Alter et ego (Carnet)

24 mars 2017

Décalé

Il arrive que le flux de l'inspiration tarisse, même chez un blogueur au long cours...

Je le constate : en ce moment je ne parviens plus à écrire comme je le voudrais. À chaque fois que j'ouvre mon éditeur de texte, me sentant fugitivement inspiré, je ne parviens pas à aligner plus de quelques phrases éparses. Les mots hésitent, trébuchent, s'enchaînent mal. C'est un peu frustrant. Oh je sais pourquoi : un épais filtre [autocensure, àquoibonisme] m'enserre, me bloque. Ceci parce que je me vois toujours revenir vers le même thème, qui me hante : la fin de l'ère de l'abondance [ou de la dilapidation, ou du gaspillage, ou du pillage...] et ses conséquences prévisibles. Je suis encore dans la phase creuse de la sidération. Et comme je ne veux ni lasser le lecteur en rabachant, ni l'effrayer, ni le démoraliser, j'essaie de contourner l'obstacle. D'en faire abstraction. Sauf qu'organiser mes idées autour d'un tel non-dit devient rapidement laborieux, pour un résultat insatisfaisant. La tonalité de ce que me vois écrire ne m'apparait pas en correspondance avec mes pensées préoccupées. 

Du coup je trouve cet évitement absurde. Alors je ferme tout et repousse l'expression à plus tard, de jour en jour. En contrepartie je passe beaucoup de temps à glaner de l'information... ce qui ne fait qu'accroître ma prise de conscience et ma perplexité. L'optimisme est à la peine, malgré les séduisants courants d'idées qui voient en lui la porte de salut. Je ne sais plus que penser. En découle une soif d'échange/partage/découverte... sans que je n'aie moi-même rien de bien enthousiasmant à proposer. Rêver ? Espérer ? La réalité me plombe. D'ailleurs je suis plutôt en posture d'isolement méditatif. En attente circonspecte, je me sens... désemparé.

Et décalé. Parce qu'en même temps la vie est là, tout à fait normale. Habituelle. Heureuse, même. Pas de quoi être inquiet ! Du moins pas plus qu'avant. Le printemps est manifestement en action et le retour des beaux jours fort agréable. J'apprécie ce renouveau, passant davantage de temps à l'extérieur. De là à entreprendre d'écrire ou poster de bucoliques photos sur ce thème gentillet, moult fois abordé... ça ne m'inspire décidément pas ! Je ne veux pas être faux-cul : j'ai la tête ailleurs.
Existentiellement, dans la dimension professionnelle, mon travail a pris une tournure stimulante. Rythme soutenu mais sans tensions majeures, avancées en cours. Humainement et relationnellement c'est un enrichissement et ce qui pourrait être une sorte de routine s'inscrit dans une évolution positive. Quand j'y suis plongé j'oublierais presque mes inquiétudes environnementales. Ma vie relationnelle privée, quant à elle, est stable, sans difficultés particulières. Je découvre même, lorsque j'évoque ce qui me turlupine, quelques convergences de points de vue : plusieurs personnes de mon entourage proche m'ont dit être, elles aussi, préoccupées par notre avenir commun. J'avoue que cela m'a fait du bien. Je me suis senti moins seul. Ensemble on se sent plus fort...

Si je faisais abstraction de ma préoccupation socio-écologique, objectivement tout irait bien dans mon petit univers de privilégié. En tout cas rien ne va mal ! Mais, pour être honnête, je ressens comme une... morne platitude. Peut-être liée à une perte de sens ? Il me manque sans doute quelques reliefs, faits de joies et d'enthousiasmes, d'entrain, d'idées porteuses, de projets. Mais lesquels ? Quelques uns sont en gestation, se nourrissant des nouvelles orientations que je veux donner à ma vie. Autour des concepts de décroissance, autonomie, transition, permaculture, résilience... j'ai [presque] tout à apprendre et entreprendre. Et surtout, à savoir comment rester optimiste et heureux malgré l'accumulation de nuages menaçants !

En attendant que tout cela se précise, aucun élément n'étant saillant dans mon existence, il n'est pas étonnant que rien n'en justifie le développement ici. Et que je sois donc en panne d'inspiration.

 

Texte laborieusement élaboré entre le 15 et le 24 mars

 

 

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05 mars 2017

Les doigts de pieds dans le réseau

Voilà quelques temps que je me pose des questions sur l'adéquation de ce blog avec la tournure que prennent mes interventions. Je sens que quelque chose ne me convient pas dans le mélange des genres. Entre les dimensions planétaires et la sphère personnelle, le grand écart m'est inconfortable. Je ne trouve pas le ton juste. Parfois je pense à ouvrir un autre blog, à la thématique plus ciblée...

Parallèlement il m'a été suggéré, en commentaire, que les réseaux sociaux seraient beaucoup plus adaptés au type d'informations que je diffuse. Ne serait-ce que parce que celles-ci peuvent être immédiatement "partagées" et donc toucher beaucoup plus de gens. Or autant j'apprécie une certaine discrétion pour tout ce qui m'est personnel, autant la propagation des idées qui m'agitent actuellement me tient à coeur. Je pourrais donc surmonter mes résistances et... mettre le pied dans un "réseau social".

Je suis plutôt ignare en la matière, n'ayant jamais voulu m'inscrire sur aucune plateforme du simple fait que "tout le monde" [ou presque] est censé y être. C'est mon côté rétif au conformiste : j'aime pas faire comme les autres ! Oui, je sais, l'argument a ses limites...

Un autre, plus convaincant, serait de nature à retenir mes éventuelles velléités : c'est encore du temps à passer devant internet, donc une contribution à la consommation de ressources limitées, comme on le sait. C'est aussi une forme de socialisation artificielle dont je connais nombre d'inconvénients.

Bon, je ne dirai pas que je n'ai pas déjà été tenté d'aller y voir de plus près mais, puisque par ailleurs lesdites plateformes sont avides d'informations personnelles, je renâcle. J'ai bien déniché diaspora*, réseau libre sur logiciel libre, garanti sans pistage, mais je n'en ai jamais entendu parler ni n'en vois la moindre trace. Quelqu'un le connaîtrait-il ? Ne voulant cependant pas rester totalement ignorant des grandes avancées humaines j'ai souhaité bénéficier de brèves séances d'initiation à l'omniprésent Facebook. Je fréquente en effet des personnes n'ayant pas hésité, elles, à vendre leur âme au diable. En l'occurence mes parents, une amie...

Honnêtement, ça m'a fait un drôle d'effet de pouvoir accéder aux photos de personnes que je connais par ailleurs. À voir leurs centres d'intérêt et qui étaient leurs "amis". Je me suis senti indiscret. Presque gêné de pouvoir accéder ainsi, à leur insu, à ce que je considère comme faisant partie de leur vie privée.

Du coup cela me renvoie vers une autre grande question qui me turlupine : que serais-je prêt à laisser voir de moi ? Et surtout, sous quelle identité ?

Mais au fait... est-ce que, sans le savoir, je ne serais pas déjà exposé ? Par exemple je ne sais pas ce qu'implique ceci, en haut de la présente page :
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Est-ce que ça signifie que 90 personnes ont un jour "liké" ce blog ? Ou bien qu'elles sont "abonnées" aux parutions de ce blog ? Dans ce cas, est-ce qu'elles seules visualisent mes élucubrations, ou bien ces dernières sont elles affichées, à chaque nouvelle publication, sur leur "mur" [c'est bien comme ça que ça s'appelle, hein ?] aux yeux de ceux qui les suivent ? Bref : est-ce que ma visibilité ne dépasserait pas ce dont j'ai conscience ?

La question n'est évidemment pas capitale, mais si quelque initié voulait bien éclairer ma lanterne, je mourrai moins bête.

Autre question : mettre le doigt [de pied] dans cet engrenage, n'est-ce pas courir le risque de devenir "accro" d'un nouvel environnement de socialisation, ainsi que d'une dépendance au "J'aime" ? J'ai des doutes, en lisant ceci, par exemple : « un jour, j’en ai eu marre : j’ai désactivé de manière définitive mon profil personnel. (…) Pourquoi ? Tout simplement car je juge de plus en plus que Facebook devient un réseau social malsain chez une grosse partie de mes contacts. (...) Je ne peux donc que vous conseiller une chose : désactivez votre compte Facebook ! Cela fait bizarre au début, mais en réalité cela fait un bien fou ! » [Source : Pourquoi j'ai quitté Facebook]. De fait il existe quantité de pages expliquant des démarches similaires ou comment restreindre sa dépendance.

Mon hésitation à me hasarder en ce lieux de perdition reste donc d'actualité.
Vous avez un avis ?

 

Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette vidéo délicieusement cruelle :) 

 

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03 mars 2017

Abstraction de la réalité

Il y a quelques jours Célestine mettait à l'honneur les superbes clichés que Thomas Pesquet prend de notre planète, à 400 km d'altitude. Il y a effectivement de quoi méditer et rêver devant ces images inattendues, surprenantes, étonnamment graphiques. Il y a peut-être aussi de quoi s'interroger sur cette présentation esthétique, tellement différente de ce que nous percevons "d'en bas". « Pourquoi ne pas nous montrer le monde tel qu’il est ? Ses beautés bien sûr, mais aussi ses bosses, ses cicatrices. », demande un journaliste dans une lettre ouverte au même Thomas, hier, sur Télérama

Volée de bois vert de quelques lecteurs clamant, en substance : « laissez-nous rêver ».

Réaction entendable. On peut préférer la mise en lumière du beau et laisser dans l'ombre le laid. Je ne suis pas le dernier à fermer les yeux sur certaines hideurs de notre monde. Pourtant le souhait d'une vision plus "objective" adressée à un observateur privilégié est tout aussi entendable. Surtout si - et c'est le sens de l'article de Télérama - ledit observateur déplore par ailleurs les dégradations humaines qu'ils constate. Un lien renvoie vers un autre article du Monde dans lequel Philippe Perrin, qui occupa il y a quinze ans la même place que Thomas Pesquet, raconte que « si l’humanité avait la chance de voyager dans l’espace, la prise de conscience environnementale serait immédiate : du jour au lendemain, nous vivrions et consommerions complètement différemment ». Il ajoute, amer, « Nous resterons comme une génération de salauds qui ne laisse rien aux générations futures. »

Faut-il s'inquiéter de l'avenir ou choisir de vivre le présent en privilégiant l'insouciance ? Faire face à la réalité ou préférer rêver qu'elle est autre, en toute conscience ? Ce n'est évidemment pas aussi binaire... C'est l'un et l'autre, alternativement. Parce que nous avons besoin de rester en équilibre. C'est du moins ainsi que je fonctionne.

Face aux réactions outrées de certains lecteurs le journaliste de Télérama a voulu expliquer, en son nom propre, quelles avaient été ses motivations. La démarche est suffisamment rare pour être remarquée. Dans son plaidoyer on peut lire ceci « en montrant le beau, on n’incite pas les gens à se mobiliser pour le préserver. On les invite plutôt à penser que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et je suis parmi ces gens. J’ai du mal à saisir combien le monde se détraque, j’ai du mal à le voir concrètement, à donner une chair et des os aux articles des scientifiques catastrophés ». J'ai apprécié cet aveu d'incapacité à appréhender une réalité abstraite et complexe. Cette nécessité ressentie de chercher à voir les choses en face. Je crois y retrouver un peu de ma démarche actuelle...

 

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Arabesques sur le Dniepr (Photo Thomas Pesquet)

 

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Sables bitumineux en Alberta

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28 février 2017

Mutation

Ce blog...
Lorsque je l'ai ouvert il y était question de tout autre chose que des considérations écologiques qui, actuellement, me préoccupent. Je m'intéressais alors, principalement, à la dynamique des relations à travers l'expérience personnelle que j'en faisais. D'où le choix du nom...

A cette époque j'avais besoin de faire le point. Sur ma vie, sur mon rapport aux autres, sur les liens affectifs. Besoin de prendre du recul sur mes représentations de l'amour et de l'amitié. Mettre en écrit mes réflexions, les soumettre aux commentaires et à l'échange de points de vue, allait pouvoir m'aider à y voir plus clair. J'ai donc, en toute logique, classé ce blog dans la catégorie qui, quoique réductrice, me semblait la plus appropriée : Amour et sentiments. En inscrivant pompeusement en sous-titre "Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui", je voulais garder trace d'une évolution voulue vers un objectif choisi. Depuis j'ai cheminé. Les thèmes abordés se sont diversifiés (vie en solo, voyages, photos, regards sur la société, vie professionnelle...). À tel point qu'il serait difficile, aujourd'hui, de suivre la continuité logique de mon cheminement.

Ce qui est sûr c'est que je n'évoque plus les mêmes sujets qu'au début. Pour autant je ne dirais pas que je m'en désintéresse, mais qu'ils ne font plus vraiment partie de mes préoccupations premières. Ou bien que j'ai élargi mon champ d'observation.

En venant à parler d'écologie et de décroissance, plutôt que de turpitudes sentimentales, je me suis largement éloigné de mes soucis égocentrés d'autrefois. Mais peut-être s'agit-il de l'inverse : l'atténuation des questionnements d'antan, résolus, aurait permis de passer à autre chose ?

Aujourd'hui le rapport que j'entretiens avec ce blog me rend hésitant (comme l'an dernier, d'ailleurs). Qu'ai-je envie de communiquer, de transmettre, de partager ? Habituellement c'est ce qui m'anime, me fait vibrer, me plaît, m'interpelle, me dérange, me révolte. Actuellement, à l'évidence, ce qui m'anime est une inquiétude sur notre devenir commun. Le reste en devient, relativement, dérisoire. « Quand les blés sont sous la grêle... ». Alors pour le moment ma seule envie, avec les modestes moyens d'expression dont je dispose, est de contribuer au réveil des consciences. Ambitieux programme... Est-il utile que je cherche à y participer ? Je l'ignore mais je le fais par nécessité intérieure. Est-ce que cela me satisfait ? Je me le demande...

En fait je crois que le peu d'écho suscité par mes récents billets passionnés [à défaut d'être passionnants] m'a renvoyé à une réalité : ce sujet ne suscite guère la prise de parole. L'intérêt, peut-être, mais pas l'expression. Est-il trop grave ? trop anxiogène ? trop alarmiste ? trop délirant ? trop incertain ? Ou tout autre chose ? Je l'ignore. Toujours est-il que cela me renvoie à une sensation de décalage par rapport à mes homologues blogueurs généralistes. Et c'est normal puisque je me focalise sur un unique sujet ! Mi-informationnel, mi-personnel, ce blog a une tonalité hybride : les analyses que je propose sont émaillées de perceptions égocentrées. Je combine fragments scientifiques et observations subjectives, faits et projections. Qu'attends-je de cette forme d'expression ? Je ne sais pas... Peut-être d'être rassuré par l'importance de la prise de conscience ? Comme si je voulais vérifier que "les gens" se sentaient en fait beaucoup plus concernés que ce que les médias en disent. Or les médias jouent leur rôle d'amplificateurs de l'opinion majoritaire. Et l'opinion majoritaire, dans les faits, elle a autre chose à penser que l'avenir de l'humanité à moyen terme. Et plus encore à long terme. Quant à ceux qui y pensent, je suppose qu'ils font comme moi : ils restent dans l'expectative. Comment agir ? Comment changer ? Par quoi commencer ? Le défi est tellement colossal !

Alors on fait ce qu'on peut, un peu à l'aveuglette, tout en ayant conscience que ça ne suffira pas. Et on continue à vivre "normalement", en essayant d'être un peu vertueux, un peu responsables, un peu sobres. Mais fondamentalement on ne remet pas en question le modèle productiviste pilleur de ressources naturelles, exploiteurs d'hommes et d'animaux. Ou si on le fait on en reste au niveau des idées, faute de vouloir vivre en marge de la société.

La vraie transition, la vraie décroissance, la vraie sobriété, c'est d'une toute autre teneur. Ce n'est pas du cosmétique. C'est un engagement résolu à renoncer à nombre d'éléments qui font que nos vies sont devenues "confortables"... mais aussi aliénantes.

J'en suis là. À me demander à quoi je vais renoncer. À me préparer à une réelle sobriété énergétique. À élaborer un programme d'actions, afin de ne pas être submergé par la masse de changements envisageables. Quelles sont les priorités ? Quels sont les changements immédiatement possibles ? Quels sont mes objectifs à un ans, deux ans, cinq ans ? Et si je me trompais ? Et si je me faisais peur avec un stupide scénario catastrophe ? Pourquoi la plupart des gens ne s'emparent-ils pas de ce sujet majeur d'inquiétude ? Suis-je bêtement crédule et inutilement alarmiste ? Elle est où, la vérité ? Du côté de la science ou du côté de ce qu'on perçoit ? Je connais la réponse...

Face à l'inertie ambiante, j'ai parfois des envies d'actions radicales. Un peu à l'image de ce que prône Deep Green Resistance. Une intéressante confrontation de points de vue a d'ailleurs été proposée sur Reporterre, il y a quelques jours. D'un côté une approche sans concessions, celle de Nicolas Cazaux, membre du mouvement DGR susmentionné ; de l'autre celle de Cyril Dion, le sympathique réalisateur du film Demain, co-fondateur du mouvement Colibris et du magazine Kaizen, partisan d'une transition douce. Ici même, dans les quelques échanges d'idée qui ont suivi certains de mes billets, on a pu voir ce dessiner une ligne de partage comparable : changement plus ou moins radical ou évolution "en douceur".

Qui pourrait n'avoir aucun doute sur ses choix ? Aussi je n'ai pas été surpris de lire le même Cyril Dion faire part de ses inquiétudes profondes, malgré l'optimisme souriant habituellement affiché : « Quand on regarde honnêtement la situation, on peut avoir de bonnes raisons de désespérer, de se dire qu’on ne parviendra pas à enrayer la destruction de la planète. Parce que ça va trop vite, parce que la plupart des gens ne voudront pas renoncer au confort, parce que les forces en puissance sont très difficiles à renverser, parce que les êtres humains ont beaucoup de mal à s’entendre.
Tout ça me travaille. Au point d’en faire des crises d’angoisse − je dois parfois aller aux urgences −, et d’avoir de gros moments de déprime. » [Source : Le Monde]

Cette déprime, c'est aussi celle dont témoignait Pablo Servigne, dans ses articles et vidéos, lors de sa prise de conscience. Par exemple ici : « Face à ce sujet toxique, moi, j’ai maigri. On en a pleuré, on était dans la colère… » [Source : Terraeco]. C'est aussi celle qui est décrite là : « Le fondateur du mouvement Transition, Rob Hopkins, parle de “syndrome de stress postpétrolier”. Un syndrome qu’il est nécessaire de digérer pour ensuite “voir ce moment comme une importante mais positive transition” dans notre vie. » [Source : "Sortir du pétrole"]. Chacun d'eux, lucide, a préféré aller vers une décroissance choisie afin d'en atténuer la rudesse. C'est aussi la voie que j'ai envie de suivre.

Pour le moment je ne sais plus comment faire coexister ma mutation avec ce blog issu de la sphère sentimentale...

 

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Regarder le monde autrement - Lichens (détail)

 

 

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13 février 2017

Une question d'échelle

Quand on parle de notre merveilleuse planète, s'il y a bien quelque chose de difficile à appréhender ce sont les ordres de grandeur. Vu de notre échelle d'humains microscopiques, la planète paraît immense. On n'en voit même pas la rotondité. Le plus loin que la vue puisse porter, dans les meilleures conditions de visibilité, doit avoisiner les 200 kilomètres. C'est à dire un cercle de vision de 400 km de diamètre, par exemple du sommet d'une haute montagne. Peut-être un peu plus vu d'avion, à 10.000 m d'altitude.

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La Corse, vue depuis Menton, à environ 180 km (oui, c'est à peine visible)

 

Cette immensité apparente est trompeuse quand il s'agit d'évaluer les impacts des activités humaines sur la biosphère. La terre paraît volumineuse, mais les diverses pellicules qui la recouvrent sont extrêmement minces. Qu'il s'agisse de l'atmosphère, de l'eau, ou de la couverture végétale, leur volume ne représente pas grand chose à l'échelle de la planète.

Régulièrement je regarde les images transmises depuis l'ISS (International Space Station, cellule habitée par quelques spationautes). On peut voir en temps réel des images de la terre défilant à 28.000 km/h. C'est assez fascinant. Mais ce qui l'est encore plus c'est de visualiser l'extrême minceur de la couche atmosphérique, parfaitement visible aux levers et couchers de soleil. 

Capture_d__cran_2017_02_10___19Capture d'écran d'images diffusées en temps réel par l'ISS

 

En fait, l'épaisseur de l'atmosphère est comparable à celle d'une bulle de savon.

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 [source

 

Il y a quelques temps j'ai découvert la représentation comparative des volumes d'air et d'eau par rapport à la terre. Sous cette forme on se rend bien compte que les volumes concernés sont finalement fort réduits.

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[source]

 

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Volumes comparés de toute l'eau contenue sur la terre (à 97 % salée) et de l'atmosphère (5% du volume de la terre)

 

C'est encore plus flagrant quand on regarde le volume de toute l'eau potable utilisable sur terre  

[source]

 

Je n'ai pas réussi à trouver de représentation du volume de toutes les éléments vivants, ni même de toute la végétation, mais je suppose, au vu de la surface couverte et de son épaisseur, qu'il serait infime.

Quand au volume des humains...  

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Minuscule, n'est-ce pas ? Comment un si minuscule volume peut-il influer sur une bulle de savon aussi grosse que la terre ?

 

Démonstration : 

Source : Carbon visuals 

 

Remarquez... microbes et virus, aussi invisibles soient-ils, parviennent eux aussi à rendre malade ou à tuer bien plus gros qu'eux.

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11 février 2017

Sobriété volontaire

Quoi de neuf ?

Une semaine est passée. Normalement. À ma place habituelle d'occidental parfaitement inséré dans son milieu sociétal. J'ai utilisé ma voiture pour me rendre au travail, en brûlant du pétrole pour faire avancer ces 800 kilos de métal. J'ai abondamment consommé de l'électricité (chauffage, éclairage, informatique...), principalement issue de la fission nucléaire et de la combustion de gaz naturel [voir la répartition ici]. Je me suis nourri de produits certifiés bio, mais générés, conditionnés, emballés et transportés grâce à la combustion de pétrole. Je n'ai acheté aucun autre bien matériel mais en ai utilisé beaucoup d'existants, qui ne seront assurément pas tous recyclés et finiront par polluer un lieu inconnu.

Bref : j'ai contribué efficacement à la destruction du monde naturel qui m'est cher.

À l'évidence je ne vis pas selon des principes de sobriété. Mon mode de vie ne s'inscrit pas dans une perspective soutenable. Beaucoup trop de mes actes se font au détriment d'autres êtres vivants, humains ou non humains, nés ou à naître, en utilisant des ressources non renouvelables en cours d'épuisement. Je le sais mais ça reste abstrait. Invisible. Imperceptible..

Tout autour de moi je vois que mes semblables font pareil. Et souvent bien pire. Faire bien mieux est possible... mais difficile. La sobriété volontaire est difficile à mettre en oeuvre, ne serait-ce que parce que je vis dans une société d'abondance, fortement tentatrice. Le système lui-même est fondé sur la consommation perpétuelle de ressources, jusqu'à épuisement. Il me faudrait donc, pour être cohérent avec mes idées, sortir du système. Ou du moins vivre en marge.

En ai-je le courage ? Là n'est pas la question. Certes il en faut pour aller à contre-courant, même si beaucoup l'ont fait avant moi. Il en faut pour résister au "système" consumériste, dont chaque acteur, chaque rouage, chaque élément à intérêt à ce qu'il reste en place aussi longtemps que possible. Il en faut pour s'engager dans une démarche de renoncements, alors que les préoccupations  apparentes de mes congénères porteraient à douter de leur bien fondé. Mais les vraies questions, une fois convaincu du nécessaire changement, se posent plutôt en termes de plan d'action. Par quoi commencer ? Dans quelle direction aller ? JUsqu'où ? Quel objectif viser, en termes de décroissance et de délais ? Quelles options choisir ? Plus j'y réfléchis et m'informe, plus je mesure l'importance de l'effort à consentir. Sans commune mesure avec ce à quoi nous incitent les pouvoirs publics, en termes d'éco-gestes et autres gadgets nés du concept fumeux de "développement durable". Non : tout ce qui tend à faire croire que nous pourrons effectuer une transition en douceur est un leurre.

 

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[Source]

 

C'est la thèse défendue notamment par cet article critique, qui va à l'encontre de "L'appel du monde de demain" que je relayais dans mon précédent billet. Extrait :

« A l’instar du film « Demain », cet appel sera sûrement très bien relayé, comme tout ce qui alimente la soif anxieuse et grandissante de bonnes nouvelles, de rassurances, et d’espoir. Cet espoir qui sert d’anxiolytique de masse, et qui permet de maintenir l’ordre, et la paix, ou plutôt la léthargie sociale, afin que les gens continuent à acheter, à travailler, à croire que nous allons collectivement nous en sortir à l’aide de bouts de ficelles, à croire que les structures sociales qui nous ont menées là où nous en sommes rendus vont également nous en sortir. A croire que les corporations vont, d’une manière ou d’une autre, faire ce pourquoi elles n’ont pas été conçues ; qu’une culture profondément toxique peut, moyennant quelques éco-gestes et autres éco-réformes, se changer en une idylle verdoyante. »

J'incite ceux qui s'intéressent à la critique de notre civilisation de l'exploitation, sous toutes ses formes, à parcourir le très documenté site "Le Partage", qui se déclare « Contre la civilisation, contre l'état, contre le progressisme ». Iconoclaste, certes, mais qui porte à la réflexion.

Le "développement durable" étant clairement insoutenable, je continue à explorer d'autres voies. Celles de la transition et de la décroissance, déjà, mais peut-être d'autres que je ne connais pas encore.

 

* * *

 

En attendant... je peux continuer à profiter des bonheurs simples sans nuire aucunement à l'environnement. Comme regarder le paysage enneigé au petit matin. Voir le soleil se lever et faire fondre l'éphémère voile blanc. Observer les premières fleurs, écouter le chant d'oiseaux engaillardis par la douceur de l'air. Sentir les premiers signes du printemps...

 

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Fleur d'hamamellis, samedi matin

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01 février 2017

L'appel du monde de demain

 

 

 

 

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27 janvier 2017

Quand les blés sont sous la grêle

Il ne t'aura pas échappé, ô impénitent-e lecteur-trice de ce blog hétéroclite, qu'un prépondérant sujet s'est invité sans partage dans mes écrits. Tu en auras compris les raisons : j'ai eu un choc en traversant le mur de la conscience. C'est comme si, soudainement, j'avais - enfin - ouvert les yeux. Maintenant je sais. Non pas en termes de savoir [quoique...], mais plutôt par incorporation. Littéralement : in corpore. C'est entré en moi. Intellectuellement, sensoriellement, émotionnellement. Humainement. Il y a là quelque chose qui touche au viscéral. À l'instinctif. Au vital.

Pourtant, en dehors de ce blog, rien n'a visiblement changé dans mon existence et mon entourage ignore tout de mon passage "de l'autre côté". Je n'en parle pas. À peine fais-je parfois allusion aux enjeux de l'avenir, en vue de sentir à quel degré de réceptivité se situe mon interlocuteur. Généralement il n'y a aucun écho. Au mieux quelques banalités. Ces questions-là, si elles préoccupent vaguement, sont reportées loin dans le temps. Il n'y a aucune notion d'urgence. Il y a surtout une grande méconnaissance de la multiplicité des phénomènes, de leur intrication et de leur ordre de grandeur.

Je n'insiste pas. Je ne cherche pas à convaincre. Les réticences sont trop fortes. Tout au plus puis-je chercher à éveiller, à titiller la conscience, à susciter la curiosité et l'envie d'en savoir plus. Je sème quelques graines. Un peu comme ce que j'ai proposé ici depuis quelques semaines.

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En moi, maintenant, qu'est-ce qui a changé ? À la fois tout et pas grand chose. Tout, en tant que changement de paradigme : la réalité n'est plus la même, les perspectives non plus. Les illusions sont tombées et elles ne reviendront pas. Je ne vois donc plus l'existence de la même façon. Ni celle de la société de laquelle je suis issu, ni celle mon existence propre. De même, je ne vois plus les rapports relationnels comme auparavant. Individualisme, liberté, partage, solidarité, entraide... tout a été bousculé. De nouveaux contours se dessinent.

Pour le "pas grand chose" du changement, cela concerne seulement la surface. Les apparences. Aucune modification n'est visible, je n'ai pas changé de comportement ni d'habitudes. Pour le moment je ne fais que prendre conscience des changements et prévoir leur mise en oeuvre. L'objectif visé est d'adapter mon mode de vie à la raréfaction des ressources. Aller donc vers un maximum d'autonomie énergétique, en réduisant très fortement ma dépendance à tout ce qui, tôt ou tard, viendra à manquer. Si je ne veux pas que le choc soit trop rude, je dois me mettre en marche sans délai pour être prêt le moment venu. J'ai tout un chemin à parcourir. Il me faut m'informer, apprendre, imaginer, rencontrer. Je dois imaginer mon lieu de vie en conséquence. Me préparer à vivre dans l'abondance frugale et la sobriété heureuse. Les oxymores apparents de ces formules nous rappellent, et c'est capital, que les changements à venir ne seront pas nécessairement tristes. Au contraire, nous avons probablement beaucoup à gagner en retrouvant des existences fondées sur l'entraide et la parcimonie, la modération et la tempérance. J'ai envie d'y croire. J'agis dans ce sens.

Oh je sais : tout cela peut faire sourire. Et peut-être restera risible aussi longtemps que les effets du reflux tarderont à se faire réellement sentir. Mais s'il devait être rapide, voire brutal, mieux vaudra s'y être préparé à l'avance. Parce que ne ce sera pas qu'un mauvais moment à passer : ce sera définitif. Mieux vaut accepter au plus tôt cette idée qu'il n'y aura pas d'échappatoire. Pas de seconde chance, pas de retour à la croissance et au gaspillage, pas de nouvelle énergie miraculeuse. Le "cadeau" du pétrole, énergie gratuite à très fort potentiel, était à un seul coup. One shot !

À chacun de nous, maintenant, de reprendre contact avec les réalités naturelles. Pour ma part, je trouve que c'est un beau défi que ce retour vers une forme d'équilibre et de respect. Qui sait si, après le chaos, ne viendrait pas une sorte d'harmonie ? Oui, je rêve...

 

À ce point de la lecture tu constates donc, cher-e lecteur-trice, que je prends tout cela très au sérieux. Autant te dire que l'importance relative du reste me paraît bien dérisoire. J'irai jusqu'à dire que ça me glisse sur la couenne. Lorsque j'entends certaines prospectives économiques et sociétales pour l'an 2050 je décroche totalement. Ce n'est plus mon monde. Et lorsque quelques politiciens - on en voit beaucoup en ce moment - me promettent je ne sais quelle relance miraculeuse de la croissance, je ris sous cape de leur imbécillité. Les seuls programmes politiques présentant de l'intérêt, à mes yeux, sont ceux qui mettent la préoccupation environnementale et sociale au coeur de leur projet. Donc l'arrêt de la croissance. Tous les autres ne méritent aucune considération : ils ne comprennent rien de ce qui se passe.

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui songe à ses querelles
Fou qui fait le délicat
Au coeur du commun combat

De manière plus générale, en ce moment, tout ce qui n'exprime pas, de près ou de loin, la conscience que la Vie - pas seulement humaine, ni actuelle, ni visible - est absolument précieuse, ne m'intéresse pas. Faisant fi de ma propre existence, une seule chose m'importe, au final : que la biosphère dans toute sa riche diversité soit préservée des outrages que l'humanité avide lui fait subir. 

Photo : épis de petit épeautre, Alpes Maritimes
Poème : Extrait de "La rose et le réséda", Louis Aragon

 

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23 janvier 2017

Tomber en décroissance

« Je suis tombée en décroissance comme certains tombent amoureux, comme une espèce d’évidence. Du jour au lendemain, plus aucun compromis ne devient envisageable…. On a beau être écologiste convaincue depuis toujours, tomber en décroissance c’est ouvrir les yeux, d’un coup, d’un seul, sur les contradictions de nos choix de vie personnelle, professionnelle, associative… La transition qui s’amorce dès lors, plus ou moins difficilement, douloureusement, reste passionnante et enrichissante. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne sait pas ce qu’il restera à la fin.

Tomber en décroissance, c’est vivre un deuil progressif, voire soudain, d’un imaginaire sociétal dans lequel nous nous étions construits, avions projeté notre avenir… et faire face rapidement à un sentiment d’impuissance abyssal qui nous pousse à aller à la rencontre de ceux qui sont déjà en chemin, de manière boulimique parfois (paradoxalement !), comme pour combler ce vide « conceptuel » brutal…

Tomber en décroissance, c’est accepter que nos rêves et notre réflexion se radicalisent… un temps, ou longtemps. Parfois nos positions se ferment de manière obstinée à tout ce qui composait l’ « avant », sans aucune indulgence vis-à-vis des autres, mais surtout de nous mêmes… Cette forme de radicalisation apporte son lot de clivage et d’incompréhension vis-à-vis de nos proches, sceptiques, et crée un sentiment de manque de souplesse… réel, un temps, ou longtemps… Les risques de repli sur soi, sur un collectif unique peuvent être grands… et pourtant…

Tomber en décroissance c’est avant tout essayer de ne pas reproduire les modèles individualistes et égoïstes que la société capitaliste nous propose. C’est inventer d’autres archétypes. Il s’agit, à mon sens, d’une démarche profondément intime et humaniste… en proposant des rapports ardemment respectueux et soucieux de l’autre, sans se désolidariser de nos contemporains en reniant notre appartenance à un corps social, ou en alimentant des comportements sécessionnistes, voire haineux. Devenir radicale en défendant des idées telles que celles portées par la Décroissance, c’est avant tout s’occuper des autres, en leur donnant toute leur importance, tellement celles-ci sont empreintes de partage, de solidarité, convivialité… »

Texte complet à lire ici : Je suis tombée en décroissance comme on tombe amoureux

 

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Posté par Couleur Pierre à 22:31 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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22 janvier 2017

Je fais quoi, maintenant ?

Fin d'un monde, épisode 10

Ne voulant me satisfaire des éléments préoccupants que je propose ici depuis quelques semaines, j'ai cherché sur internet des avis éclairés pouvant les contredire. Hormis les opinions de trolls et commentateurs lambda, refusant de croire au choc à venir, il n'y a pas grand chose de sérieux à se mettre sous la dent. Le flux médiatique général n'évoque quasiment rien de ce genre et les divers programmes politiques promettent d'oeuvrer au retour prochain de la croissance.

Alors peut-être ai-je une approche partiale, mais plus je cherche et plus ce que je trouve confirme mes inquiétudes. Par exemple cette courte [12 minutes] mais percutante vidéo de Gaël Giraud, chef économiste de l'Agence Française de Développement.

 

Effondrement financier, économique, écologique, démographique, énergétique...

 

Bon, je vous la propose pour le fun mais pour moi c'est maintenant clairement acquis : on y est. Ayant désormais pris acte de cette réalité incontournable, que fais-je ? Et bien je m'informe sur des solutions, en vue d'éviter le pire. Notamment tout ce qui tourne autour de la Décroissance. Le champ des possibles est immense et je me rends compte que les initiatives fourmillent un peu partout dans le monde, et ce depuis longtemps. C'était d'ailleurs la thèse du film "Demain"... que j'avais un peu oublié tant il est finalement peu question dans les médias - qui font les opinions et les conversations - des réalités de notre proche avenir. On nous parle d'une foule de choses... sauf de l'essentiel !

Vous en entendez souvent parler, vous, de la décroissance ? Je veux dire, autrement que comme un truc de farfelus new-âge prônant le fameux "retour à la bougie" repoussoir ? Mais peut-être est-ce moi qui n'ai pas porté suffisamment attention à cette notion de décroissance, dont j'ai pourtant eu connaissance depuis longtemps. Peut-être n'avais-je pas vraiment "percuté", comme on dit...

Mais la Décroissance c'est quoi, au fait ?

La Décroissance, selon une version "éducative" est présentée sous un jour plutôt niais quant aux solution présentées. On va dire que c'est pour les enfants...

La Décroissance selon une version pour adultes propose une brève, mais honnête, présentation des enjeux. Hélas la conclusion met tout par terre : les solutions proposées par les partisans de la décroissance seraient « utopiques ». Ben voyons... ne changeons surtout rien au système en cours, tellement parfait, et continuons à attendre le retour à la croissance.

La version Wikipédia de la Décroissance va heureusement plus loin, de même que le site du Parti de la Décroissance (qui parle aussi d'acroissance, à l'instar de l'atheisme).

À titre d'exemple, voici une courte vidéo présentant quelques initiatives de décroissance :

Réflexions sur la décroissance (Mouvement politique des objecteurs de croissance)

 

 

Posté par Couleur Pierre à 16:40 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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