Alter et ego (Carnet)

26 juin 2016

Revenir

L'esprit libre, partir. Changer d'horizon. Prendre le large.
Cap à l'ouest, jusqu'où finit la terre. Finis terrae

Aller au contact des éléments telluriques.
Les roches, le vent, les vagues. 

 

IMGP0247

 

 

 

Parcourir le sentier côtier, d'escarpements vertigineux en plages de sable blond.

 

 

IMGP0324

 

 

 

IMGP0366

 

 

 

 

Admirer la vie qui, inlassablement, s'accroche aux milieux les plus hostiles sans se départir de beauté.

 

IMGP0148

 

 

IMGP0492

 

 

 

Saisir la lumière que propose l'instant.

 

IMGP0556

 

 

 

IMGP0631

 

  

 

IMGP0961

 

 

 

Viser l'ultime pointe, là où le soleil disparaît le plus tard au solstice d'été.

 

IMGP0981

22h22

 

 

IMGP1005

 

Laisser venir la nuit tardive.

 

IMGP1046

 

 

IMGP1068

 23h00

 

Avoir osé un voyage à deux. Un peu loin, un peu longtemps.
Quitter la solitude quelques jours durant. S'isoler de la rumeur du monde.

Presque l'oublier.

Et revenir.

Posté par Couleur Pierre à 23:51 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


17 juin 2016

Conscience professionnelle

J'aime mon travail. A tel point que, fortement impliqué et plutôt consciencieux, je n'épuise pas mon stock de congés annuels. À la longue je dispose d'un nombre de jours à prendre assez considérable, dépassant le double du quota annuel ! Qu'à cela ne tienne, me direz-vous : tu n'as qu'à les prendre ! Sauf que... personne ne me remplace lorsque je ne suis pas là. Je dois donc anticiper chacune de mes absences et les caser judicieusement pour que les rouages ne se grippent pas.

Début mai je me serais bien octroyé une ou deux semaines de vacances : la saison est idéale, avec de belles périodes de beau temps et encore peu de monde. Malheureusement la charge de travail était importante et j'ai donc reporté. De semaine en semaine les reports successifs m'ont amené... mi-juin. Bientôt la période des vacances scolaires, synonymes de surfréquentation de tout lieu un tant soit peu touristique. L'horreur, pour un solitaire comme moi ! J'ai donc profité d'un relatif répit pour me mettre en congé la semaine prochaine. Hop, je boucle une dernière affaire urgente et importante et je pars. J'aurais bien pris deux semaines mais...

Pour augmenter un peu cette courte durée j'y adjoins un jour de récupération. Ce qui fait qu'hier j'étais déjà "en vacances".

Théoriquement.

Sauf que les affaires en cours ne se suspendent pas illico, surtout quand elles ont un caractère "urgent et important" [tout cela étant évidemment relatif]. Dans la matinée je vois l'appel d'un client sur mon téléphone pro. La première fois je ne réponds pas : je suis en congé ! Quand je vois qu'il me rappelle, une heure plus tard, je décroche : je sais que c'est peut-être le déclenchement de l'affaire que je viens de boucler et qui devra alors être traitée dans l'urgence. Paf ! il s'agit bien de cela... et je n'ai pas laissé assez de consignes à mes collaborateurs pour qu'ils puissent s'en saisir correctement.

Le hasard veut que ce même jour mon fils soit de passage dans la ville ou se trouve on bureau. Je devais donc m'y rendre de toutes façons pour le rejoindre, ainsi que sa soeur. Nous avons passé un bon moment ensemble dans un restaurant, puis à faire divers achats utiles. En milieu d'après-midi, lorsque nous nous sommes quittés, je me suis rendu... à mon bureau, juste à côté. Surprise de mes collaborateurs ! Le temps de donner les explications manquantes sur la fameuse affaire, d'ouvrir l'ordinateur pour imprimer quelques documents, de regarder s'il n'y avait pas d'autres urgences... et hop, voila une heure et demie de passé ! Et comme d'habitude j'ai quitté le bureau le dernier. Mais au moins l'affaire peut être suivie et je pars l'esprit tranquille.

À ceux qui se sont étonnés de me voir dans les couloirs j'ai répondu « c'est ça le service public ! ». Or je ne travaille absolument pas dans un service public. Par contre le client est une collectivité publique...

Il est certain que je prends mon travail à coeur. Peut-être un peu trop, parfois, mais c'est aussi une question de conscience professionnelle. En même temps ça ne me dérangeait pas, cette fois-là, de bien organiser l'affaire pour que tout le monde soit gagnant : le client, mes collaborateurs, la structure qui nous emploie. J'aime que les choses se passent bien et que tout le monde soit satisfait. Même si je sais que cela me demande un investissement certain. C'est ma façon de "bien" faire mon travail, et de m'en sentir responsable. Et tant pis si pour cela je dois faire quelques entorses au respect strict des horaires de travail... ou des jours de congés.

Cela dit, maintenant je suis vraiment en vacances. Demain je pars... en espérant que la météo soit favorable, après une semaine de pluie.

Posté par Couleur Pierre à 09:22 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 juin 2016

L'anarchie relationnelle

Avant d'ouvrir ce blog mes écrits sur internet étaient principalement inspirés par les dimensions affectives et sensibles des relations humaines. En particulier dans les rapports d'intimité. Confrontant la théorie de mes idées aux expériences nouvelles que je vivais, j'analysais "en direct" les écarts et modifiais ma conscience. Grâce aux retours des lecteurs [vous ou vos prédécesseurs], surtout depuis que ce blog existe, j'ai pu reconstruire ainsi nombre des représentations erronées qui, auparavant, me guidaient.

Les années passant, étant moins confronté aux expériences de rencontre et plus soucieux de discrétion, mesurant ici les limites de la liberté d'expression et craignant de lasser mon lectorat... je me suis peu à peu orienté vers d'autres sujets. Cet éclectisme est-il moins stimulant ? Toujours est-il que mes écrits s'espacent. Ma vie, elle-même, est devenue extrêmement calme.

Je pourrais m'en réjouir ! Il me semble cependant que dans cet apaisement bienheureux il me manque quelque chose. Quelque chose d'important. Comme des étincelles, du pétillant, du stimulant. Ce n'est pas un besoin indispensable, bien sûr, néanmoins je crois qu'il y a là quelque chose de vital. Au sens de vitalité. Et cette sensation me rappelle confusément celle qui s'insinua dans mon existence autour de la quarantaine...

J'avais alors une vingtaine d'années de pratique du mariage, de la vie de couple et d'une certaine conception de la vie amoureuse. J'étais heureux, vraiment, mais... il me manquait quelque chose. Comme des étincelles, du pétillant, du stimulant. Une innocente curiosité me conduisit à aller voir s'il n'y avait pas, ailleurs que dans le couple, des possibilités de dialogue approfondi et intime. L'emploi du terme "innocente" est important parce que j'ignorais alors totalement ce que j'allais découvrir. Très vite, pourtant, je compris que je m'aventurais hors des limites imparties par mon éducation familiale. J'aurais pu arrêter là et revenir promptement dans le cadre habituel mais ma curiosité en aurait été frustrée [ce qui, vous en conviendrez, aurait été fort regrettable]. En continuant je ne pouvais cependant plus prétendre à l'innocence : je savais que j'allais vers l'inconnu. Avec le risque de connaître ce que j'ignorais et qui pourrait me tenter...

Bref : j'avais commencé à croquer la pomme de la connaissance ! Et s'il y avait bien une Eve dans les parages, ce n'est pas elle qui m'y avait attiré. Tout au plus elle était là, disponible pour mettre en émoi mes désirs refoulés. Comme beaucoup d'autres j'avais intériorisé, depuis l'enfance, un conglomérat de normes concernant l'amour et la sexualité, indissociablement liés à la notion de couple durable.

Eve s'effaça, laissant la place à une autre, puis une autre, puis plusieurs autres... Confidences, amitiés, sentiments ; de rencontres épistolaires en relations concrètes, je me vis obligé de déconstruire peu à peu le bloc compact de mes représentations. Il me fallut désimbriquer ce fatras pour laisser apparaître des notions masquées telles que l'affection, le désir, l'attachement, la liberté. De l'amour distinguer chaque élément afin de voir ensuite comment ils pouvaient éventuellement s'assembler dans une diversité de combinaisons. J'ai pu le faire grâce aux échanges avec ces nombreuses femmes, au sein de relations éphémères ou durables, bien plus souvent platoniques que sexualisées. Toujours est-il que, de rencontres sages en découvertes frémissantes, de joies radieuses en sombres déconvenues, je me suis ouvert l'esprit et ai enrichi mon expérience. En quelques années ma perception des relations affectives, et en particulier celles qui s'articulent autour de la notion de couple, on été radicalement changées. J'ai découvert quelques concepts intéressants qui, à un moment donné, ont eu mes faveurs : la polyfidélité, voire le polyamour puisque j'aimais en double. Par le jeu des circonstances et des éloignements c'est finalement la notion de liberté qui aura eu ma préférence.

Après avoir vu s'effriter le marbre du couple et se fendre le granit de l'amour j'ai choisi de... vivre seul.

Pour autant je n'ai jamais été durablement "seul" et la question de la pluralité affective est toujours restée sous-jacente. Notamment sous l'angle de la liberté qui m'est devenue si chère...

C'est pourquoi [j'en arrive enfin au sujet de ce billet], profitant d'une opportunité locale, je me suis rendu cette semaine à un "café-poly". Il s'agissait d'une rencontre informelle entre personnes se sentant concernées par le polyamour. Ce n'est pas vraiment mon cas mais j'ai pensé que le partage d'expériences et les notions abordées dans l'échange pourraient intéresser celle avec qui je partage une partie de mon temps et que mes aspirations à la diversité inquiètent. La discussion a été plutôt intéressante, entre une dizaine de personnes vivant, avec plus ou moins d'insouciance, la pluralité relationnelle. Au passage il m'a semblé que les plus jeunes - trentenaires - étaient beaucoup plus à l'aise et décomplexés que les anciens. J'y ai vu, à tort ou à raison, les signes d'une évolution en marche...

J'ai aussi découvert, parmi la diversité des étiquettes que chacun aurait bien voulu faire valser tant elles délimitent ce qui ne peut pas l'être, le concept d'anarchie relationnelle. Il a pour principe d'abolir toute hiérarchie en termes d'amour et d'amitié. Ça ne pouvait que me plaire ! Pour ceux qui haussent le sourcil ou frémissent de curiosité, je vous envoie ici.

 

PS : sachant que ce sujet peut déclencher des réactions épidermiques, merci de rester courtois(e) et de n'exprimer que votre perception personnelle, sans faire référence à aucune "normalité" supposément universelle :)

 

 

Posté par Couleur Pierre à 12:41 - - Commentaires [75] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

13 mai 2016

Cul de sac

Un article du journal Le Monde à capté mon attention : « Le Pape François entrouvre la porte de l'église aux femmes ». Diantre, l'église catholique entreprendrait-elle enfin une grande mutation grâce à ce pape considéré comme plutôt progressiste ?

Oh la, doucement, on se calme : l'article montre vite que l'ouverture est des plus réservées. À la question de religieuses portant sur la possibilité d'ordination de femmes diacres [sorte de sous-prêtre de second ordre], le pontife souverain a répondu : « Cela ferait du bien à l’Eglise de clarifier ce point. Je parlerai pour qu’on fasse quelque chose dans ce genre ». On voit que l'engagement au changement est plutôt ténu...

Bon, tout cela ne regarde que la religion catholique et je ne devrais pas me sentir concerné puisque je m'en suis extrait depuis longtemps. Sauf que c'est précisément autour de ces questions de discrimination de genre que j'ai entamé mon inexorable éloignement. Il ne m'était pas admissible - entre autres désaccords - de me reconnaître dans une religion écartant les femmes de certaines fonctions. L'article fournit d'ailleurs quelques intéressantes précisions sur ce point : « Le sacerdoce réservé aux hommes est une question qui ne se discute pas », a écrit en 2013 l'actuel chef du Vatican. On voit que l'éventuelle ouverture, d'emblée clairement limitée, s'apparente plutôt au cul-de-sac !

Et pourquoi ça ne se discute pas ? Parce que, comme l'a déclaré Jean-Paul II, « l’Eglise n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Eglise ». Bigre, l'église n'aurait pas le pouvoir de changer les choses ? Le voudrait-elle, dans un accès de féminisme débridé, qu'elle ne le pourrait même pas ? Mais alors, qui donc pourrait abolir un jour cette règle phallocrate ? Pas de bol, le gars qui l'aurait édictée est mort il y a un peu plus de deux mille ans. C'est ballot ! On apprend en effet que c'est parce que Jésus, individu mâle - comme son divin "père" - n'a choisi que des hommes comme apôtres, que les femmes sont à jamais exclues de certaines fonctions. Pour quelle raison ? Pardi, parce qu'elles ne peuvent tout simplement pas agir in personna christi ! Tandis qu'un homme, lui, c'est l'évidence même, le peut. Élémentaire mon cher Watson ! 

« Le prêtre est un autre Jésus, il est Jésus. La preuve ? Lorsqu’il célèbre la messe, il dit « ceci est mon corps » et non « ceci est le corps de Jésus ». Il y a identité parfaite entre le Christ et lui. Il est pour le Christ, une humanité de surcroit. Et le Christ était un homme. » [source

Ah ben oui, vu sous cet angle...
J'ai lu quelque part une remarque sournoise disant que, puisque Jésus était juif, seuls les juifs devraient accéder à la prêtrise. Rhôôô, c'est taquin...

« De fait les femmes ne peuvent être prêtre. Est-ce le signe d’une inégalité ? Non. Pour autant, ce n’est pas confortable à vivre, pour la femme comme pour l’homme. De part et d’autre, le soupçon, ou l’instinct de domination sont rapides pour faire de ce mystère un conflit de pouvoir. Jésus accepte qu’on lui donne le titre d’Époux. Car il aime l’humanité, son épouse. » [source]

Ah, si c'est un "mystère", l'affaire se corse...

« Il est clair que les apôtres relèvent d’un choix totalement libre de la part de Jésus. On ne l’explique pas. Il ne faut pas chercher dans la foi à tout expliquer. C’est le Mystère de la Foi que l’on proclame après la consécration. » [source]

La messe est dite : le choix du gars Jésus est mystérieux. Il faut le suivre tel quel, sans chercher à comprendre. Vous me direz que c'est le propre d'une religion : suivre une règle, des préceptes, des dogmes... L'église reste donc fidèle aux fondements qu'elle s'est choisis. Fidèle à elle-même ! Cohérente, en quelque sorte. On ne peut le lui reprocher.

Mais alors il n'est pas étonnant que ce genre d'immobilisme ne séduise plus : « A l’image de Marie, la femme est configurée à la vocation matrimoniale à la maternité : c’est elle qui donne la vie, qui porte la vie. Les femmes sont gardiennes de la vie, de l’Evangile de la Vie. L’Église voit en Marie la plus haute expression du "génie féminin", elle n’a pas le même rôle que l’homme : "Homme et femme il les créa". L’homme et la femme ont des fonctions, des sensibilités, des formes, des forces, des attitudes différentes. Dieu ne donne pas le même rôle à l’homme et à la femme. Ils sont complémentaires, en quelque sorte, le Créateur, dans sa Sagesse a réparti les rôles. La mission qu’il donne à la femme est tout aussi importante que celle de l’homme : ce n’est simplement pas la même. » [source]

Allons, il n'y a guère que quelques religieuses égarées, sans doute frustrées de ne pouvoir vivre pleinement leur vocation matrimoniale et de maternité, pour espérer encore pouvoir exercer les mêmes fonctions que les hommes !

 

Posté par Couleur Pierre à 22:33 - - Commentaires [31] - Permalien [#]
Tags : , , ,

11 mai 2016

Sans limites

En montagne, en mai, on ne saurait dire quelle est la saison en cours. En bas c'est le début de l'été, à mi-pente les prémices du printemps s'annoncent, tandis que plus haut c'est encore l'hiver. Le dégradé vert mousseux du débourrement foliaire grimpe vers les sommets. Mais il suffit que la météo joue un peu du yo-yo pour qu'on semble aller à rebours ! Et hop, un retour d'hiver !

Chaleur et fraîcheur se succèdant, la neige peut brièvement revenir alors qu'on la supposait déjà partie jusqu'à l'automne...

C'est une belle période pour aller admirer ces contrastes qui se jouent des limites nettes que voudraient fixer les hommes.

 

IMGP9331

 

.

.

.

IMGP9337

.

.

.

;

IMGP9373

Vercors, 6 mai 2016

 

 

Posté par Couleur Pierre à 23:07 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,


27 avril 2016

L'autre moitié

Le jour de notre mort nous est généralement inconnu. Impossible, donc, de mesurer le temps qu'il nous reste à vivre. Et c'est très bien ainsi. 

Tant qu'on est jeune ces échéances paraissent fort lointaines, presque abstraites. Et puis avec les décennies qui s'additionnent, force est de constater qu'inéluctablement l'idée d'un terme devient plus pénétrante. Non, nous ne sommes pas immortels et un jour tout sera terminé pour nous. Un jour...

Imperceptiblement, commence à se dessiner l'idée qu'on est peut-être déjà à la moitié de son existence - à supposer qu'elle ne soit pas interrompue plus tôt qu'on se l'imagine. A trente-cinq ans on s'amuse de ces premiers frottements avec la réalité de notre propre finitude. Pendant quelques années encore ont peut jouer la carte de l'optimisme en s'imaginant octogénaire vaillant, peut-être nonagénaire fringant, et pourquoi pas centenaire alerte ? Pourtant, vient un jour où, même en faisant preuve d'un optimisme dopé aux emphétamines, les limites de la durée de vie humaine s'imposent. Avec certitude la moitié de la vie est atteinte. Sans échappatoire ni fioritures.

Aujourd'hui je me sais être forcément plus proche de ma mort que de ma naissance.
Sur ce point l'optimisme céde devant la raison.
Je passe le cap.

La vie ne m'en paraît que plus précieuse.

 

IMGP8265

Végétation d'éboulis au Col des Fourches, forêt des Maures

.

.

.

IMGP8284

.

.

.

.

IMGP8242

Lavande papillon (Lavandula stoechas)

.

.

Posté par Couleur Pierre à 23:54 - - Commentaires [42] - Permalien [#]
Tags : , , ,

25 avril 2016

Avant-goût

La semaine dernière j'étais en vacances, les températures du sud étaient douces et le soleil ardent. Comme un avant-goût d'été, sans ses inconvénients...

 

IMGP8341

Ile de Port Cros

.

.

IMGP8348

Asphodèle

.

.

 

IMGP8408

.

.

.

 

IMGP8418

.

.

.

 

IMGP8329

 Au loin, les Alpes enneigées

.

.

Depuis quelques jours c'est comme un arrière-goût d'hiver qui est revenu dans mes contrées montagnardes, avec un temps gris, pluvieux, froid, presque neigeux. J'ai repris le travail, mais ça ne m'empêche pas de continuer à proposer quelques évocations photographiques de plaisirs existentiels.

Posté par Couleur Pierre à 23:15 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 avril 2016

Paradis d'enfance

Originaire d'un gros bourg de Provence, ma grand-mère passait tout l'été en compagnie des cigales dans la maison de ses ancètres. Elle y était rejointe, pour une ou deux semaines, par ses enfants et leur progéniture de cousins. À une heure de route à travers la campagne il y avait la Méditerranée. La famille y connaissait quelques petits coins sauvages, à l'écart des villes, et c'est là-bas que mes premiers souvenirs de vacances ont fait leur nid. Nous y allions pour la journée, dans la Peugeot 404 que mon père garait sous l'ombre de quelque pin parasol. On sortait la table de pique-nique et des chaises pliantes, des tomates et des chips. Il y avait de la place sur le sable pour courir et jouer, ramasser des pommes de pin et se piquer les pieds sur leur aiguilles tombées au sol. Après le repas le temps de sieste était sacré : à l'ombre, avec interdiction de se baigner avant les trois heures règlementaires de digestion. En ces lieux privilégiés j'ai découvert la volupté, la béatitude et la douceur de vivre, bien avant de connaître le sens de ces mots d'adultes.

L'an dernier alors que je passais près d'une ces ces plages, sur la presqu'ile de Giens, j'ai cherché à la retrouver. Hélas la pinède avait disparue. À sa place il y avait un moche et bête petit immeuble proposant des soins de balnéothérapie. Tout autour des constructions sans âme, des parkings miteux, des rues tracées à la va-vite, des espaces de fausse-nature. J'ai eu bien des difficultés à reconnaître les lieux...

Heureusement il reste d'autres sites qui ont été totalement préservés. C'est le cas de cette plage, que j'ai voulu revoir cette semaine :

 

IMGP8674b

 

Rien n'y a changé depuis cinquante ans. En voyant au loin des enfants s'éclabousser dans l'eau encore fraîche d'avril je me suis souvenu de mes jeunes années ici-même. Entre l'ombre des grands pins et l'eau turquoise, la volupté d'une plage de sable fin...

Sur cette plage mes yeux d'enfant se sont naturellement formés à l'harmonie des paysages méditerranéens. Ce petit coin de paradis allait faire de moi un exigeant, forcément déçu par tout espace pélagique ne presentant pas des qualités esthétiques analogues. Je n'ai jamais pu apprécier une plage bordée par une route ou ces enfilades d'immeubles que des décennies d'urbanisation laide ont laissé gangréner la côte. Pour tout dire je déteste une grande partie de la Côte d'Azur et déplore ce qu'elle est devenue, déteriorée pour la satisfaction de quelques égoïstes.

Étonnamment la plage où j'allais me baigner enfant fait partie de celles, très rares, qui sont restées intactes car préservées de toute urbanisation alentour. Elle est au coeur d'un secteur protégé, aux routes étroites et tortueuses, situé entre le Lavandou et La Londe les Maures. Derrière les anses sableuses, des vignes, des forêts, quelques maisons anciennes, un ou deux petits châteaux. Aucune bâtisse arrogante. Cela tient presque du miracle...

C'est ce genre de joyaux que j'essaie de retrouver lors de mes escapades méditerranéennes, me focalisant sur ces zones exceptionnelles qui, sur les cartes, apparaissent obstinément vierges de constructions.

 

IMGP8497

.

.

.

.

IMGP8500

..

.

.

.

IMGP8579

.

.

 

 

 

Posté par Couleur Pierre à 23:21 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21 avril 2016

Carte postale

Il est des lieux sublimes qui sont tellement photogéniques qu'il devient difficile d'échapper au sort qui leur échoit : le paysage de carte postale. La tentation du cliché classique est inévitable devant des proportions idéales. S'écarter du cadrage parfait tiendrait presque du sacrilège. Si en plus le ciel y ajoute son éclat, l'eau sa transparence, on frise la perfection...

 

IMGP8653

 

La photographie est très souvent le prétexte de mes petits et grands voyages. Pour autant, faire une "belle" photo n'est pas ce qui compte le plus : l'important c'est ce qui se vit autour. Ce sont les sensations ressenties. Le cheminement pas à pas, les ouvertures vers l'horizon, la découverte constante de trésors visuels ou olfactifs, le vol d'un oiseau, la douceur d'un souffle d'air, le mouvement des vagues, l'harmonie singulière d'un lieu. Voilà ce qui constitue véritablement le voyage. Le dépaysement.

Où que ce soit, le dépaysement c'est l'inattendu. Pour peu que je l'accueille, que je m'en laisse pénétrer, que je le laisse m'emporter,  il m'invite à l'étonnement et à la contemplation. Je regarde. Je m'arrête. Je goûte et profite. C'est à une perception savoureuse de l'instant que je suis convié. C'est le temps des sensations hédonistes et fugaces, mais aussi celui de l'empreinte durable des souvenirs passés et à venir. Ces moments enrichissent ma conscience des beautés de l'existence.

Le "regard photographique" en est distinct. Plus esthétique que sensitif, il porte une attention particulière aux détails ou aux scènes d'ensemble. Il scrute, il observe, il analyse. Il anticipe sur un résultat espéré. C'est une démarche artistique, donc démonstrative, qui cherche à transcrire, témoigner, restituer, garder trace. À faire rêver aussi, peut-être, puisque le cadrage orientera la perception du regardeur...

 

IMGP8619

.

.

.

IMGP8663

 .

.

 .

.

IMGP8658

Pointe de l'Estagnol, Var, 19 avril 2016

 

 

 

Posté par Couleur Pierre à 23:28 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 avril 2016

Tentation

 

 Cette fois...

IMGP2548

... j'y vais !

Je m'absente quelques jours pour une petite escapade du côté de la Méditerranée.

Posté par Couleur Pierre à 23:51 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,