avec qui j'aurais aimé partager mon quotidien, faire des enfants et les élever avec lui, faire des projets, avoir une vie sociale et associative comme c'est le cas avec mon mari....<br /> <br /> Voilà, là encore, aucune velléité de convaincre ou d'imposer un point de vue, juste un témoignage d'une femme qui est curieuse et ouverte à toutes les expériences de vie et relationnelles....<br /> <br /> SolAnge
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P
On est en train de virer au forum, ici ;o)<br /> <br /> SolAnge, tout comme moi tu es très au courant des relations amoureuses "libres" décrites ou expérimentées sous diverses formes. Nous avons tous les deux lu Françoise Simpère, Paule Salomon, Serge Chaumier... et nos conclusions divergent ;o)<br /> <br /> Alors plutôt que de comparer avantages et inconvénients entre l'amour durable et les relations plurielles (ce qui serait vain puisqu'on ne changera pas d'avis...), j'ai envie de faire glisser un peu la discussion.<br /> <br /> Je ne crois pas que la question soit de savoir si la polyfidélité apporte le bonheur : le bonheur n'est pas une recette, ni un état stable, ni garanti. Le bonheur, c'est (au minimum) de se sentir en accord avec soi-même. Pourquoi vouloir que le modèle standard de la relation amoureuse soit LA meilleure solution à cet équilibre personnel ?<br /> <br /> Ici nous parlons de plusieurs choses à la fois : le couple, l'amour, l'état amoureux, le désir, l'épanouissement, etc...<br /> <br /> Pourquoi faudrait-il que tout cela s'unisse en un joli coeur rouge scintillant d'étoiles pour atteindre une supposée félicité ? Oui, ce serait *idéal* d'y parvenir, mais il semble que ce soit rarement le cas. Sinon, je ne pense pas qu'on chercherait autre chose, forcément plus complexe que ce petit miracle... Que les relations plurielles soient compliquées à vivre, c'est fort possible, mais vivre en couple monogame durablement n'est pas simple non plus. Ceux qui vantent ce type de relation, comme Alainx, insistent bien sur l'investissement, l'engagement, l'attention soutenue que cela demande. Vivre en couple c'est difficile ! Vivre en polyamour c'est difficile ! Vivre, c'est difficile !<br /> <br /> En ce qui concerne la durée, il faudrait savoir si elle est forcément gage de réussite. C'est quoi qui dure ? le couple ? Mais quoi dans le couple ? l'amour (définition ???), le désir, les projets communs, l'élan vital, la cohabitation ? Qu'est-ce qu'on cherche dans la vie ? A vivre pleinement, ou a fonder "quelque chose" à deux ? C'est ce genre de questions que chacun peut se poser, trouvant les réponses PERSONNELLES qui conviennent.<br /> <br /> Nous ne cherchons pas tous la même chose, nous ne voulons pas vivre selon le même modèle. Certains s'épanouissent dans un couple durable, avec toute la grandeur du don, comme le décrit très bien Alainx sur son blog. D'autres s'épanouissent dans plusieurs relations, parce qu'ils/elles sont faits ainsi, et qu'ils/elles ont BESOIN de cette pluralité (d'amour, de désir, de sexualité, peu importe...). Peut-être parce que c'est le résultat d'une construction mentale différente, peut-être parce que leur parcours de vie les a menés à ça.<br /> <br /> A quoi ça sert de comparer les façons d'aimer, ou de désirer, ou quoi que ce soit d'autre ? Y'en aurait-il une qui serait plus mieux chouette que les autres ? Celle que la majorité à choisie ?<br /> <br /> Euh... j'ai envie de dire, très gentiment, mais fermement : merde ! Laissons chacun vivre à sa guise.<br /> <br /> Si je me suis posé autant de questions (et ça continue, hé hé...) c'est parce qu'au milieu (supposé...) de mon existence, au milieu de mon engagement "à vie"... je me suis rendu compte que quelque chose n'allait pas : je ne pensais plus comme avant. Oui, j'avais signé au bas d'un parchemin, mais je n'étais plus le même qu'à 21 ans. Il était mort ce gamin-là. Disparu. La mutation à été difficile à vivre, parce que quoi que je fasse j'embarquais dans mon histoire celle avec qui j'étais lié. Je la faisais souffrir, et moi je souffrais de lui infliger cela. Parce que je l'aimais, et que j'aurais aimé lui apporter ce qu'elle désirait, la combler, faire son bonheur. Mais j'ai eu beau décortiquer dans tous les sens, essayer de voir comment trouver des solutions, il n'y avait rien à faire : j'avais changé de point de vue et elle ne pouvait pas m'y rejoindre. Je savais ce qui ne me convenait plus. J'avais ouvert les yeux !<br /> <br /> Tu parles de "partage entier", de durée comme si elle était une valeur noble, de désir qui ne serait pas de l'amour... Mais c'est selon TES convictions, à travers TON regard, pour ce qui est primordial à TES yeux. Pas forcément aux yeux de tous...<br /> <br /> Pour moi tout cela est très important, mais ne passe pas avant un équilibre personnel qui est tout simplement mon équilibre vital. Et si je ne suis pas moi-même... comment pourrais-je aimer entièrement ?<br /> <br /> Puisque tu cites mon histoire personnelle (que les lecteurs égarés aussi loin dans ce fil de commentaires ne connaissent pas forcément), oui, j'ai "perdu" beaucoup en voulant vivre deux relations à la fois. Mes amours se sont éloignés de moi, et du reste je les comprends : je n'étais pas encore capable de vivre ce que j'expérimentais. Mais franchement, comparé à tout ce que j'ai gagné, la comparaison ne fait pas le poids ! J'ai vécu, j'ai appris, j'ai découvert, j'ai compris. Je vis bien mieux maintenant. Oui, je suis triste d'avoir vu celles que j'aimais s'éloigner. Mais c'est leur choix et, parce que je les *aime*, je l'accepte (ce fût très long et difficile, il est vrai). Mon amour demeure, malgré ces épreuves, même si tour à tour je leur en ai voulu de ne pas m'accorder ce que je désirais (bouh ! petit garçon frustré !). Réactions blessées, parce que je voyais partir ce à quoi je tenais tant. Mais rien que ça, c'est énorme comme apprentissage.<br /> <br /> Enfin, pour le message de John75 que tu cites, il est le témoignage de son parcours. Il est allé au bout de certaines choses et s'est rendu compte qu'il était allé trop loin. Mais il ne le sait QUE parce qu'il y est allé ! Il a expérimenté et il a trouvé ses réponses. Il se peut que dans quelques années je me dise que je me suis complètement planté, que seul l'amour unique me convient. Nous verrons bien... Pour le moment je n'en suis pas arrivé à cette conclusion. <br /> <br /> Si je devais me fier à tout ce que d'autres disent avoir expérimenté et en être revenus je resterais tranquillement à attendre que la vie passe en ne sortant jamais, au grand jamais, des autoroutes communes, bien balisées, bien jalonnées pour ne surtout pas risquer la sortie de route.<br /> <br /> Berk !<br /> <br /> Comme quand je vais visiter les champs de lavande ou les gorges du Verdon, je préfère m'égarer dans des impasses et faire demi tour, prendre mon temps, voir de mes yeux, toucher, sentir, et vivre, bon sang !<br /> <br /> [Tiens... à la longue je sors de ma réserve habituelle, hé hé... Finalement mes convictions sont d'autant plus affirmées que je sens qu'on voudrait m'en faire changer.]<br /> <br /> Merci SolAnge de me pousser toujours plus loin, j'apprécie toujours ta répartie et la force de tes convictions ;o)<br /> <br /> Byrdie, tomber amoureux c'est trèèèès bon :o) Mais est-ce de l'amour ? Faire durer l'état amoureux dans l'amour c'est bien le challenge auquel nous sommes confrontés.
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B
Pierre, pour moi, ce n'est pas tomber amoureux qui est un leurre. Je l'ai vécu, je le vis, et c'est bon bon bon! C'est de penser que cela arrive sans autre, sans avertir et sans relation avec ce qu'on vit dans son couple. Le philtre d'amour de Tristan et Iseult, ce n'est que dans les romans (et encore, on peut comprendre Iseult d'avoir préféré Tristan au Roi Marc...). Et puis, c'est ce qu'on en fait qui est important, comment le gérer dans la durée, comment concilier cela avec nos autres relations. Le polyamour est peut-être provisoire par nature (comme notre vie), mais parfois le provisoire dure...<br /> <br /> SolAnge, tes remarques sont bien intéressantes, je suis dans cette démarche de savoir comment vivre une certaine polyfidélité dans la sérénité avec son compagnon de vie (et je n'ai pas été l'instigateur). Je suis étonné cependant que sur ce sujet, c'est surtout des femmes qui s'expriment: les hommes pratiquent cependant fréquemment, de façon caché souvent, le polyamour (à commencer par un certain président de la France...). Ils n'en parlent pas: est-ce parce que cela ne choque pas (contrairement à des femmes qui devraient rester fidèle?...) J'aimerais bien que des hommes s'expriment comment ils peuvent accepter la polyfidélité de leur femme... Si je désire la vivre, en tant qu'homme, je dois aussi accepter que ma compagne le vive... et ce n'est pas toujours facile! Des tuyaux à ce sujet?
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S
Tenez, juste un exemple tiré de ce forum auquel je faisais allusion, qui illustre ce dont je venais juste de parler tout à l'heure ... :l'amour qui tombe dessus et qui est un leurre! (selon moi bien sur, mais je persiste et signe, même en ayant lu longuement Pierre et d'autres sur le sujet!) .... :<br /> <br /> "Sujet : ... <br /> <br /> Alerter les modérateurs <br /> <br /> <br /> Auteur : john75 <br /> Date : 05/07/2007 à 14:53:41 <br /> <br /> Contenu : J'ai eu à gérer cette situation.....C'est loin d'être facile car les sentiments sont là et bien ancrés en nous....mais ce n'est pas une situation que j'aimerai revivre car tu vis dans l'attente, dans ces moments là tu souffres mais tu espéres....c'est démoniaque comme situation....et de toute manière cela ne peut avoir de fin, car tout compte fait rien ne se construit dans ces moments là....la fin ne peut provenir que de l'un ou de l'autre.<br /> <br /> Je te réponds donc : Cela ne se gére pas...cad que le jour ou j'ai commencé à faire un travail sur moi, j'ai compris que ce que je prenais pour une histoire d'amour avec un grand A n'en était pas une...çà te retourne crois moi...tu te demandes si c'est bien toi qui pense çà....mais il faut regarder les faits...pas dans leur globalité mais un par un....et la tu vois que ce n'est pas de l'amour mais du désir, de l'attirance, une connivence, que sais-je mais pas de l'amour...(enfin ce que je considére comme étant une relation amoureuse)"<br /> <br /> SolAnge
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S
Oups, excusez-moi pour la "2e édition" de 'amusée'.... je ne cherchais pas à être "lourde" et insistante, c'est une erreur de manip!....<br /> <br /> Byrdie, tu penses bien que F. Simpère, je l'ai lue (et je continue à la lire sur son blog parfois)... et honnêtement, même si j'ai "appris" à son contact et notamment sur la notion d'amour 'gratuit' et 'libre', j'avoue que je suis restée sur ma faim sur tout un tas d'autres sujets.... <br /> <br /> Par exemple la question du désir d'enfants pour des couples poly-amoureux, pour ne citer que cela.... <br /> <br /> Le livre est très bon "philosophiquement", mais concrètement, j'avoue ne pas avoir été convaincue... <br /> <br /> Quant à son 'bonheur'... ouaip... sais pas trop... elle dit quand même parfois que c'est difficile de n'être la "perle" de 'personne' (parce que relations 'diluées'?) et je l'ai parfois lue "amère" au sujet de la place qu'elle aurait ou non dans la vie et le coeur de 'ses' hommes....<br /> <br /> D'autre part, sans vouloir "casser" les rêves et le bonheur de personne, je suis participante d'un forum où il est question de fidélité, d'infidélité et de polyfidélité... depuis 3 ans... <br /> <br /> Il y a donc bcp de témoignages et d'itinéraires sur ces sujets que je suis depuis 2004... <br /> <br /> Or, des histoires polyamoureuses qui durent et qui sont 'heureuses', excusez-moi, mais je n'en ai pas vue UNE SEULE... <br /> <br /> Pierre a été le premier polyamoureux que j'ai croisé, on sait où en sont ses histoires amoureuses, et sur ce forum, il y a avait deux ou trois personnes qui se détachaient "du lot" avec des histoires poly-amoureuses de 5, 7 ou 8 ans.... <br /> <br /> Eh bien même celles-là, qui paraissaient pourtant particulièrement solides et équilibrées, ont fini par péricliter.... <br /> <br /> D'où mon scepticisme, qui ne s'appuie pas uniquement sur mon histoire personnelle....<br /> <br /> Si demain je rencontre une personne qui vit la polyfidélité depuis 10 ou 15 ans en toute harmonie et en toute sérénité, je dirai 'bravo' et je dirai 'c'est possible' (même si moi ça ne me fait plus envie!).... <br /> <br /> A ce jour, le maximum de durée que j'ai connu à ce type d'histoires croisées, c'est 8 ans, et encore, avec bcp de difficultés à résoudre au jour le jour... <br /> <br /> Le cas de F. Simpere est à mon avis 'à part' parce qu'il me semble que dans ses nombreuses histoires "d'amour", il y a surtout bcp d'histoires d'amitié sexuelles et/ou de désir (bcp de gens confondent un très fort *désir* avec de l'Amour, je pense....)... <br /> <br /> En la lisant, je n'ai pas eu l'impression qu'il y ait eu de partages "entiers" avec la majorité de ces hommes, d'histoires de "couple" avec eux à proprement parler.... <br /> <br /> Alors selon moi, il s'agit plutôt d'une femme mariée qui a pas mal d'amants et reste liée à eux sur la durée mais souvent de façon très épisodique, que d'une femme "polyfidèle" qui vivrait plusieurs histoires de 'couple' simultanées....<br /> <br /> Pousse-mousse, il me semble que les éléments que tu cites comme étant des obstacles au polyamour (jalousie et désir de possession de l'Autre) sont loin d'être les seuls qui posent problème dans ce type de choix de vie.... <br /> <br /> Ce qui déséquilibre le couple, ça va bien au delà.... <br /> <br /> C'est toute l'énergie qui n'est plus employée à nourrir le couple d'origine, c'est la question du partage, des projets qui restent possibles avec le conjoint polyamoureux, ce sont les enfants qui "sentent" et à qui il faut expliquer un minimum etc etc.... je crois qu'il ne faut pas être trop simpliste dans l'analyse des difficultés liées à ce type de vie!<br /> <br /> SolAnge
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