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Alter et ego (Carnet)
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29 mai 2008

Amiabilité

Cette semaine j'avais rendez-vous avec ma future ex épouse chez le notaire chargé de la séparation patrimoniale de nos biens, en vue du divorce. Le processus est en cours depuis près de trois ans mais, pour diverses raisons, cela n'a pas pu se faire plus vite. Quoique longue cette durée aura été acceptable parce que nous nous entendions suffisamment bien et qu'il n'y avait pas de réel caractère d'urgence. Pour ma part je pense que ce temps m'a aussi permis de me faire à cette idée, jusqu'à l'accepter pleinement.

L'objectif commun étant une séparation en bons termes, sans que personne ne se sente lésé, c'est dire combien le respect de l'autre a été important. Il est passé par une attention transcendant l'éloignement relationnel, avec la nécessité d'une écoute attentive puisque les points de discorde ne pouvaient être que très peu abordés. Avec elle j'ai souvent marché sur des œufs...

Nous parvenons donc au terme des modalités de ce partage, devenu possible maintenant que toutes les données nécessaires sont fixées. Il ne nous restera plus qu'à trouver un avocat, obligatoire même pour la procédure de divorce par consentement mutuel.

A l'issue du rendez-vous Charlotte était heureuse que nous soyons parvenus à un plein accord sans chamailleries. Il n'était pas dans mon intention de chipoter pour une stricte égalité. Cela n'aurait eu aucun sens du point de vue matériel alors que c'est sur le plan moral de la reconnaissance que se joue l'essentiel. Enthousiaste, elle m'a dit : « maintenant je crois que je n'ai plus de rancœur envers toi ». Oufff... j'ai senti instantanément tout un poids s'enlever de mes épaules. Mine de rien ça me pesait de porter son ressentiment depuis des années. J'ai été sacrément content de sa réaction ! Ça signifie qu'elle cessera probablement de m'envoyer ces "piques" qui me blessaient et m'avaient fait prendre beaucoup de distance au fil du temps.

Tous les deux détendus et de bonne humeur nous nous sommes installés à la terrasse d'un café pour bavarder. Et puis finalement nous avons prolongé notre conversation dans un petit restaurant. On s'est dit beaucoup d'infimes choses importantes, montrant la reconnaissance de chacun pour ce qu'avait ressenti l'autre. Quelques retours en arrière nous ont permis de convenir qu'on avait vécu une belle histoire d'amour et réalisé de beaux projets. Sans regrets, donc, pour ces années durant lesquelles nous nous sommes construits ensemble. Sans amertume d'avoir dû cesser le parcours commun pour prendre chacun une nécessaire liberté.

Plus tard Charlotte m'a subitement demandé si j'avais fait des rencontres depuis notre séparation. J'ai été bien en peine de répondre, ne sachant pas si les quelques relations à tonalité intime que j'ai eues pouvaient être qualifiées de "rencontres". Mais j'ai surtout senti qu'elle brûlait d'envie de me parler des siennes, dont je ne savais quasiment rien. J'étais prêt à l'entendre et l'ai laissée évoquer succinctement quelques aventures. Nous avons plaisanté sur les complications relationnelles, tous deux dans le non-désir de nous engager de nouveau dans une vie de couple. Elle, comme moi, avons besoin de vivre libres.

De temps en temps je songeais, en la regardant, à cette amie bien particulière qu'elle est restée alors que la dimension "intimité de couple" n'existe plus. J'étais presque surpris de nous voir bavarder aussi facilement et aussi simplement alors que nous n'avions pas eu de vraie conversation depuis plusieurs mois. Nos vies sont distinctes mais il demeure une connivence évidente, qui se manifeste dès lors qu'il n'y a pas de tension entre nous. Sans hésitation je dirais que nous sommes toujours très liés, mais d'une façon fort différente d'avant. La dimension "amoureuse" n'a plus lieu d'être... mais incontestablement il reste de l'amour entre nous. C'est, j'en suis convaincu, ce qui fait que nous pouvons nous séparer aussi aimablement. À l'amiable. En amis.

Commentaires
I
Piere, tu as mis le doigt sur ce que le therapeute familial que nous avions consulte sur ma proposition, m'a confie après que mon ex mari ait refuse d'aller au dela de quelques seances: perversite, immaturite, déni.<br /> <br /> Reste que la solution pour le financier peut être aussi de se soustraire à ce lien, en confiant mes intérêts à un avocat et mon notaire, aupres de qui cette perversité est inactive.<br /> <br /> j'ai assez travaillé sur moi (et je continue dans un tout autre cadre) pour avoir mis la bonne distance avec cet homme.<br /> <br /> Ce qui ne m'évite pas la reflexion devant des rupturesplus soft et que je considère plus "réussie" que la nôtre....<br /> <br /> eT 0
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P
Bonjour qilaquina. Je dirais, un peu comme toi, que ne plus craindre cette souffrance n'est pas signe que l'amour est achevé (peut-on ne plus aimer ?), mais qu'au contraire il a atteint sa maturité. C'est un amour qui n'est plus dans l'exigence, la demande, la peur. Un peu comme l'amitié, a ceci près qu'il existe tout un passé, une complicité, une intimité qui ont apporté quelque chose de très singulier. Ensuite, oui, cette richesse dont tu parles fait la différence dans l'évolution de la relation.<br /> <br /> Isis, lorsqu'un des deux n'est pas d'accord avec la formule "gagnant-gagnant", c'est qu'il a besoin de gagner autre chose... quitte à perdre sur d'autres tableaux. Pourquoi certaines personnes préfèrent détruire, empoisonner, pourrir la vie de la personne autrefois aimée ? Je crois que c'est une solution de facilité à courte vue, signe d'immaturité. L'intelligence est évidemment du côté de l'entente... <br /> C'est aussi une façon de faire durer le lien en rendant impossible la séparation mentale. Il peut y avoir de la perversité dans cette rupture rendue impossible. Une maintien du pouvoir que l'on a sur l'autre en ne lui permettant pas de se libérer.<br /> <br /> C'est aussi à toi de voir si tu acceptes cela, et quel prix tu es prête à payer pour obtenir un partage équitable sur le plan strictement financier.
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I
Pierre, le choix n'est pas toujours aussi simple, l'argent ou l'entente.<br /> <br /> Ma proposition est une solution gagnant gagnant, on partage le patrimoine en deux parts égales , c'est simple.<br /> <br /> il ne veut m'en céder qu'un tiers.<br /> Et dit qu'il est prêt à perdre de l'argent pour m'en faire perdre.<br /> <br /> quelle peut être l'entente?Je ne peux pas la payer à ce prix, je n'ai pas les moyens à un mois de la retraite.<br /> <br /> En fait,son agressivite à mon egard a redouble depuis que j'ai refait ma vie, et il est d'ailleurs excessivement agressif aussi envers mon compagnon.<br /> <br /> Comme s'il ne supportait pas mon bonheur actuel, alors qu'il a lui même rompu notre lien pour construire une autre vie.<br /> <br /> pourquoi veut-il garder ce lien empoisonné à tout prix avec moi?<br /> <br /> Je te lis regulirement , je constate que chacun de vous avez toujours cherché à apaiser , à éviter les souffrances, autant que faire se peut.<br /> <br /> je mesure bien combien mon histoire est très differente de la tienne à tout point de vue.
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Q
Le moment où l'on arrive à confier sans crainte à son ex les histoires amoureuses posterieures à la rupture marque bien à mon sens la fin effective de la relation amoureuse, qui est alors remplacée par une complicité d'un autre ordre. Car, si nous le faisions pas jusque là, c'est bien sûr par crainte de blesser notre ex partenaire, mais aussi, évidemment, par crainte d'être nous memes affectés par les revelations que l'autre ne manquerait pas de nous faire...Ne plus craindre cette souffrance, c'est bien le signe que l'amour est achevé. Où plutôt qu'il est remplacé par une autre forme d'amour, dans laquelle la jalousie et la possessivité ont disparu. Cela peut être le début d'une histoire intéressante qui aura de nouveaux développements, ou le début de l'effacement progressif de l'histoire, si elle n'était pas suffisamment riche pour que l'un et l'autre puissent encore l'alimenter sur de nouvelles bases..
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P
Isis, quand l'argent et l'amour s'emmêlent, ça peut faire beaucoup de dégats. Il y a dans les enjeux financiers une façon de "mesurer" l'amour, et de faire "payer" à l'autre ce qui est ressenti comme un préjudice. Parfois l'enjeu se porte aussi sur la garde des enfants...<br /> <br /> J'avoue que ce sont des choses qui dépassent totalement mon mode de pensée. Dans mon couple il serait difficile de dire qui a été le quittant et le quitté, mais il est certain que je n'ai jamais voulu que l'aspect financier interfère dans l'évolution de la relation. Pour moi les deux choses devaient rester totalement indépendantes et j'ai été très surpris de voir que mon épouse y attachait une importance noatble. Honnêtement ça a été un sacré choc pour moi de voir apparaître ça entre nous après toutes ces années de partage inconditionnel. Par chance j'ai l'avantage d'avoir certaines cartes de paix en main...<br /> <br /> Tu sais, Isis, il faut aussi savoir ce que l'on veut : l'argent ou l'entente. Quatorze ans de guerre c'est long...<br /> <br /> Merci d'avoir exprimé ton vécu :o)
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I
Je comprends tout à fait Nicole.<br /> <br /> La position du quitté ne pourra jamais se vivre comme la position du quittant, quels que soient le pourcentage de "responsabilité" gentiment et artistiquement distribué de part et d'autre par les spectateurs les mieux intentionnés.<br /> <br /> Il faut du temps, beaucoup de temps , de courage, de remise en questions, pour transformer un drame intime en croissance intérieure,pour en tirer un bonheur neuf.<br /> Mais c'est affaire personnelle.<br /> <br /> Transformer une relation intime en relation de connivence,et "d'amitié" c'est affaire des deux , et les deux ne le veulent pas toujours.<br /> <br /> <br /> j'ai fait l'expérience du plus mauvais divorce subit, et toujours pas termine du moins dans ses aspects financiers.<br /> <br /> 14 ans de conflits , alors que nous avons refait nos vies.<br /> <br /> j'ai demandé jeudi à mon ex mari ( psychothérapeute ) et père de mes trois enfants, s'il ne souhaitait pas , comme moi , mettre un terme à ces 14 années de conflits et établir entre nous une relation simplement bienveillante , histoire d'éviter la scène de l 'an dernier lors du mariage de notre fils ainé, mon nouveau compagnon, toute mon ex belle famille et moi entrain de rire dans un coin d'une salle, et lui et sa nouvelle compagne, morose à l'autre bout .<br /> <br /> il le veut bien, mais à condition que j'accepte ses conditions financieres de partage, qui me lèsent gravement alors que j'ai déjà "perdu" beaucoup en sacrifiant ma carrière pour le suivre et élever nos enfants.(il m'a nourri , pendant ce temps, répond-t-il lorsque nous abordons ce sujet...)<br /> <br /> Nous allons donc finir au Tribunal....et continuerons de nou signorer dans les rares fêtes de familles communes...<br /> <br /> Alors j'admire, et je suis heureuse pour vous Pierre.<br /> <br /> Mais je reste aussi persuadé que vous êtes exceptions et je le regrette...
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P
L'acceptation, Nicole, demande un temps de maturation. Comment pourrait-on accepter immédiatement une telle amputation ? Généralement l'un des deux choisit, quand il sent ne plus pouvoir aller au delà, alors que l'autre n'en était pas (ou pas encore...) parvenu au terme de ce qu'il avait envie de partager.<br /> <br /> Vous parlez des enfants, Christine et Pralinette, que j'avais volontairement omis dans mon texte centré sur le couple. Mais il est bien évident qu'ils font partie d'une autre dimension relationnelle : la cellule familiale. Pour ma part il n'était pas concevable que cette cellule soit définitivement coupée en deux. D'où, sans doute, ce long temps d'ajustements nécessaires pour trouver la distance optimale entre des parents. Il est certain que la présence des enfants joue dans l'évolution de la relation de couple.<br /> <br /> Merci Valclair pour ton appréciation. Tu sais, si je n'avais pas eu la chance de rencontrer une autre personne, résolument déterminante dans ma prise de conscience, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui. Aurais-je eu le courage de prendre les choses en main ? Pour aller vers quoi ? Prendre le risque de la solitude ? <br /> Seul je ne crois pas que j'aurais changé. Il m'a vraiment fallu une expérience relationnelle révélatrice pour oser franchir cet immense pas... et continuer sur ma lancée une fois que les dès étaient jetés.<br /> <br /> Pour ce qui est des blocages de la parole, n'oublie pas que là j'écris ;o) Ça m'est nettement moins facile à énoncer en présence de l'autre !<br /> <br /> Et tu as raison, toutes ces réflexions et commentaires permettent d'aller plus loin. Merci encore...
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V
Quel magnifique accomplissement!<br /> Comment ne pas être convaincu que tout ce travail que tu as fait sur toi notamment à travers ces mots écrits ici et ailleurs y ait contribué. Ainsi que ce dialogue que vous êtes parvenus à maintenir malgré les hauts et les bas.<br /> Quand je pense à cette chape de silence que je ne parviens pas à briser chez moi, à cette incapacité à dire ce qui devrait se dire! <br /> Je me suis senti en accord avec l'essentiel de ce que tu disais dans ton précédent billet, ça ne t'étonnera pas. Mais comme je suis loin pour ma part de parvenir à assumer ça honnêtement vis à vis de mon couple par peur sans doute des conséquences, mais pas seulement, par blocage plus profond de la parole sur ces questions de sexualité et de fidélité. <br /> Merci d'ailleurs pour ce précédent billet et merci à tes différents commentateurs (trices!)pour leurs apports dans ton boudoir comme dit joliment juju.
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P
C'est bien pour vous deux mais aussi et surtout pour vos enfants. Je n'arrive pas à imaginer que vous ayez pu vous quitter brouillés ;-)
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C
On félicite les heureux nouveaux mariés mais moi je te félicite pour ton divorce... :)<br /> Le mien s'est tout aussi bien passé, il suffit d'un peu d'intelligence des deux côtés surtout lorsqu'il y a des enfants, c'est important pour eux et je pense que cela réduit leur souffrance.
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