Alter et ego (Carnet)

31 octobre 2014

Opulent octobre

Octobre s'achève en apothéose : ciel bleu chaque jour, températures douces, colorations maximales. Je me suis donné la chance d'en profiter en prenant des congés tardifs et la chance m'a souri. Cette année octobre à été presque plus chaud qu'août ! Et plus ensoleillé, c'est certain.

L'automne représente toujours pour moi une saison faste, opulente, généreuse. Une sorte de nouveau départ. Est-ce une réminiscence de la rentrée durant mes années de scolarité [qui pourtant n'étaient pas fastes...] ? Ou bien ai-je gardé le souvenir d'un autre renouveau, du temps où l'automne était pour moi la saison des grands trajets pour commercialiser ce que j'avais produit durant l'été ? Des paysages colorés, je n'en profitais guère que sur la route : chaque week-end j'étais en déplacement lointain pour participer à des expositions modestes ou renommées. En semaine je préparais l'expo suivante. C'était éreintant mais cela me permettait de ramener ce qui s'était épuisé durant l'été : de l'argent. Plus j'en ramenais et plus je m'assurais une relative tranquillité de l'esprit jusqu'au printemps, autre période faste. L'insécurité financière m'a longtemps habité...

Maintenant que j'ai quitté ce métier passionnant mais peu rémunérateur, le confort du salariat me permet de profiter pleinement de l'automne, qui n'a plus que des avantages. Depuis quelques années j'y ai tellement pris goût que je l'ai parfois fait durer en ajoutant l'automne québecois à celui des Alpes. Deux automnes en une seule saison, grâce au décalage des colorations entre le pays aux hivers rigoureux et celui des frimas tempérés, fussent-ils alpins.

Cette année j'ai délaissé le Québec et sa légendaire flamboyance. J'avais envie de profiter d'un automne, "chez moi", dans ma région. Les colorations y sont plutôt dorées à rousses. Chartreuse et Vercors aux forêts de hêtres; Cerces et Écrins tapissés de mélèzes. Quatre massifs aux ambiances différentes, que j'ai parcourus en solitaire, à deux, à trois. Pas de haute montagne puisque je cherchais avant tout les colorations forestières. L'ensoleillement permanent m'a fait plutôt opter pour les scènes élargies, quitte à ce que mes photos fassent un peu "carte postale". Les forts contrastes entre ombre et lumière n'étaient pas propices aux scènes de sous-bois et de détails, plus favorables à la créativité.

Les journées sont courtes en cette saison, les ombres allongées restent tard dans les vallées... et reviennent tôt. Parfois le soleil ne parvient même pas à glisser le moindre éclat au pied des hautes montagnes. Mais la lumière est si belle !

 

 

Une journée d'octobre dans le vallon d'Entre les Aigues (Massif des Écrins)

[En cliquant sur une photo vous pouvez voir toute la série en grand format]

 

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 Premiers rayons du soleil...

 

 

 

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Un peu "carte postale", non ?

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 À peine levé, le soleil passe déjà derrière la montagne

 

 

 

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 Les pentes tapissées de mélèzes

 

 

 

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 Territoire de lutte entre le torrent et la forêt (le torrent aura toujours le dernier mot)

 

 

 

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 Dernier coup d'oeil avant de changer de vallon

 

 

 

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 Autre versant, autre lumière

 

 

 

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 Les ombres commencent déjà à s'allonger

 

 

 

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 Un petit torrent dont les eaux ont le bon goût d'être aux couleurs de ce blog

 

 

 

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 L'ombre a déjà envahi le vallon, la température fraîchit

 

 

 

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 Tonalités froides mais plus nuancées

 

 

 

Vallon d'Entre les Aigues

Derniers rayons de soleil (il est à peine 16 h)

 

 

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28 octobre 2014

D'or et d'azur

Pour le plaisir des yeux...

 

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Névache - Haute vallée de la Clarée

 

 

 

 

Vallée de la Clarée - Névache

 

 

 

 

Haute vallée de la Clarée

 

 

 

 

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Haute vallée de la Clarée

 

Les paysages de montagnes sont souvent magnifiques. En automne, parés de l'or des mélèzes, ils deviennent somptueux. La haute vallée de la Clarée (Hautes Alpes) est une des plus agréable qui soit à parcourir en cette saison. Très peu habitée, sans voie d'accès durant tout l'hiver, elle a su garder une beauté presque sauvage.

Il faisait beau, il faisait doux, les conditions étaient idéales pour profiter de ce spectacle d'or et de lumière jusqu'à ce que les ombres s'étirent...

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25 octobre 2014

L'inspiration suspendue

Depuis plusieurs mois mon inspiration est en basses eaux. Quelques billets viennent sporadiquement s'échouer sur la page, à intervalle un peu trop espacé à mon goût... J'aimais bien lorsque l'inspiration arrivait avec la régularité de vagues quotidiennes. Je pouvais plonger sans problème dans leur profondeur en en sortir des textes d'au moins quinze pages [j'exagère un peu...] suscitant des salves de commentaires éclairés clamés par un lectorat enthousiaste [ouais, j'exagère encore]. Certes j'y passais du temps et cela présentait quelques inconvénients quant à la diversité de mes loisirs...

Aujourd'hui il me reste encore ce réflexe de me mettre devant mon ordinateur, regarder mon clavier avec l'envie de lui pianoter frénétiquement les touches mais... rien ne vient. Faute d'inspiration ma main, un temps suspendue, retombe mollement, vaincue. Alors je n'insiste pas : l'inspiration c'est là ou pas !

Je n'en déduirai pas que je suis "au bout de l'inspiration" [il ne me resterait plus qu'à expirer, hein ?], mais peut-être suis-je parvenu au bout d'une thématique inspirante. Celle qui a été à l'origine de ce blog et que je n'aborde plus vraiment : les relations affectivo-physico-sentimentalo-intellectuelles plus ou moins amicalo-amoureuses, sexo-platoniques et libro-fidèles [avec tout ce que le mélange des parfums peut entraîner comme variations de goût]. Je ne peux pas dire que je ne me sens plus concerné, ni intéressé, mais disons que... ça ne me questionne plus vraiment. En tout cas il n'y a rien de nouveau dans ma réflexion à ce sujet.

D'abord parce que je ne cherche pas les nouvelles rencontres [quoique...], acceptant librement d'être sous le contrôle souple mais vigilant de celle qui ne m'ouvre son intériorité qu'à condition d'exclusivité [hmmouais...]. Ensuite parce que les éventuelles tribulations qu'il m'arrive de vivre sont fort modérées et ne me posent pas de problème majeur, ni même mineur. Et puis bon, mon passé antébloguien ayant été marqué par de mauvaises habitudes quant à ce qui peut se raconter publiquement de l'intimité entre deux personnes, cela a laissé des traces. N'ayant pas toujours fait les meilleurs choix en matière de confidentialité j'en ai gardé des réflexes de prudence. Résultat : il est devenu rare que je dévoile ce qui concerne mon relationnel avec autrui [dommage, c'est ce qui m'inspirait le plus... et vous intéressait tout autant, hé hé...].

Il y a une autre raison à mon engourdissement scriptural, que j'ai régulièrement évoquée et qui ne peut que s'aggraver : la "disparition" de la plupart de ceux avec qui une lecture affinitaire croisée s'était instaurée au fil des ans. Je parle non seulement de ceux qui étaient contemporains de mes débuts, mais aussi de ceux des "générations" suivantes (disons qu'une génération, dans le monde des blogs, c'est environ 3 ans). Comptez les blogueurs que vous lisez qui dépassent les deux générations et vous verrez qu'il ne sont guère nombreux. Alors imaginez combien il peut rester de ceux qui ont connu plus de 4 ou 5 générations... 

Bref : j'en viens à me dire qu'il serait peut-être intéressant/stimulant/dynamisant d'aborder de nouvelles thématiques. Mais l'inspiration ne m'est pas encore venue...

 

Trajectoires croisées

Croisement de trajectoires, traces éphémères

 

 

 

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24 octobre 2014

Inaccessible

En ce moment je suis plus inspiré par les paysages que par les mots...

 

 

Mont Aiguille

Le Mont-Aiguille (Vercors)
Autrefois appelé Mons inaccessibilis, il est considéré comme
le premier sommet officiellement escaladé, en 1492

 

Mont Aiguille 2

 

 

 

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20 octobre 2014

Vagabondage d'automne

Parfois je pars au bout du monde pour m'extasier devant des paysages sublimes.
Ceux que j'ai à ma porte n'ont pourtant rien à leur envier.

 

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Chartreuse, secteur des Entremonts, samedi 18 octobre 2014
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NB : Je suis en vacances vagabondes et ma présence sur ce blog ne saurait être que fortuite et intermittente.

 

 

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17 octobre 2014

Deux mondes

À la recherche de nourriture intellectuelle facile à ingurgiter il m'arrive [un peu trop] souvent de m'installer devant ma télé en quête de documentaires. Je ne trouve évidemment pas toujours de quoi me sustenter qualitativement mais c'est aussi une façon de voir ce qu'est le monde...

Hier soir le hasard m'a placé devant deux invités pour lesquels j'ai de l'estime : Pierre Rabhi et Matthieu Ricard. Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, était le troisième invité de l'émission. Faisant abstraction de mes réticences quant à l'animateur, l'agaçant Franz-Olivier Giesbert, je me suis en revanche laissé séduire par ses trois charmantes comparses : Mazarine Pingeot, Géraldine Mulhmann et Eliette Abécassis. Le présentateur vanta d'ailleurs les mérites de ces trois dernières, agrégées de philosophie que les télés du monde entier nous envieraient.

Thème de la soirée : le bonheur est-il dans le pré ?
J'aurais dû me méfier de ce titre facile...

La parole de Pierre Rabhi, pétrie d'expérience et d'humilité, fut d'emblée sobre et limpide. Sa connaissances des équilibres écologiques et agriculturaux, sa perception du rapport de l'homme à la nature fait référence. Celle de Mathieu Ricard, qui vient de publier un "Plaidoyer pour les animaux" était pleine d'humanité, de respect et d'intelligence. Les deux hommes se sont exprimés en toute modestie, partageant simplement leur expérience personnelle et leur approche de la vie.

J'attendais des trois jeunes femmes chargées de les questionner qu'elles mettent leur intelligence au service des deux consciences éclairées qui leur faisaient face. Hélas... leur manque de connaissances se révéla rapidement flagrant, avec un formatage des idées montrant la distance qui les séparait du niveau de conscience de leurs deux interlocuteurs. Les assertions simplistes et éculées des intellectuelles montraient leur incapacité à se hisser à un autre paradigme, si bien que leur jeunesse, dont je m'imaginais qu'elle aurait pû être porteuse d'approches novatrices... me sembla finalement très solidement ancrée dans des modes de pensée rétrogrades. J'ai eu l'impression de voir trois ignorantes cherchant à mordre des rais de lumière.

Ces trois femmes, dans une consternante unanimité, plaçaient l'humanité au centre de leur préoccupations et regardaient avec une vague condescendance les neux "naïfs" qu'elles avaient en face d'elles. Deux illuminés faisant preuve d'angélisme, incapables de voir que « la nature est dangereuse » et qu'il faut donc s'en protéger ! Pour l'une d'elle l'homme est fondamentalement violent, ce qu'elle prouvait par un argument imparable « il n'y a qu'à regarder les cours de récréation ! ». Quelle piètre spectacle que de voir ces femmes intelligentes engoncées dans une vision figée des rapports de l'homme avec la planète, les animaux, la science...

Le Ministre, qui parfois s'est parfois montré ouvert à une autre forme d'agriculture, plus respectueuse de la biodiversité, s'est en revanche montré très péremptoire sur la cause animale. Pour lui l'affaire est entendue : l'animal reste au service de l'homme. Point. Et face aux 60 milliards d'animaux que l'on tue chaque année pour satisfaire les appétits carnassiers de l'humanité, il a cette répartie déconcertante : sans l'homme tous ces animaux n'auraient pas existé ! 

Un "argument" immédiatement repris par l'histrion Giesbert et brandi devant Mathieu Ricard « Ah, là le ministre marque un gros point, hein ?! Qu'en pensez-vous ? ». Aucune des trois femmes n'a bronché, montrant combien le discours du ministre s'accordait parfaitement avec le leur. Bravo pour l'impartialité du "débat"...

Ce qui m'a le plus déçu, et même attristé [déclenchant mon envie d'écrire ce billet], a été de voir que les trois représentantes de la "jeune" génération étaient encore à ce point archaïques dans leur représentation du monde. Surpris aussi de voir que les deux sages avaient une sensibilité et une douceur que l'on pourrait qualifier de "féminine" alors que les trois femmes, toutes séduisantes qu'elles soient, faisaient preuve d'une arrogance et d'une agressivité bien "masculine". Deux mondes se faisaient face à face : celui du passé, productiviste et humano-centré, qui considère que la nature est au service de l'homme et qu'il lui revient de la dominer; celui de l'avenir, qui a compris que l'avenir de l'homme s'inscrit dans un respect du milieu dont il est partie prenante.

À la fin de l'émission Pierre Rabhi, déconcerté par cette différence de plans de discussion, sembla se demander ce qu'il était venu faire dans cette rencontre.

Franz-Olivier Giesbert, lui, semblait ravi.

 

  • L'émission est ici

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08 octobre 2014

La solitude nécessaire

Voilà plusieurs jours que je n'ai pas écrit. Panne d'inspiration.
Ce n'est pas la première fois...

Il me semble que ça m'arrive lorsque je suis trop occupé, c'est à dire lorsque je ne dispose pas de suffisamment de temps en solitaire. J'ai besoin de pouvoir être régulièrement "seul avec moi-même" pour que s'élaborent mes pensées; pour réfléchir dans la lenteur; pour flâner, contempler, ressentir... et écrire.

Faute de quoi je me replie sur mon centre, afin de retrouver mon équilibre

Il me semble qu'il y a des gens qui ont besoin d'avoir une vie relationnelle intense et de multiples activités pour se sentir vivre. Pour moi c'est l'inverse : passer trop de temps avec les autres [y compris ceux que j'aime...] m'éloigne de ma ligne d'équilibre et me rend indisponible... à les accueillir [reçevoir, écouter...]. Mon ouverture à l'alterité dépend de celle que je me suis accordée auparavant. Autrement dit : plus j'ai pu être seul et me ressourcer, plus je peux aller vers les autres !

La solitude m'est nécessaire.
Vitale.

 

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Prendre le temps de voir les saisons passer...

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26 septembre 2014

L'extase en solitaire

L'année dernière, à la même date, j'étais là-bas...

 

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Dans ma troisième traversée d'automne québecois en solitaire, je louvoyais en cherchant les meilleurs conditions de couleurs et de lumière. C'est ainsi qu'au petit bonheur la chance j'ai trouvé des lieux qui m'ont enchanté, subjugué, séduit. Chacun de mes séjours a révélé son lot de surprises, avec des instants de grâce lorsque tout à coup le spectacle qui s'offrait à moi m'ébahissait. Forêts, lacs, montagnes, plages, autant de combinaisons de lieux où la beauté pure a pu me saisir. J'ai souvent jubilé : Mais que c'est beau ! 

J'aime tellement ces territoires que je me sens définitivement imprégné de leurs couleurs et ambiances sauvages. Longtemps après me reviennent, au contact de l'air sur la peau, à l'éclat d'une lumière, à un souffle d'air frais, les souvenirs sensoriels de ces lieux étonnamment hospitaliers. Là-bas je me sens un peu "chez moi".

Je crois pourtant que l'éloignement est pour beaucoup dans le plaisir ressenti. J'aime sentir le parfum grisant de l'incertitude, me laisser happer par l'ineffable douceur de l'inconnu, vibrer dans la découverte.

 

 

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Car, au delà de la saison des couleurs, il y a la satisfaction du voyage en solitaire.

Face à des paysages grandioses ou humbles les bonheurs que j'ai ressentis dans la solitude sont parmi les plus intenses de mon existence. Je ne crois pas qu'ils auraient été aussi puissants s'ils avaient dûs être partagés dans un état d'harmonie et de connivence ne confinant pas à la perfection...

L'extase a ses exigences !

Les colorations d'automne me ravissent, les terres de nature m'exaltent, la solitude des grands espaces m'emporte. Cette année je vais tenter de trouver cette conjonction en France.

 

 

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24 septembre 2014

Le temps du voyage

Mon plus jeune fils (25 ans) vivait à Beyrouth depuis plus de deux ans, où il travaillait pour le compte d'une ONG. Il y a un mois il a quitté le Liban pour revenir en France. Plutôt que d'effectuer une transition rapide en quelques heures d'avion il a préféré prendre le temps du voyage. Passionné d'histoire et curieux des autres cultures, il aime observer leurs transitions et découvrir leur réalité. Il aime sentir la distance se parcourir. Pour lui le voyage n'est pas un passage obligé mais une occasion de découverte.

Une première fois il avait fait le trajet en stop, avec deux amis, à travers la Turquie, la Bulgarie, la Bosnie, la Slovénie...
Cette fois il a choisi de rentrer en moto. Seul.

J'ai trouvé ça audacieux. Un brin téméraire, même, puisqu'il n'avait jamais conduit de moto auparavant ! Mais il s'est débrouillé pour passer son permis là-bas et s'acheter l'engin adéquat. Bon, je ne suis pas d'un naturel anxieux mais j'avoue que là j'avais une petite appréhension. Euh... seul dans un pays aussi vaste que la Turquie ? Et s'il lui arrivait quelque chose ? Un accident, une mauvaise rencontre ? D'un autre côté je trouvais que c'était vraiment un beau projet, une chance qu'il s'accordait de mieux connaître le monde. Et puis c'est un garçon posé et réfléchi, sensé, et j'avais confiance en sa capacité de discernement.

De temps en temps il a envoyé un mail collectif, informant de l'avancée de son trajet, racontant quelques péripéties, décrivant les régions traversées à travers la Turquie, la Grèce, l'Italie... À chaque fois j'en ai été rassuré. Plus je le sentais s'approcher, plus j'avais l'impression que les risque diminuaient. C'est un peu bête, parce qu'un accident peut arriver n'importe où.

Samedi soir il est enfin arrivé, tout content, klaxonnant sur sa moto rouge. Il m'a raconté des bribes de son périple de 7.000 km. La Turquie sauvage, les routes sinueuses, les vallées désertes, les villages isolés, la ruralité sobre et généreuse. Et puis les villes anciennes, les monuments antiques. La Grèce sous la pluie, la Toscane et Florence. Il a des images et de sensations plein la tête. Il s'est tellement nourri les sens et l'esprit qu'il n'est pas sûr d'avoir tout enregistré.

Les jeunes d'aujourd'hui m'impressionnent par leur facilité à parcourir le monde, à s'adapter, se débrouiller. On dirait que ça leur paraît naturel. Volontiers entreprenants ils semblent confiants, sans craintes. Je suis admiratif.

Je ne sais pas si j'oserais entreprendre un tel voyage.

 

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Un peu de poussière venue de loin...

 

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18 septembre 2014

L'envie d'écrire

Le mois dernier un des plus anciens écrivant du net a posé un point final à son blog. Je le lisais depuis plus de dix ans. Il y a une semaine c'était au tour d'une blogueuse autrefois fort active d'annoncer, elle aussi, qu'elle mettait un terme à dix ans d'écriture. Bien que je connusse leurs auteurs et les suivisse depuis toutes ces années, j'ai fort bien accepté ces fermetures. Elles avaient quelque chose de naturel et j'y étais prêt. Et puis j'en ai tant vu disparaître avant eux ! À force on s'habitue...

Mais la question de ma propre durée d'écriture s'invite à chaque fois que j'en vois un ou une qui, après si longtemps, arrête : jusqu'à quand vais-je continuer ? Bon... j'avoue que cela ne va pas au delà de la question. La réponse aura son évidence le moment venu, s'il vient un jour.

« On n'arrête pas d'écrire, ou cela se produit comme lorsque l'on cesse de respirer. Car c'est en nous, dans notre force intime. »

Cette phrase, lue dans la suite de commentaires d'un des blogs sus-cités a retenue mon attention. Ce n'est pas la première fois que je lis cette idée qu'on ne cesserait pas d'écrire, ou que cette forme d'expression aurait quelque chose de vital. Personnellement j'ai des doutes... Je crois que l'écriture peut fort bien correspondre à une nécessité durant une période de l'existence, dont rien ne dit qu'elle se prolongera indéfiniment. Les exemples sont nombreux de ces écrivants du net ayant cessé après quelques années de pratique assidue. Par ailleurs je suis bien placé pour savoir, après avoir plusieurs fois changé de métier, que ce qui semble constitutif de soi peut largement évoluer, jusqu'à quasiment disparaître. Alors je ne crois pas que l'écriture fasse exception. Mais il peut paraître rassurant de penser, surtout pour l'entourage, qu'on ne change pas vraiment...

Un jour, peut-être, je ne ressentirai plus l'envie d'écrire.

 

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Des lignes sur la toile
(Toile d'Argyope)

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