Alter et ego (Carnet)

18 mai 2015

Faim

Je ne suis pas très content de moi : j'aurais pu profiter bien davantage de ma dizaine de jours de vacances. Certes je suis parti sous d'autres cieux, mais peu de temps. Des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont contraint à revenir plus tôt que prévu chez moi... où je suis bêtement resté. Or j'aurais très bien pu reprendre ma voiture et trouver, à quelques heures de route, une infinité de possibilités d'évasion !

Oui mais j'ai tout de suite pensé au week-end prolongé que n'auraient pas manqué de s'octroyer "plein de gens", en imaginant une grosse circulation, des masses de touristes... Beark ! Et puis la météo annonçait un retour du froid. Brrr... Et partir tout seul... Boaf.

Résultat : j'ai pas bougé !

C'est d'autant plus idiot qu'initialement j'avais pensé m'offrir un petit voyage solo en quelque lieu dépaysant sans être trop lointain. Sauf que, voulant répondre à de vagues engagements que j'avais imprudemment laisser supposer, je me suis laissé faire en abandonnant mon projet. Une fois de plus j'ai voulu être gentil et je me suis fait passer après autrui. Pouark, détestable ! Mais quand est-ce que je saurai me faire passer avant l'autre ?

Bon, ce n'était pas désagréable du tout, bien au contraire, et j'ai pris du plaisir à partager de bons moments. Soleil, ciel bleu, palmiers. Un avant goût d'été. Mais... c'était court. Trop court. Je n'ai donc pas eu ce que je désirais : une vraie évasion. J'aurais pu entreprendre de quoi compléter la première partie mais je ne l'ai pas fait. Tant pis pour moi ! Ça m'apprendra à ne pas tenir mes engagements envers moi-même !

En fait j'ai des difficultés à quitter mon environnement tranquille. Mais j'en ai autant à y revenir : quand je suis loin (même si ce n'est pas très loin...) je resterais volontiers dans ce "hors-temps" que je trouve dans l'ailleurs. Le changement de rythme et d'habitudes me dérange autant dans le mouvement que dans l'immobilisme. Loin, j'oublie tout : travail, maison... et internet. Je me coupe de tout, et surtout de l'info, du stress, d'un quelconque programme. L'inspiration est mon guide. Liberté !

J'étais loin, donc. En revenant chez moi il m'a fallu du temps pour me "reconnecter" au monde (très peu), à internet (beaucoup)... et je n'ai plus su m'en décrocher. Pfff... j'aime pas ça !

Bon, quand je dis "internet", je pense surtout aux interactions que cela permet. Ce désir toujours latent de partager, d'échanger, d'explorer, de ressentir une vibration particulière. Une autre forme de voyage, en somme : en soi, vers l'autre. Aller à la rencontre de l'exotisme de l'autre, de sa part d'inconnu. Trouver nourriture à partager.

Il m'arrive d'en avoir faim.

 

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Massif de l'Estérel

 

 

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15 mai 2015

Un zeste d'exotisme

Changer d'environnement n'a pas son pareil pour se changer les idées. Le voyage dilate le temps et ouvre l'espace autant que l'esprit. Quelques jours de vacances ont suffit pour me déconnecter totalement du travail et retrouver un enthousiasme qui me faisait défaut. 

Saurez-vous deviner où je suis allé ?

 

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 Il y fait chaud...

 

 

 

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il y a du soleil...

 

 

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des arbres exotiques...

 

 

 

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Serait-ce en Amérique sub-tropicale ?

 

 

 

 

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En nouvelle-Zélande ?

 

 

 

 

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En Asie ?

 

 

 

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En Afrique du Sud ?

 

 

 

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Ces fleurs en proviennent...

 

 

 

 

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Dans l'aridité d'un désert ?

 

 

 

 

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Aucune de ces destinations lointaines,
mais un peu de toutes à la fois.

 

 

 

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En bordure de Méditerranée

 

 

 

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En un lieu préservé.

 

Le Domaine du Rayol, géré par le Conservatoire du Littoral

Une destination que je conseille aux amateurs de plantes exotiques et de nature préservée. La végétation spontanée se mélange avec les espèces introduites, en créant des scènes presque "naturelles". L'entretien y est volontairement réduit afin de laisser aux plantes la possibilité de se reproduire et de contribuer ainsi à une grande biodiversité. Ce lieu est tout simplement enchanteur...

 

 

 

 

 

 

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08 mai 2015

Un beau matin

Ce matin, en ouvrant mon ordinateur, je trouve le mail chaleureux d'une personne qui, par le regard enthousiaste et positif qu'elle porte sur l'existence, m'a touché. Lire ses mots m'a vraiment fait du bien, en me mettant un sourire dans la tête de bon matin :)

De plus en plus je prends conscience de l'importance qu'ont, pour mon équilibre intérieur, les personnes résolument optimistes. Optimistes et néanmoins lucides, conscientes de leur part de responsabilité dans ce qu'est le monde, agissant pour le rendre meilleur.

Dans les commentaires suivant mon précédent billet je trouvai aussi, en ce matin encore ensoleillé, quelques marques de sympathie et d'attention, si ce n'est d'affection : des mots, des pensées, un texte, une musique. J'avoue que tout cela m'a fait vraiment plaisir. Mieux : cela m'a nourri !

Il y a quelques années un petit logo était apposé sur certains blogs : "Vos commentaires nourissent mon blog". C'est une évidence très juste : sans commentaires mon écriture serait différente, tant dans sa tonalité que dans sa fréquence. J'aime ressentir la présence de mon lectorat et la voir s'exprimer dans une certaine convivialité - quoique j'apprécie que cette dernière reste plutôt discrète. Le dosage entre sympathie et juste distance est assez subtil à établir. Un excès de familiarités peut rebuter ceux qui ne se sentent pas intégrés dans un cercle, ou n'osent pas s'y inclure. À l'inverse, des commentaires sans marques d'affect peuvent donner une ambiance austère, "sérieuse", tout aussi rebutante.

Mais les commentaires font autre chose que nourrir mon blog : ils me nourrissent. Ce n'est évidemment pas leur nombre qui me nourrit, mais l'intention et l'attention exprimées. C'est ce que vous y mettez de vous. Je ne saurais me satisfaire de "Like" au pouce levé : ce que j'aime c'est sentir que quelque chose vous a touché et, en quelque sorte, vous a aussi nourri. Et ce que j'aime... c'est que vous m'en disiez quelques mots. Ce n'est même pas que j'aime, c'est que j'en ai besoin ! Ou disons que cela me fait du bien. C'est ce qui me stimule et me pousse à continuer. J'ai toujours considéré l'expression en ligne comme un moyen de rencontre basé sur le partage.

Il arrive, comme en ce moment, que j'aie moi-même peu à partager. Peu à offrir. Dans ces phases-là je n'écris plus beaucoup et donc, forcément, vos interventions en retour se tarissent. Je ne bénéficie alors plus de cette "nourriture" que vos mots peuvent m'apporter. Périodes de silence relatif, à prendre comme telles : respirations, repos, moments de calme. Le flux reviendra quand ce qui oeuvre à mon insu dans mes profondeurs cherchera à s'extérioriser. En cela votre présence amicale, votre fidélité, et je dirais même votre confiance, me sont importantes...

Il y a quelques jours la personne qui m'a écrit ce matin me faisait part, après avoir parcouru mon blog, de son désir de bénéficier elle aussi de retours de la part de son lectorat, encore réduit. Je ne peux que comprendre ce souhait d'audience, non en termes de nombre de lecteurs mais pour les échanges que cela permet. Parce qu'elle le mérite, je vous parlerai d'elle prochainement...

En attendant, je m'octroie quelques jours de vacances !

 

Et puisque ce billet résonne curieusement avec un échange sur le même thème chez Célestine, je lui dédie.

 

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Gorges du Verdon - Avril 2015

 

 

 

06 mai 2015

En attendant l'inspiration...

 

 

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 Le Verdon, au fond des gorges du même nom.

 

 

 

Parfois les mots ne viennent pas.
Je ne sais, ni ne veux, les forcer.

Accueillir l'absence d'expression comme une nécessité dont le sens m'échappe.
Signe d'un mouvement intérieur, peut-être.
Ou d'une place qui ne se trouve plus.
Qui se cherche...

Envie de... je ne sais quoi.
Mystère à moi-même.

 

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23 avril 2015

Ce soir...

 

 

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C'était ce soir et c'était beau.

 

 

 

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14 avril 2015

Prêt à remplir

Être en état de contradiction interne, ça vous arrive ? Du genre : vouloir quelque chose mais ne pas se donner les moyens de l'obtenir. Et bien en ce moment je suis en plein dedans : j'ai envie de... mais ne fais rien pour que ça advienne. Envie de quoi ? Euh... ben c'est peut-être là qu'est le problème : je ne sais pas ! Bon, j'en ai quand même une petite idée : ça ressemblerait à une envie de partage, d'enrichissants dialogues et de fertiles échanges. Une envie d'avancer, de trouver des réponses à je ne sais quoi. Comme si quelque chose cherchait à émerger. J'ai l'impression que ça s'élabore dans ma pensée - ou dans mon être - mais sans être suffisamment constitué pour que je puisse voir à quoi ça ressemble.

L'envie d'écrire (ou plutôt de correspondre...) est là mais la trame sur laquelle tisser les mots manque. Du coup je n'écris pas. C'est bête, parce que par les mots les idées pourraient se préciser. Mais peut-être est-ce encore un peu trop tôt ? Tel un printemps à naître, qu'il serait vain de vouloir forcer, je vais laisser éclore les pensées à leur rythme.

 

Ce que je sais c'est qu'en étant allé un peu trop loin dans mon récent surinvestissement professionnel il se pourrait que j'aie, sans le vouloir, entrouvert une porte intéressante...

Déjà j'ai mieux compris que cotoyer des personnes aux attitudes pessimistes et plaintives m'était néfaste. Je ne pourrai pas forcément éviter d'être en interaction avec elles mais au moins je serai plus vigilant afin de rester à bonne distance pour éviter la contamination. Car si je n'y prends pas garde, le risque est réel que je bascule moi aussi, temporairement, du côté sombre !

Ensuite je me suis rendu compte que lorsque j'étais trop épuisé je n'étais plus apte à écouter les autres. Le surmenage m'a rendu indisponible, incapable de me libérer l'esprit pour porter vraiment attention à l'autre. Ce faisant j'en suis venu à perdre le contact avec l'essentiel : le relationnel. Or à me couper de l'humain je perdrais le sens de mon métier. Il est donc promordial que je retrouve la respiration du temps nécessaire à ce contact.

Troisième élément : ces tout derniers jours, bien que n'étant plus aussi épuisé qu'au moment de mon presque crash, je me sentais cependant "vide". C'est à dire sans réflexions, sans cogitations. Sans désirs et sans beaucoup d'énergie. Un peu trop amorphe à mon goût. Pourtant le niveau de moral était correct, mais il y avait tout juste de quoi assurer l'entrain quotidien. Sans plus. C'est évidemment insuffisant pour que je me sente pleinement vivant.

La notion de "vide", dans mon esprit, avait une connotation plutôt terne. Inerte. L'optimiste Célestine m'en a fort opportunément montré un aspect plus enthousiasmant : quand on est vide, c'est que l'on est prêt à se remplir. J'ai trouvé ça génial ! Effectivement mon état actuel n'est que transitoire et prépare, assurément, une récolte à venir. Une évolution, un nouveau palier de conscience.

 

À propos d'évolution intérieure, j'ai découvert chez les Colibris cette vidéo que j'ai envie de partager avec vous...

 

 

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Exubérance printanière
(fleur d'érable japonais)

 

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05 avril 2015

Un fil à tirer

Ces derniers temps je me suis laissé un peu trop alourdir par la charge professionnelle, faisant descendre dangereusement bas mon aéronef personnel. De justesse j'ai évité le crash en déclenchant toutes les alarmes possibles. Elles ont été entendues et ma détresse prise en compte. Anticipant le délestage j'en ai été immédiatement soulagé, retrouvant presque une euphorie... de courte durée. L'épuisement était déjà bien marqué.

Depuis quelques jours, donc, bien que les perspectives d'allègement soient réelles, je peine à retrouver de la hauteur. J'ai simplement cessé de descendre mais ne suis pas encore remonté bien haut. En terminant ma semaine j'ai rapporté à la maison de stressantes préoccupations, ce qui m'a dérangé. Je n'aime pas sentir cet envahissement de ma bulle de tranquillité. Il m'a fallu du temps pour voir se dissoudre ces reliquats et me reconnecter avec la vie, la nature, les autres, la lenteur. La fatigue m'a pompé beaucoup d'énergie. 

J'aurais voulu écrire ici, mais mes mots ne venaient plus depuis plusieurs jours alors que je sentais un désir de m'alléger... de je ne sais quoi.

Que se passait-il ? Je m'interrogeais sans trouver le moindre fil à tirer

 

Et puis ce matin les élements s'assemblent, au gré de mes pérégrinations blogosphériques. Là je lis des propos un peu pessimistes, que je tente de nuancer. Pourquoi ? Pourquoi résister ? Sans doute pour ne pas me laisser contaminer par le versant sombre et déprimant que l'existence peut avoir. Ailleurs je lis des propos sur la dépression et je réalise que je ne peux que me tenir à distance des dépressifs avérés. Je n'ai pas la force suffisante pour soutenir ceux que la vie entraîne vers l'ombre. Craindrais-je de sombrer à mon tour ?

Et tout à coup je comprends ! Je comprends pourquoi j'ai besoin de fréquenter des personnes optimistes et positives : avec elles je trouve ce que j'aime dans la vie et le meilleur de moi-même. Elles me dopent et me dynamisent ! Au contraire le pessimisme, la déprime, la plainte, la victimisation, la misanthropie... tout cela m'affaiblit, me blesse, m'atteint, m'éteint, m'abat. Tenter d'y résister me pompe toute mon énergie. En vain.

Me reviennent alors en mémoire ces personnes, parfois très proches, qui ont pu peser défavorablement sur mon équilibre et ma joie de vivre, mon insouciance, ma propension au rêve et à l'utopie. Je crois que j'ai vraiment besoin de m'entourer de personnes enthousiastes, aux yeux qui pétillent, au sourire du coeur qui illumine le visage, au rire qui éclabousse.

Et là j'ai vu défiler dans mon esprit quelques unes de ces personnes, famille, amis, collègues, hiérarchie, avec qui je me sens bien, heureux, en confiance, et celles avec qui je ressens un insidieux mal-être...

Je pourrais presque en être agressif.

 

Billet écrit à la va vite, lancé sans peaufinage, parce que sinon je ne le publierai pas...

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22 mars 2015

Des bénéfices secondaires de la victime

Avec "Aide-toi et le ciel t'aimera...", Edmée [dont j'admire envieusement le talent narratif et la fluidité scripturale] a rédigé un texte qui m'a "interpellé", comme on dit. Il y est question de ces individus qui, refusant d'être victimes des déconvenues que la vie a placée sur leur chemin, « se sont pris par la main ». Le sujet a résoné fort en moi, me poussant à laisser un commentaire :

« J’ai une sorte d’aversion pour ceux qui se voient en victime… parce qu’en eux je reconnais une part de moi, que je n’aime pas sentir se manifester. Oui, il m’arrive de penser, et même de dire, que « par la faute de l’autre » je suis dans une posture qui me déplaît. Or personne n’a le pouvoir de me contraindre à demeurer dans une situation qui ne me plaît pas ! Quand je prends conscience que par facilité j’accuse l’autre, ou m’en plains, je comprends enfin qu’il me revient de faire les efforts nécessaire pour bousculer la situation en place. »

Si je m'auto-cite sans vergogne c'est parce que le texte d'Edmée est à l'unisson de ma réflexion du moment [mais oui, je me suis remis à penser...] : en laissant perdurer une situation professionnelle qui m'est notoirement inconfortableest-ce que je ne me comporterais pas comme une "victime" ? Bah oui : à quoi ça sert de dire ou d'écrire que je suis épuisé par mon travail ? Bon, d'accord, dans l'immédiat ça me fait du bien de m'épancher; ça me soulage [temporairement], ça me permet de me plaindre d'une certaine injustice [posture caractéristique de la victime, réelle ou se considérant comme telle]. Mais après ? Je me méfie de cette propension que j'ai de me délivrer d'un poids sur une autre personne que celle qui devrait l'entendre.

Si j'en reste là ça ne sert pas à grand chose ! 

C'est là qu'une deuxième phase peut avantageusement se mettre en place : en exprimant ma difficulté, en la déposant en mots, je permets à ma conscience d'entendre moi-même ce que je ressens. La verbalisation permet la conscientisation. Un processus qui peut être long, comme j'ai pu le constater en retrouvant des billets qui avaient la même thématique : depuis 2012 j'écris à chaque printemps que je me sens débordé et que ça ne va pas pouvoir continuer ainsi. Sauf qu'ensuite, dès que la tension devient moins forte, je m'accomode de la situation. Ainsi je ne résoud rien. Ou pas suffisamment.

En me plaignant de ma charge de travail trop importante, sans aller jusqu'au bout de la démarche, je me comporte donc un peu comme une "victime" quasi-passive. En fait j'agis bel et bien... mais pas suffisamment pour que ça change vraiment [aurais-je un intérêt caché à ce que la situation perdure ?]. Je me satisfais de victoires partielles en espérant que ça suffira pour que le problème de fond disparaisse sans que j'engage trop de ma personne. Je lâche prise trop rapidement alors que je pourrais persévérer jusqu'à obtenir gain de cause, quitte à insister lourdement. Pourquoi ne le fais-je pas alors que non seulement ma santé est en jeu, mais aussi les valeurs pour lesquelles je me suis engagé dans ce travail ? Certes je n'ai pas le pouvoir immédiat de faire changer les choses et en ce sens je ne peux qu'accepter une relative impuissance. Faire preuve de patience. Mais j'ai aussi pour moi la persévérance et je peux en faire un usage plus massif : revenir inlassablement à la charge jusqu'à être entendu.

Reste donc à savoir pourquoi je ne m'engage pas davantage dans ce qui peut s'assimiler à une lutte. Et c'est là que ça devient intéressant... car si je ne le fais pas c'est que j'y trouve un avantage. Par exemple, celui de me dire débordé, que ce soit objectivement le cas ou pas : je peux toujours arguer que "c'est pas d'ma faute" si je ne peux pas tout faire. Mouais... faudrait voir à ne pas abuser de cet argument fallacieux. Pour reprendre un de mes récents textes, est-ce parce que je ne peux pas ou parce que je ne veux pas ?

Détails sémantiques ? Certainement pas ! Ce qui les sépare c'est la question de la responsabilité personnelle : quelle est ma part de responsabilité dans la situation que je déplore ? En fait il s'agit de préciser en moi, sans concessions, des termes sémantiquement tangents : pouvoir et vouloir, adaptation et soumission, acceptation et renoncement, lâcher-prise et laisser-aller, patience et procrastination. Il suffit parfois de peu de choses pour basculer imperceptiblement de l'un vers l'autre. Dans le cas que j'évoque, est-ce que mes actions/inactions sont dues à l'acceptation de certaines réalités économiques... ou à ma peur d'oser marteler d'autres réalités, plus humaines ?

Qu'est-ce qui est le plus important pour moi ? qu'est-ce qui fera que je me sentirais "à ma place" et "en accord avec moi-même" ? Les questions contiennent déjà les réponses...

Je terminerai en citant la fin de mon commentaire chez Edmée : « Reprendre le pouvoir sur soi, sur les circonstances, c’est une fierté. Et c’est aussi une façon de s’aimer que de prendre soin de notre équilibre. »

Y'a plus qu'à !

 

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20 mars 2015

Eclipse bleue

Ce matin le ciel était très nuageux, ce qui était de mauvais augure pour jouir du spectacle annoncé de l'éclipse. Toute la région était sous ce régime gris et j'ai donc renoncé à me déplacer vers un lieu plus favorable. De toutes façons je savais qu'en dehors de la zone centrale des 100% d'occultation il importait peu d'en être plus ou moins proche. En la matière c'est tout ou rien, comme j'avais pu le constater en août 1999, ayant fait le déplacement jusqu'en Champagne pour bénéficier du fameux "soleil noir". Un instant magique, rare et merveilleux.

Cette fois les iles Féroë ou le Svalbard étaient trop lointains.

Finalement le ciel s'est vaguement éclairci et c'est à travers le brouillard que j'ai commencé à suivre l'occultation du disque solaire, en simultané avec les images de téléscopes en direct que proposait internet. Le paysage était nimbé de cette luminosité un peu bizarre. N'y tenant plus j'ai pris ma voiture pour rejoindre les hauteurs, espérant avoir une meilleure visibilité. Gagné ! Grâce à un bricolage fait sur place avec deux filtres polarisants croisés j'ai même pu prendre quelques photos à travers les nuages, finalement pas si mauvaises pour un amateur...

 

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 Un peu après le maximum, vers 10 h 45

 

NB : j'ai découvert un peu plus tard qu'il ne fallait pas se servir de filtres polarisants pour observer le soleil...

Ajout du 22 mars : une vidéo de l'éclipse vue depuis depuis un avion qui suit sa trajectoire à 13.000 m d'altitude, avec ombre portée sur la planète.

 

 

 

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Voir la montagne

Mes journées de travail sont intenses en ce moment. C'est trop, je le sens. Non parce que je ferais 70 heures par semaine mais parce que tout au long de la journée je suis éparpillé entre de multiples sollicitations qui s'ajoutent à une charge de travail déjà surabondante. Je me sens comme un marathonien qui serait perpétuellement interrompu dans sa course de fond. Cela dure depuis plusieurs semaines, comme chaque année à pareille époque. J'ai bien conscience que je m'y épuise mais, par ce qu'on appelle "conscience professionnelle", je continue sur ce rythme excessif et saccadé en comptant sur une prochaine accalmie. Rien n'est moins sûr : même l'accalmie prévue restera dense et chargée. Parce que c'est ainsi depuis que j'ai pris mon poste de responsable et que je "prends sur moi" afin que la machine que je dirige fonctionne bien, tant humainement qu'économiquement.

J'aime mon travail, je m'y consacre avec plaisir et persévérance. Je crois en ce que je fais et en l'utilité d'une forte implication. Mais ce faisant je prends des risques. Ceux, bien connus et clairement identifiés, du surmenage. Je flirte avec des limites que je ne suis pas certain de bien estimer. Est-ce que je n'en m'en approche pas trop près ?

Une nouvelle fois j'ai tiré quelques sonnettes d'alarme auprès de ma hiérarchie. Vaguement entendues, sans que rien ne bouge formellement. Il va falloir que j'aille plus loin.

 

Cet après-midi j'ai soudainement senti que je ne parvenais plus à me concentrer pour une tâche simplissime et quasi automatique : suivre l'arborescence qui aurait dû me permettre d'ouvrir un fichier informatique rangé à sa place. C'était juste après avoir été happé par une énième sollicitation totalement disjointe de ce sur quoi je travaillais, m'ayant une fois de plus contraint à une gymnastique cérébrale insensée. Constatant que ma pensée, figée comme un ordinateur qui beugue, n'avait plus aucune efficacité à cet instant, j'ai ressenti l'impérieux appel du calme. Je suis immédiatement sorti du bureau pour me diriger tout droit vers la porte qui donne sur la rue, sur l'extérieur, sur le paysage et la montagne. Oui, je voulais voir la montagne. Simplement la regarder pour échapper à cet environnement de perpétuelle agitation neuronale. J'ai respiré l'air, j'ai regardé le sommet qui me faisait face, essayant de m'imaginer là-haut, entre neige et rochers. Je savais que, si j'avais pu y être, j'aurais regardé la vallée bourdonnante en pensant à cette folie de nos vies urbaines et laborieuses, trépidantes.

Je ne suis pas resté longtemps à regarder la montagne, ne laissant pas mon esprit s'y évader. Quelques dizaines de secondes seulement, avant de lui tourner le dos pour rentrer dans mon bureau et de nouveau jongler frénétiquement entre de multiples tâches devant mon ordinateur.

J'ai conscience que tout cela est un peu fou. Que ce n'est pas la vie que j'ai envie de mener. Que ce n'est pas "moi" cet homme qui court après le temps sans jamais le rattraper.

Celui en lequel je me reconnais et me retrouve c'est celui que je suis quand je prends le temps de travailler calmement, d'être disponible pour mes collègues, attentif et réceptif, organisé et méthodique, concentré et innovant. C'est aussi celui que je suis, hors de ma vie professionnelle, quand je flâne et que je rêvasse. Quand je me promène en toute tranquillité dans la nature. C'est l'homme calme et pondéré, insouciant et contemplatif. Tellement différent de celui que je suis dans l'activité trépidante de ma vie professionnelle. La plupart du temps je passe de l'un à l'autre sans aucune difficulté, coupant net mes pensées dès que je passe la porte du bureau. C'est un peu moins vrai en ce moment puisque l'épuisement professionnel déborde un peu sur ma vie personnelle.

C'est probablement une des raisons qui font que je n'écris plus en ce moment. Parce que je ne pense plus vraiment...

 

 

lune-rose

 

 

 

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