En parcourant les listes de blog que je lis occasionnellement, j'ai été assez surpris de voir que très peu consacraient le moindre billet à ce qui s'est passé lors du premier tour de l'élection présidentielle. NI avant, ni après. Comme si tout cela n'avait aucune influence sur le cours de nos vies...

Il y a quelques semaines c'est le peu de réaction aux réflexions que je proposais sur notre avenir planétaire commun qui m'étonnait.

Tout cela pourrait laisser croire à une grande indifférence face aux "questions de société". Je crois cependant qu'il n'en est rien et que ce mutisme correspond plutôt à de la perplexité : que penser, que dire, que croire, que proposer face aux impasses qui se présentent devant nous ? J'en veux pour preuve l'augmentation significative du nombre de visites sur ce blog depuis que j'aborde les problématiques environnementales. Peu de commentaires, mais beaucoup de visites. Je l'interprète comme un signe d'intérêt silencieux, et peut-être de curiosité, vis à vis des thèmes que j'ai abordés. À moins qu'il ne s'agisse que d'une coïncidence ?

J'ai clairement pris position, ici et ailleurs, écologiquement et maintenant politiquement. Je ne cherche plus à garder une discrétion de bon aloi sur les idées qui m'importent. Le sentiment d'urgence me galvanise. En même temps j'apprends à relativiser mon inquiétude, ayant compris qu'elle pouvait être contre-productive. La peur a des effets paralysants, au moment-même où l'action est nécessaire. Un "pessimisme" (réalisme) trop marqué peut aussi faire fuir. À éviter, donc.

Actuellement il est question du vote au second tour de l'élection présidentielle. Trois options sont possibles : l'un des deux candidats ou leur refus. Je lis un peu partout qu'il faut voter "contre" l'accession au pouvoir d'un parti xénophobe et cette idée se comprend aisément. D'un autre côté si ce vote "contre" doit être un vote "pour" le libéralisme qui l'a fait naître... je ne suis pas sûr que ce soit une tactique judicieuse. Reste donc le vote blanc ou nul (mais pas l'abstention !), qui exprime un rejet de deux courants d'idée dont on ne veut pas. Un tel message, bien que non pris en compte dans le résultat, présente l'avantage de signifier clairement son opposition. J'avoue que cette option me tente...
Pour autant ma position n'est pas encore fixée et dépendra probablement des sondages et du risque réel de voir le FN accéder au pouvoir.

Mais tout cela ne concerne "que" la politique franco-française, probablement sans grand effet sur le reste du monde, malgré la portée symbolique des choix de ce pays de cocagne, autrefois inspiré. Autant dire que ce n'est pas d'une importance capitale...

Non, ce qui demeure vraiment important c'est l'urgence climato-énergétique et ses conséquences planétaires, naturelles et humaines. C'est pourquoi je lis avec un grand intérêt le "Manuel de la Transition", de Rob Hopkins, qui aborde avec pragmatisme, lucidité et responsabilité le défi de l'adaptation à la  « descente énergétique ». De quoi prendre conscience de ce qui nous attend... tout en gardant un nécessaire optimisme ! Car j'ai eu besoin de reprendre contact avec cette source d'énergie profonde, un temps mise à mal lorsque j'ai pris la mesure de l'imminence de la "catastrophe" à laquelle nous allons être confrontés. Mais ça va mieux. J'ai retrouvé de la ressource.

Je reviendrai sans doute sur ce crucial sujet.

 

Pour aller plus loin :

  • « Voter contre Le Pen aujourdhui c'est faire gagner le Front National dans cinq ans », article dans Le Monde