Alter et ego (Carnet)

10 septembre 2017

Quand la vie dévore les rêves

« J’ai lu cet été toute une série de romans « post-apocalyptiques » : Imaginer la pluie, La parabole du Semeur, Dans la forêt, La femme tombée du ciel… C’est une chose curieuse que de lire ces romans dont certains décrivent une société à feu et à sang, privée d’électricité, d’eau potable, de fraternité... de vivre par procuration l’effondrement d’une société, installée au calme sur ma terrasse, entourée de tant de beauté. C’est une chose curieuse que de lire l’anticipation de ce que l‘on redoute et combat toute l’année. Emballement climatique, pénurie des biens essentiels à la vie, accidents chimiques, rupture des liens sociaux, guerre pour l’accaparement des ressources, effondrement mais aussi redécouverte d’une autre humanité… Cela m’a plongée dans des abîmes de perplexité sur la course du monde, de réflexion sur mon propre discours, de recul sur ma contribution et ma part de responsabilité. »

Extrait de "Un été entre fiction et réalité", chronique de Corinne Morel Darleux parue dans Reporterre

 

La dernière phrase citée - celle que j'ai mise en gras - rejoint parfaitement ma perception de la situation. Et plus précisément ces jours-ci, alors que je m'interroge sur l'opportunité de m'offrir un voyage lointain (un des rares domaines où mes rêves ne sont pas en panne...). Il m'est en effet impossible de faire abstraction des conséquences environnementales d'une telle action. Du coup j'hésite et tergiverse. Partir ou renoncer au voyage ? Vivre un rêve, encore, tant que c'est possible, ou tenter d'être cohérent en restant au plus près d'un mode de vie "sobre" ?

« Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve » écrivait St Exupéry.
Magnifique idée... mais peut-on continuer à penser ainsi aujourd'hui ?

« Dis toi que de toutes façon l'avion partira, avec ou sans toi » me suggère t-on. Certes. Mais si tout le monde renonçait l'avion ne partirait pas... Chacun de nous dispose du pouvoir de changer de mode de vie. En même temps... il est difficile de se priver quand tant d'autres ne se limitent pas. Faudrait-il renoncer par anticipation, par sagesse et conscience, ou au contraire peut-on continuer dans une relative insouciance... jusqu'à ne plus avoir le choix ?

Comment peut-on encore rêver quand de multiples renoncements à venir assombrissent l'horizon ?

 

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01 septembre 2017

Rêveur en panne

Le chemin qui passe par les mots, et qui était devenu si familier, semble s'être ouvert sur un grand désert blanc. Sans aucune trace à suivre, sans direction, sans repères. Libre horizon. Le silence méditatif y est de circonstance. Comme si les éléments du paysage n'avaient pas suffisamment de relief pour en tenter le partage. Ou que je n'en aie pas le courage.

Et pourtant, le monde n'a pas changé. Toujours aussi grave et dérisoire, douloureux et merveilleux, parfaitement injuste, il offre autant d'occasions de se réjouir que de se révolter.

Mon regard aurait-il changé, alors ?
Ou bien mes rêves ?

« Dans la vie, on apprend à renoncer à certains rêves, et pour cela, rien ne vaut de s'en fabriquer d'autres, de nouveaux rêves intacts et encore possibles. C'est sans doute une des plus grandes leçons que la vie donne aux rêveurs. »

Ces quelques phrases, écrites par une amie proche, m'ont offert des amorces de réponses.

« Les rêves, on se les fabrique ou bien ils naissent en nous ? On les décide ou bien ce sont eux qui nous inspirent ? Peut-on renoncer à nos rêves ou bien seulement à ceux qui n'étaient pas assez puissants ? Questions que pourrait avoir un rêveur un peu en panne. »

Oui, c'est ça : je suis tombé en panne de rêves...

 

 

 

En attendant qu'ils veuillent bien revenir, ou que je trouve comment les raviver, voici quelques photos glanées dans mon paisible et bienheureux quotidien...

 

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Générosité jardinière...

 

 

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17 août 2017

Ligne de crête

Ne pas partir en vacances durant l'été n'empêche nullement de faire quelques escapades en montagne. Une fois de plus dans un secteur que j'affectionne particulièrement : l'ondulante ligne de crête qui cisèle les hauts plateaux du Vercors. À son extrémité sud, elle marque la limite entre les départements de la Drôme et de l'Isère. D'un côté des prairies en pente douce, de l'autre des falaises abruptes. Terres de contrastes...

 

IMGP2479_001Les deux sommets les plus emblématiques du Vercors : le Mont Aiguille et le Grand Veymont

 

 

 

IMGP2485Vallon de Combeau, côté Drôme

 

 

 

IMGP2564Les méandres de la ligne de crête avec, au fond, le massif du Dévoluy (Isère et Hautes Alpes)

 

 

 

 

IMGP2571Fin de journée, avec développements nuageux sur les sommets.

 

 

 

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11 août 2017

« Alors, quoi de neuf ? »

Hier soir, alors que je venais d'arriver chez mes parents pour partager un moment, mon père, rituellement, me lance un énergique « Alors, quoi de neuf ? ». Tout aussi invariablement je lui réponds, nonchalant, « boh, pas grand chose... », me montrant peu réactif à son accroche. J'ai bien conscience qu'elle est censée ouvrir la discussion en s'appuyant sur les nouvelles fraîches que je pourrais apporter, mais ça ne fonctionne pas vraiment.

J'y retrouve, sous une autre forme, le traditionnel « à quoi tu penses ? », jadis asséné avec une tape sur la cuisse, chaque matin, dans la voiture qui me conduisait au lycée de la ville voisine. Déjà il s'agissait d'une invitation à l'échange qui, alors, n'opérait pas. Après que j'aie répondu « à rien », la brèche qui avait brièvement rompu la compacité du silence se refermait aussitôt. Magistrale incommunication entre un père et son fils, étrangers incapables de se dévoiler l'un à l'autre.

Quelques décennies plus tard les deux bougres ont quelque peu évolué et une conversation minimale peut prendre place. L'engrenage des mots fonctionne à peu près, chacun apportant de quoi l'alimenter. L'échange n'est certes pas très fluide, puisqu'il contourne soigneusement les profondeurs personnelles, mais permet d'éviter l'épaississement des silences. D'ailleurs il suffit que ma mère soit présente pour que l'échange s'anime, invitant au rire et à la légereté. Côté père le sérieux, le réfléchi, l'argumenté, le pragmatique, le factuel. Côté maternel le léger, l'émotionnel, l'interprétatif, le consensuel, le fantaisiste. J'ai grandi entre des polarités pas nécessairement compatibles, s'opposant fréquemment et pas toujours sainement. J'en ai développé une prudence, une mesure, une sensibilité qui, selon ce que je perçois des situations et surtout des personnes, favorise ou inhibe mon expression. Avec un doute tenace : est-ce que ce que j'ai à dire est suffisamment intéressant ? Le plus souvent je suis silencieux plutôt que bavard.

Lorsque mon père me demande « quoi de neuf », j'entends « quoi de suffisamment intéressant pour que tu nous le racontes ». D'où ma réponse : « boh, pas grand chose ». Ou une variante, « rien de neuf ». Toutefois, afin de ne pas en rester là, j'ajoute généralement que tout va bien et enchaine immédiatement en retournant la question : « Et vous, quoi de neuf de votre côté ? » J'autorise ainsi l'ouverture des vannes, à savoir une litanie de nouvelles peu réjouissantes concernant la maladie de ma mère, des comptes-rendus de visites médicales et diverses démarches, voire l'annonce du décès de untel ou la dégradation physique ou mentale de tel autre de leurs amis. Ces "nouvelles" n'en sont pas toujours, mes parents ayant tendance à répéter le moindre évènement à chaque personne leur rendant visite. J'écoute poliment, sans leur dire qu'ils radotent. Cela ne ferait qu'accroitre leur malaise face au naufrage que représente leur vieillesse. Après, une fois que l'aspect sombre et angoissant s'est écoulé, viennent les nouvelles plus réjouissantes (mais souvent rabachées aussi...) concernant leurs enfants et petits-enfants, lumières de leurs jours vacillants. S'intercalent aussi des questions sur les miens, auxquelles je réponds rapidement. Je m'en tiens aux faits dont j'ai connaissance, évitant ce qui pourrait donner lieu à commentaires déplacés, interprétations et jugements hasardeux. Prudence et discrétion.

J'évoque ici mes parents mais la question du « suffisamment intéressant pour être raconté » fait partie intégrante de mon rapport aux autres. Avec, en parallèle, le souci de ne pas porter atteinte aux tiers dont je peux parler. Un mélange de retenue et de prudence qui fait que je m'exprime peu, et seulement avec des personnes en qui j'ai confiance. J'ai besoin de sentir un intérêt fort pour ce que je raconte, mais aussi d'être certain qu'il n'en sera pas fait mauvais usage. Ces exigences font que le cercle des interlocuteurs potentiels est restreint.

Mais ce n'est pas tout : je ne peux vraiment entrer en relation avec une personne que si je la sens suffisamment "positive", consciente, responsable, capable d'auto-critique, de recul. Qu'elle ait le sens de la nuance et que le doute la traverse régulièrement (mais pas trop...). Au final je crois que cela représente peu de monde, dans mon entourage...

Si j'y ajoute la crainte d'être envahissant et que je la double d'une tendance à me sentir vite "obligé" à des devoirs de politesse, on comprendra que j'ai accentué un attrait naturel pour l'isolement. C'est l'option qui m'a été la plus confortable, évitant la confrontation directe à autrui. Du moins dans une certaine mesure. Car l'inconvénient majeur de la solitude c'est qu'elle n'est guère propice au partage approfondi que j'affectionne. Je ne peux pas me planquer comme un sauvage indéfiniment.

Durant une quinzaine d'année l'ère d'internet m'a permis de contourner l'obstacle. Journal extime et correspondances, puis blog et échange de points de vue (via les "commentaires"), m'ont offert de bons et beaux partages sans prendre trop de risques. J'ai ainsi longtemps bénéficié d'une abondante nourriture intellectuelle, émotionnelle, affective, en particulier lorsque les rencontres en face à face ont été possibles. Je croyais avoir trouvé l'Eldorado : l'altérité à volonté. Hélas, depuis quelques années, dans cet univers virtuel en expansion continue et où proximité, distance et immédiateté sont de plus en plus distordues, j'erre en perdant peu à peu mes illusions. Traînant ma frustration dans la surabondance, je fais finalement face à une sensation croissante de... vacuité. Ou peut-être, paradoxalement, de solitude. Ayant bien conscience d'avoir moins à dire, ou alors autre chose, je cherche un ton nouveau. Sans succès jusque là. Hésitant entre quitter et rester, grapillant de-ci de-là quelques jolis fragments de la richesse humaine qui m'a attiré là, je me demande s'il ne me manquerait pas de nouvelles sources relationnelles. Je pressens qu'elles pourraient se trouver ailleurs, en des lieux inexplorés mais plus incarnés. Indépendamment de cela l'expression publique et le partage d'impressions qu'elle permet ont probablement encore un rôle à jouer pour moi, à préciser. Le temps m'y aidera.

J'aurais pu répondre cela à mon père, hier soir, mais je ne suis pas sûr qu'il aurait bien compris...

 

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 Ambiance estivale : Campanules dans la prairie

 

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24 juillet 2017

Répondre à la question

Deux réponses à la grande question du « Pourquoi écrire ? ».


L'écriture
 (5 minutes)

En introduction de l'émission la réponse de Patrick Modiano, lors du discours qu'il a prononcé à la réception de son prix Nobel de littérature. Ensuite le court développement de Christophe André, qui vante les vertus de la mise en mots de la vie intérieure. D'un côté la Littérature, la grande, de l'autre l'écriture ordinaire, pas moins enrichissante.

« Dans l’écriture de soi, on n’aspire à rien d’autre qu’à décrire sa vie intérieure. Pas d’ambition artistique ni stylistique. On accepte la simplicité, la banalité, l’ordinaire. »
Christophe André

 

« J’appartiens à une génération où on ne laissait pas parler les enfants, sauf en certaines occasions assez rares et s’ils en demandaient la permission. Mais on ne les écoutait pas et bien souvent on leur coupait la parole. Voilà ce qui explique la difficulté d’élocution de certains d’entre nous, tantôt hésitante, tantôt trop rapide, comme s’ils craignaient à chaque instant d’être interrompus. D’où, sans doute, ce désir d’écrire qui m’a pris, comme beaucoup d’autres, au sortir de l’enfance. Vous espérez que les adultes vous liront. Ils seront obligés ainsi de vous écouter sans vous interrompre et ils sauront une fois pour toutes ce que vous avez sur le cœur. »
Patrick Modiano - Discours de réception du prix Nobel

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17 juillet 2017

Longévité

Allez, un petit billet explicatif...

Ben oui, je n'ai pas tenu mon défi d'écrire un billet par jour pendant le mois de juillet. Inspiration niveau zéro.
Un premier jour le défi est passé à la trappe, puis deux, trois... Au début j'ai bien tenté d'esquisser quelques mots mais la pauvreté de qui m'est venu ne m'a pas emballé, c'est le moins qu'on puisse dire. Alors je n'ai pas insisté. C'est un principe : ne pas forcer si l'envie d'écrire n'éclot pas.

Idem pour la publication de photos : si ça n'a pas de sens pour moi, je m'abstiens.

Résultat : deux semaines sans une ligne ! Deux semaines dont je ne garderai pas trace.
Deux semaines durant lesquelles je n'aurai pas écrit « pour toi, pour moi, pour vous », selon la réponse que me suggérait aimablement Célestine à la lancinante question du « pour qui ? ». Et oui, même pas pour vous qui me faites l'honneur et le plaisir de me suivre. En fait, savoir que l'on me lit agit autant comme un stimulant (envie de partager, de "donner") que comme un frein (quoi dire d'intéressant ?). En particulier lorsque je ne suis pas porté par un quelconque enthousiasme...

Je n'en fais pas mystère : écrire ici m'est parfois difficile. C'est laborieux. Âpre. Rugueux. De plus en plus, me semble t-il. L'exubérance stimulante des débuts s'est affadie depuis longtemps. L'inspiration, fugitive, se raréfie. L'enthousiasme s'étiole, la spontanéité s'érode. Et la satisfaction finale est rarement au rendez-vous.

Wow ! Sombre tableau !
Mais suis-je vraiment objectif ?
Non, assurément. Et certainement trop exigeant.

 

Alors que je doute sur la suite à donner, je vous propose de suivre mon cheminement dans les arcanes de l'écriture d'un blogueur au long cours.

Douze ans de blog, dix-sept d'écriture en ligne... ça commence à faire un bail. Pourtant je ne crois pas que cette longévité soit la cause principale de ma désaffection. Non, voyez-vous, je pense plutôt à l'essoufflement d'une dynamique qui, longtemps, me fut essentielle : le déséquilibre. Comme en vélo. Tant que l'insatisfaction, la frustration, la difficulté, la révolte, l'incompréhension, tiraillaient mon existence, elles m'obligeaient à rester en mouvement. J'étais constamment poussé vers une recherche de pacification intérieure. Or il me semble avoir atteint un état de sérénité relativement stable. Ou du moins un état d'équilibre suffisamment satisfaisant pour m'en contenter [bien que l'idée d'une stagnation soit de nature à m'insatisfaire...]. Dès lors, la motivation originelle étant tarie, je ne m'attends pas à ce qu'elle jaillisse de nouveau. Ce serait plutôt mauvais signe, d'ailleurs, que de voir revenir les temps troublés générateurs d'écriture...

Il me faudrait donc faire émerger d'autres motivations... si toutefois je veux continuer à écrire. Mais en ai-je vraiment envie ? Je ne crois pas faire partie de ceux pour qui l'écriture serait intrinsèquement "vitale". Je n'ai aucune prétention littéraire et ne suis nullement attiré par la moindre forme de fiction. Mon écriture, d'essence autobiographique, fondamentalement, est avant tout régulateur émotionnel et outil d'auto-analyse. En toute logique, elle perd donc progressivement cette fonction avec l'installation de l'équilibre qu'elle vise. Dès lors, l'extinction, ou du moins la raréfaction de l'écriture, est inévitable...

Ce serait donc simple : durant les périodes d'étiage, j'arrête. Je disparais. Sauf qu'avec la publication sur internet j'ai découvert un plaisir ineffable : le partage et l'échange (d'émotions, d'idées, de sympathie, de connaissances) et l'amitié qui pouvait éventuellement en naître. C'est incontestablement cette fonction sociale, relationnelle et affective, qui m'a permis de prolonger l'expérience aussi longtemps. Pour un solitaire épris de liberté, un tel apport est loin d'être négligeable. La distance reste néanmoins un obstacle relationnel qui impose bien des limites. Sur ce point, entre avantages et inconvénients, j'ai toujours été ambivalent.

Et maintenant ?

Actuellement l'écriture analytique n'a, pour moi, plus de sens. Plus de nécessité [quoique...]. Je n'y recours quasiment plus. Par pudeur retrouvée, sans doute. Par prudence, aussi. L'écriture en partage, quant à elle, me semble avoir perdu la consistance qu'elle avait autrefois. Mais peut-être est-ce parce que je suis devenu plus exigeant ? Ou un peu blasé ? Ou que je ne trouve pas vraiment l'écho que j'aimerais ?

Perte de sens et d'attrait, donc.

Mais surtout, et c'est probablement l'élément le plus significatif... l'émotion n'est plus là. Je ne vibre pratiquement plus, ni en écrivant, ni en lisant. Il n'y a plus de surprises, plus d'effet de déflagration, plus de tripes retournées ni de coeur chaviré. Plus l'envie d'écrire sur le champ une missive enthousiaste à l'auteur(e) d'un texte qui m'aurait bouleversé ou particulièrement séduit [mais y en a t'il eu tant que ça autrefois ?].

Oh bien sûr mon paysage bloguesque reste fort sympathique ! Il n'a rien de désagréable, assurément. Je peux lire de jolies choses, les échanges sont aimables, les compliments sont plaisants, les amabilités sont douces, les réconforts bienveillants. Positivisme et gentillesse à profusion. Mais... est-ce vraiment que je cherche ? Est-ce pour trouver cela que j'écris ? [niet !] Quant aux voix dissonantes et acerbes qui, jadis, pouvaient me perturber - et donc stimuler ma réflexion - elles sont devenues rarissimes.

Bref, tout cela est un peu... plat. Et quel relief pourrais-je apporter ? Pas grand chose...

En fait mon problème c'est peut-être que... tout va bien ! En tout cas rien ne va mal. Ni heurts, ni tensions, ni grandes réflexions. Mon existence me satisfait. Comme chante Cabrel, « la vie me donne c'que j'attends d'elle » [et là le secret c'est de ne pas avoir trop d'attentes, hein...]. Il y a bien quelques manques, par-ci par-là, mais qui n'en ressent pas ? Et puis à quoi bon en parler, quand l'action ou l'acceptation sont les seuls remèdes ?

[hum... que voila un paragraphe qui mériterait que je m'attarde sur le paysage de morne plaine qu'il décrit]

Hors de ma bulle égocentrée, par contre, le monde ne va pas pas très bien. L'humanité, dans son rapport à la nature, marche sur la tête. Au sein du milieu qui nous permet de vivre trop de gens ont un comportement destructeur, oppresseur, pilleur, et finalement collectivement suicidaire. Ça me concerne, ça m'interpelle, ça me désole, ça m'enrage, ça m'inquiète. C'est donc plutôt autour de cette situation, qui vient tourmenter mes émotions, que je pourrais voir émerger des velléités d'écriture. Peut-être.

En attendant, ne vous inquiétez pas si le silence venait prendre ses aises sur ce blog devenu un peu terne à mon goût... 

 

[PS : "travaillé" depuis une semaine, ce texte ne me plaît toujours pas au moment où je le mets en ligne]

 

 

 

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04 juillet 2017

Le voyage impossible

Sur le thème du voyage, de l'évasion, de l'ailleurs... je vous propose de "visiter" en photo des lieux vus aujourd'hui mais où vous ne pourrez jamais entrer. Impossible ! Je vous laisse vous y projeter par l'esprit, imaginer, et ainsi effectuer une sorte de voyage mental.

Petite précision : en réalité on peut passer presque instantanément d'un de ces lieux à un autre. Et ils ont tous un point commun. 

 

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Une chambre de bonne

 

 

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Une cuisine de ferme

 

 

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Une chapelle dans un sale état

 

 

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Une épicerie "comme autrefois"

 

 

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encore (parce que ça me rappelle mon enfance)

 

 

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Un couloir sombre qui donne sur la rue

 

 

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Un réfectoire de pensionnat

 

 

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Un appartement déco

 

 

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Un appart' bordélique (et non, ce n'est pas chez moi)

 

 

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Une salle à manger prestigieuse

 

 

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La grande galerie d'un musée

 

 

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Une prison

 

 

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Une vieille voiture qui sert de poulailler (regardez le siège)

 

 

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Un hangar désaffecté

 

Avez-vous trouvé le point commun ? 

Non ?

Regardez de près. Il n'y a rien qui vous intrigue ?

Toujours pas ?

Alors un indice...

 

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Un atelier de...

 

Oaaah, là c'est trop facile ! 

 

* * *

Réponse du lendemain : ces reconstitutions d'intérieurs sont des miniatures visibles au Musée miniatures et cinéma de Lyon. L'échelle est de 1:12eme et il faudrait mesurer une quinzaine de centimètres pour y entrer. Le volume des pièces reconstituées représente l'équivalent d'une boite à chaussure, d'un micro ondes ou d'un frigo pour les plus grandes. Le niveau de précision des détails est époustouflant.

 

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03 juillet 2017

Privilégié

Alors que s'annonce la période des "grandes vacances", indéniablement caractérisée par le basculement de ma radio préférée sur ses programmes d'été, je m'apprête à reprendre le travail. Presque avec plaisir. Je fais en effet partie de ceux qui choisissent de rester quand les autres partent. Pour moi c'est avant ou après, mais jamais pendant les grandes migrations vacancières.

J'apprécie ce décalage, précieux avantage. Il me permet de profiter d'une période bénéfique de calme relatif. Il m'offre un temps à part. Le ralentissement généralisé de l'activité va imposer son rythme estival, presque nonchalant. Détendu. Il atteindra son apogée au mois d'août, entrant dans un quasi coma. Et en septembre, quand l'activité reprendra... je pourrai à nouveau m'accorder quelques semaines de congés.

C'est une chance de pouvoir en choisir les dates à sa guise. Délivré des contraintes liées aux rythmes scolaires, je peux partir quand je veux. Ou ne pas partir. Car j'aime aussi rester chez moi, en toute tranquillité, profitant d'un calme incommensurable.

Si je devais définir le terme "vacances", la première idée qui me vient c'est "évasion". Ou liberté. La seconde, peut-être plus importante encore, c'est la notion de calme. Celui qui est propice à l'intériorisation, à l'immersion, à la perception sensorielle. C'est pour cette raison que je goûte fort peu aux regroupements humains et fuis, autant que possible, les concentrations. Donc les lieux touristiques, malgré l'attrait qu'ils peuvent présenter. Je ne les fréquente qu'à petite dose... pour mieux apprécier d'y échapper. Quelle meilleure sensation que de se sentir seul, spectateur privilégié, dans un lieu grandiose ?

 

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Pointe de Landunven, extrême ouest du Finistère - Juin 2016

 

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02 juillet 2017

L'appel du phare

Écrire ? Pourquoi ? Pour qui ?

C'est la question qui me tarabuste, parfois, quand l'envie d'écrire ne trouve plus la vague qui pourrait la porter. Comme si je ne trouvais plus mon cap. Comme si la voile qui, jadis, me menait loin au large ne trouvait plus son vent favorable. Je fasseye, j'hésite, je tergiverse. Et finalement je tourne en rond...

Rentrer au port ? Rester sur le quai ? Renoncer ? Et puis quoi encore !
Mais assez de métaphores marines ! S'il n'y a plus de vent je sors les rames ! Je n'irai peut-être pas loin, mais au moins j'aurai essayé d'avancer.

Je réponds donc à l'appel de phare de mon amie Célestine : en ce mois de juillet, un billet par jour. Ou au moins une photo...

 

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Phare de la Vieille - Pointe du Raz - Juin 2016

 

 

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01 juillet 2017

Parenthèse

Juin s'est achevé sans que je n'en aie esquissé ici les contours. Concurrente de l'écriture, la vie m'a porté ailleurs.

Fragments
L'été précoce rendait l'air du dehors attrayant. En soirée, j'ai préféré l'heure de nature à l'ordinateur.
Les fins de semaines, elles, furent festives. L'une s'est déroulée dans mon jardin, avec pas moins de soixante invités pour les trente ans de ma fille. Grand nettoyage avant. Passage de la vague vivante, déferlante sonore et chaleureuse ; grand nettoyage après. Puis retour au silence, au calme et à la solitude. Ma préférence.

En semaine réunions, conférences et animations diverses. Écologie et transition, mais pas que. Lectures à l'avenant. Poursuite de la réflexion de fond sur notre devenir commun, avec pas mal de circonspection et de perplexité.

Premières récoltes dans mon potager en permaculture.
Des travaux d'aménagement et de rénovation, enfin entrepris après des années de procrastination. Retrouver le plaisir de manier pelle et pioche, me réjouir de voir la vieille charpente être restaurée par un artisan local. Songer à d'autres projets, toujours en lien avec la transition écologique. Se préparer à l'après...

Les élections législatives suivies de loin. Constater l'inadéquation d'un système obsolète. Moult lectures, réflexions et échanges autour de la démocratie. Démobilisation.

Ce blog en déshérence.

Écrire ? Pourquoi ? Pour qui ?

 

Et puis... parenthèse. M'accorder un temps d'évasion. Partir, changer d'air, prendre le large, mettre les voiles.

 

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Ni Bahia, ni Bali : simplement l'ïle de Batz
(Jardins Georges Delasselle)

 

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Finistère et Côtes d'Armor, terres d'océan et de ciel, de granit et de sable, d'effluves marines.

 

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Ménez ham

 

 

 

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Aber Wrac'h

 

 

Quelques jours hors du temps. Respirer. Parler.

Et revenir. 

Écrire ? Pourquoi ? Pour qui ?

 

 

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 Démultiplication à l'infini par effets de miroirs.
(Festival International des Jardins de Chaumont sur Loire)

 

 

 

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