Alter et ego (Carnet)

06 avril 2014

Sec

Petite crise existentielle. 
Faiblesse passagère... qui dure un peu plus longtemps que je pensais.

Retour inopiné d'une fragilité ineffaçable.

Je reviendrai quand ça ira mieux.

Ajout du 16 avril : afin d'éviter toute inquiétude je précise que mon silence prolongé n'a aucun lien avec les quelques lignes qui précèdent. Il découle simplement d'un manque de disponibilités. Quant à la petite crise existentielle, profonde mais sans gravité, elle aura sans doute permis une nécessaire prise de conscience.

Je reviendrai quand j'aurais un peu plus de temps...

 

 

 

 

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26 mars 2014

Élu par qui ?

Il y a six ans je tentais l'aventure de l'engagement municipal. J'avais envie d'agir pour que les choses changent dans les domaines qui m'intéressent : l'information, l'écoute des attentes citoyennes, la culture, la préservation de l'environnement. Mais j'ai rapidement compris que pour agir vraiment il fallait un engagement très fort, mobiliser beaucoup d'énergie, trouver des alliés et des partenaires, s'investir personnellement sans céder au découragement et, surtout, y consacrer beaucoup de temps. Je ne l'ai pas fait. Et parce que j'ai mesuré la dimension de l'engagement au service d'une commune et l'intercommunalité, ma perception de ceux qui, dans un contexte économique difficile, portent des projets et gèrent le quotidien dans le souci du collectif a changé : ils sont admirables.

Au contraire, j'estime que le regard globalisant que beaucoup de gens portent sur "les politiques" est assez ingrat. Je comprends ceux qui abandonnent [peut-être les plus intègres ?], épuisés d'être constamment villipendés.

N'ayant pas eu moi-même cette force d'engagement j'ai longuement tergiversé, au terme du mandat. Je considérais que d'autres que moi pourraient apporter un renouveau, s'investir davantage que je l'ai fait, être porteurs de projets forts. J'étais prêt à céder ma place. Quand je m'en suis ouvert au Maire, qui me sollicitait pour un second mandat, j'ai compris que les candidats ne se bousculaient pas. Il avait besoin de moi. D'ailleurs il n'a pas été facile de réunir 12 personnes pour se joindre au 7 qui restaient. Et nul ne s'est présenté pour proposer un autre projet communal : nous étions la seule liste, comme dans beaucoup de communes.

Résultat : élus dès le premier tour, malgré 45% d'abstentionnistes. Un tiers seulement des électeurs de la commune se sont prononcés pour nous, tandis que 22 % exprimaient leurs refus en raturant les bulletins ou laissaient une enveloppe vide. C'est bizarre de se dire que les deux tiers des habitants ne nous ont pas donné mandat pour gérer les affaires de leur commune...

Surprenant aussi, de se voir "rayé" d'une liste, comme s'il y avait carrément refus de ceux qui s'engagent. Avec, inévitablement, cette question : que veut dire celui qui refuse les seules personnes qui veulent bien gérer la commune ?

Vote sanction ? Pourquoi pas... mais pour proposer quoi à la place ?
Sanction du gouvernement ? Mais quel est le rapport avec la gestion des affaires communales ?
Vote protestataire ? Mais ça sert à quoi de protester si on ne s'engage pas pour autre chose ?

Quant au vote blanc et à l'absention, j'ose espérer que ceux qui (ne) s'expriment (pas) ainsi ne sont pas ceux qui râlent parce que rien ne change...

J'avoue que ces élections me laissent un peu perplexe.

 

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24 mars 2014

Retour d'expérience

Me voila revenu de ma prestation à Paris, au sujet d'Ego numericus. Je le dis tout net : je n'en ai pas été très satisfait. En visant l'exhaustivité j'ai voulu explorer trop de pistes. Du coup j'ai mal calibré mon temps de parole... et dû amputer "en direct" une large part de mon intervention. Trancher à vif est une opération délicate, déstabilisante, et je me suis un peu perdu dans le déroulé de mon témoignage. Déjà que je n'étais pas très à l'aise...

Sur le fond je pense cependant avoir exprimé l'essentiel. Il me semble aussi avoir capté l'intérêt d'au moins une partie de mon auditoire, à en juger par l'attention que je percevais dans des regards. D'ailleurs les autres intervenants ont fait référence à certaines de mes paroles, signe de leur pertinence. J'ai même réussi à faire rire la salle à quelques reprises !

Je suis donc probablement plus insatisfait que ceux qui m'ont écouté...

En fait l'ampleur du sujet à traiter me stressait et, pour ne rien oublier ni perdre le fil, les notes que j'avais devant les yeux étaient conséquentes. C'était une erreur : un exposé est toujours plus captivant quand il est énoncé de façon spontanée, à peine guidé par une trame. Mieux vaut du court clairement exprimé que du long laborieusement énoncé. En ayant voulu prendre trop large je me suis mis en situation d'inconfort. C'était idiot. Je m'en souviendrai pour une éventuelle prochaine fois...

Les trois autres intervenants ont été tout à fait intéressants, apportant différents points de vue et davantage de recul que mon témoignage, très personnel. J'ai pris quelques notes mais je ne suis pas sûr d'avoir le courage de les restituer ici. Par contre il est probable que je propose à la lecture tout ou partie de mon intervention. À suivre, donc...

 

La fin d'après-midi s'est sympathiquement conclue autour d'un verre, en comité restreint. Ce moment de discussion entre passionnés m'a plu et a compensé une légère déception : la proposition de rencontre que j'avais formulée ici [trop discrètement ?] n'a rencontré aucun succès. En 2007, lors d'une précédente intervention, il en avait été autrement. Est-ce le signe que le rapport avec le lectorat a changé ?

 

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09 mars 2014

Cavalcade

Après avoir débité les branches du jeune chêne que je venais d'abattre je me suis assis sur sa souche fraîchement coupée. Un petit moment de repos et de contemplation parmi les arbres qui m'entouraient. Écoutant les mésanges envoyer leurs trilles, rêvassant devant le spectacle de la nature en éveil, humant les fragrances forestières, je profitais des dernières douceurs d'une belle journée printanière. Au dessus de moi se succédaient les petits claquements secs que font les pommes de pin, en cette saison, lorsque leurs écailles s'ouvrent pour laisser tomber leurs graines...

Tout à coup, derrière moi, le bruit d'une cavalcade me surprend. À peine ai-je le temps d'établir des hypothèses sur son origine que je vois débouler un chevreuil qui passe à quelques mètres de moi et saute au dessus du tas de branches que j'avais entreposées au milieu d'un passage. Au même instant un second chevreuil qui coursait le premier, s'arrête net devant le tas de branche et bifurque vers moi. Sentant probablement ma présence, bien que je sois totalement immobile, je le vois s'arrêter à moins de deux mètres. Je pourrais presque le toucher. Il me regarde, hésite, flaire probablement quelque chose qui le met en alerte. Moi je ne bouge pas un cil, n'ai pas le moindre mouvement de pupille. Une statue. Notre immobilisme dure quelques secondes. Son souffle est haletant, après sa course folle, et je vois sa truffe humide, son oeil noir qui scrute dans ma direction, comme s'il cherchait à identifier cette forme incongrue. C'est un jeune mâle. Et puis il fait demi-tour, sans précipitation mais aux aguets, me contourne et s'éloigne. Lorsqu'il est à une vingtaine de mètres je me retourne et l'animal réalise alors que ce qui l'avait intrigué était bien quelque chose de vivant. Il se met alors à faire des bonds tout en aboyant, fuyant cette présence dont il ne tolère jamais la proximité.

 

 

IMGP9547

Une autre année, appoximativement à la même date et au même endroit.

 

 

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05 mars 2014

Ego numericus

L’écriture numérique et la connexion universelle sont-elles en train de changer notre identité : notre rapport au temps, à l’espace, à l’information, à la pensée, à autrui, à nous-mêmes ?

Après l’horloge, l’imprimerie et le chemin de fer, l’ordinateur et Internet seraient-ils en train de créer un homme nouveau ? Homo faber, devenu homo numericus, aura-t-il la même mémoire, les mêmes modèles, les mêmes projets ? L’identité narrative, fondée sur le récit, s’effacera-t-elle devant l’identité numérique, fondée sur le dialogue ? Quelle place pour le for intérieur, le silence, la lenteur, l’intime ? Quels nouveaux rapports entre les générations ?

« Ego numericus » : apothéose ou éclatement de l’individu tel qu’il s’est construit dans l’Europe de l’époque moderne ?

 

L'APA organise sa prochaine  Table-ronde 2014 sur le thème Ego numericus.

Elle aura lieu le 22 Mars 2014, à l’École Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005, Paris.

avec Dominique Cardon, Christine Genin, Christophe Grossi, et Pierre, dit l'Idéaliste.

 

 

 

Une occasion pour se rencontrer ?

 

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04 mars 2014

Donner des nouvelles

Une lectrice de longue date m'a récemment demandé de donner de mes nouvelles, approuvée par un commentateur régulier de ce blog [ils se reconnaîtront]. Ce n'est pas la première fois qu'une telle demande m'est faite, notamment lorsque je ne publie pas pendant plusieurs semaines [ce qui n'était pas le cas cette fois-ci...]. À chaque fois je surpris, étonné, et touché de constater que j'intéresse suffisamment quelqu'un pour que de tels mots me soient adressés. Ben oui, je suis comme ça ! J'ai beau constater que je suis lu, il reste un doute perpétuel sur l'intérêt que je peux susciter. D'ailleurs je me demande si un jour je viendrai à bout de ce doute...

Dans un registre proche mon ex-épouse, il y a peu, me signifiait qu'elle aimerait bien avoir de mes nouvelles de temps en temps, me faisant part de ses interrogations sur l'intérêt que je lui portais. J'avoue que près d'un mois après je reste... comment dire... décontenancé par cette déclaration d'affection. Je n'y croyais plus. Non : je ne voulais plus y penser. Je reportais à plus tard, toujours plus tard, le moment d'aborder... je ne sais même pas quoi ! Je n'avais pas envie de prendre de risques, ayant trouvé un équilibre de vie qui me convient parfaitement. Je me disais "à quoi bon ?".

À quoi bon revenir sur des choses anciennes ? à quoi bon chercher à rétablir une "amitié" qui n'a plus la place d'exister ? Comme si la confiance ne pouvait plus revenir... tout en étant jamais vraiment partie. J'avais l'impression de ne plus avoir de place vivante dans son existence. J'étais un homme de son passé. Un vieil ami qui ne peut plus l'être.

Depuis un mois je sais donc que ce n'est pas le cas. Perplexité. D'un côté je suis heureux de savoir que le ressentiment semble s'être apaisé [et finalement n'est-ce pas tout ce que j'avais besoin de savoir ?]. Mais de l'autre je suis un peu inquiet : qui est-elle, maintenant, cette femme que j'ai si intimement connue ? Comment m'adresser à elle sans trop m'exposer ? J'ai beau me sentir solide... il y a en moi certaines sensibilités que je sens à fleur de peau. Je n'ai plus envie de me faire malmener. Je n'ai envie que d'échanges sereins, compréhensifs, ouverts, acceuillants, doux... Et je ne suis pas sûr que Charlotte ait fait le chemin nécessaire.

Mon système de protection reste fragile... et c'est probablement pour ça que j'évite de m'exposer aux relation affectives. C'est encore trop risqué. On aura beau me répéter que c'est dommage d'y être devenu hermétique, je sais que j'agis au mieux de mes intérêts. Il n'empêche que, comme je le disais en commençant ce billet, je reste sensible aux marques d'attention. J'accueille volontiers celles que je reçois. Le problème c'est que j'en donne peu en échange...

Ah ça me turlupine tout ça ! Parce que cette retenue ce n'est pas vraiment moi.

Alors quand je reçois des marques d'intérêt, ou des signes d'inquiétude quant à l'intérêt que je porte à l'autre [mes enfants, l'an dernier...], je me sens penaud de n'avoir pas été suffisamment présent. J'ai un peu honte de n'être pas plus démonstratif.

 

Que faire ? Je n'ai pas l'intention de rester "celui qui donne peu", voire de passer pour un indifférent ! Mais d'un autre côté j'ai été marqué par des situations inverses, bien plus gênantes à mes yeux : l'excès d'attachement, avec de pénibles attentes de réciprocité. J'ai vécu cela dans les deux postures, en tant que demandé et demandeur, et reste marqué au fer rouge par le reproche d'avoir été trop aimant, voire envahissant ! Ça calme...

Oh, je sais que n'est pas la même chose ! Sauf que dans tous les cas ça touche à l'affectif...

J'ai donc dérivé, sans le décider consciemment, vers le "pas assez" plutôt que de prendre le risque du "trop". Orientation visiblement insatisfaisante pour ceux qui m'apprécient ! Il semble donc que je doive continuer à approfondir cette question de la "place" que j'accorde aux autres dans ma vie, tout autant que celle que je m'accorde dans leur vie. Les deux dynamiques sont indissociables, à mes yeux. Et automatiquement cela me renvoie vers la place que JE m'accorde dans ma relation aux autres.

Pfff, c'est compliqué, pour moi, ces questions de place et d'importance que l'on peut avoir pour autrui. Ça me propulse systématiquement vers les origines : l'enfance. Je crois que quelque chose s'est bâti de travers à cette époque lointaine, quelque chose a manqué et j'en traîne les séquelles. Je le sais; j'en suis conscient, mais ça ne suffit pas. Malgré le travail fait en ce sens, tout n'est pas réparé.

Alors, qu'est-ce qui fait que je doute encore de ma valeur aux yeux des personnes qui m'apprécient ? Qu'est-ce qui empêche que je croie vraiment ce que je sais intellectuellement ? Et comment garder durablement l'empreinte du plaisir partagé ?

Parfois je me demande : si les autres ne venaient pas vers moi... qu'en serait-il de ma vie relationnelle ? Heureusement j'ai la chance de voir se renouveller au fil du temps les partages de qualité [ce qui, en soi, devrait me rassurer sur mes potentialités...]. Pourtant, bizarrement, je ne cherche pas plus à les faire durer... alors que j'en aurais envie ! Mais ai-je encore envie d'y croire ? Paradoxalement, c'est comme si je comptais sur mes valeurs personnelles pour attirer vers moi. Comme si mon doute narcissique ne pouvait être levé que par des marques d'attachement, des démonstrations d'intérêt, des signes de lien. Mais moi je n'en donne pas, ou peu, ou à fréquence très espacée. Sauf si l'autre exprime régulièrement [mais sans insistance...] son souhait que je me manifeste. Et encore...

Pourtant, ce n'est pas faute de penser à ces autres qui comptent pour moi ! Mais d'ici à l'exprimer... il y  a un pas que je ne franchis généralement pas. Je reporte à plus tard, toujours plus tard. Qu'est-ce qui me retient ? Aurais-je peur de quelque chose ? L'attachement ? oui, ça je le sais déjà...

Une autre idée s'esquisse : aurais-je peur de ne pas donner assez, et ainsi ne pas répondre au désir de l'autre ? Avec la crainte d'être vu comme frustrant, décevant... et rejeté pour ça. Oh je sais, ces réveils traumatiques sont idiots, mais ils s'invitent et je ne veux pas les ignorer. J'ai clairement peur de me trouver devant une demande que je ne saurais satisfaire et voir ainsi l'autre se détourner de moi... en me blessant gravement une fois de plus [vraiment, je n'ai plus envie de ça !]. En quelque sorte j'anticipe sur la perte à venir. C'est irrationnel : la plupart des gens que je connais ne sont pas en attente à mon égard et ne font qu'exprimer un désir relationnel sincère. C'est stupide, aussi, parce que même s'il y devait y avoir perte je me sais largement assez solide pour en relativiser la portée, maintenant. Je me dirais simplement que cette personne tenait moins à moi qu'à l'image qu'elle avait de moi. Par ailleurs je ne redoute pas la solitude, qui n'existe pas vraiment dans mon mode de vie. Alors quoi ? Quelle est ma vraie peur, finalement ? Peut-être est-ce de perdre ma liberté ? De voir se restreindre la place que JE m'accorde en solitaire afin de me sentir en état d'harmonie interne ? En même temps je me dis que mon besoin de solitude provient probablement de ma difficulté à me situer avec les autres. Comme une respiration, je me ressourcerais dans mes moments en solitaire parce que je ne trouve pas vraiment ma place avec autrui. Parce que je ne prends pas cette place...

Dans le monde numérique je me suis trouvé une place confortable : je peux être présent sans m'imposer et "disparaître" à volonté. Je dépose mes textes et chacun peut y venir librement. La possibilité d'interagir est là, mais sans aucune obligation. Même par simple politesse. Seule l'envie motive l'expression : celle d'un partage émotionnel, intellectuel, affinitaire. Ou amical... La plupart du temps il y a quelqu'un pour réagir à ce que je propose, ouvrant ainsi une possibilité de "dialogue" plus ou moins développé. Il en va de même sur les blogs des autres, lorsque je m'autorise à prendre une place dans les commentaires. Cette liberté réciproque me convient bien. Je trouve qu'ici les rapports sont finalement assez sains : on ne s'oblige à rien, on ne s'engage à rien. Et on le sait : ces liens là ne s'investissent pas de la même façon que ceux qui interagissent par les sens. Ces relations abstraites, parce qu'elles ne laissent pas d'empreintes sensorielles, ne pénètrent pas la mémoire de la même façon. Il y manque, c'est bien connu, le contact direct. A chaque fois que j'ai pu partager en réel avec des personnes connues sur des espaces numérique, c'est le réel qui m'est resté clairement en mémoire. Néanmoins ce réel n'a pu exister que parce que le virtuel l'avait précédé. Loin de moi, donc, l'idée d'en minorer l'importance.

Si j'introduis cette notion de monde numérique c'est parce que je me rends compte que j'y suis plus "présent" que dans le monde réel. Je veux dire que j'interviens fréquemment ici pour exprimer mes états d'âme ou mes réflexions, ce qui fait qu'ainsi je "donne des nouvelles" à la cantonnade. Je raconte à mes lecteurs, dans leur ensemble, ce que je pourrais raconter à chacune de mes relations. Probablement parce que je sais que "vous" serez là et que parmi vous il y aura forcément quelqu'un qui sera intéressé par ce que je dis. Simple question de probabilités. Donc je ne m'expose pas au sentiment d'être "de trop", ou de débiter des histoires sans intérêt...

Ici je n'envahis personne :)
Ouais... finalement c'est probablement celle-là ma vraie crainte : ne pas être à la bonne place [comme s'il y avait une "bonne" place...]. Mais j'y travaille...

 

 

Euh... alors ces nouvelles ?
Ben là il est tard, alors ce sera pour une autre fois :)

 

 

26 février 2014

En deuil ?

L'autonomie affective, attitude dont je constate en moi l'extension depuis quelques années, m'interroge souvent. Le changement étant survenu tard dans mon parcours, il me surprend et m'intrigue. Or ce matin j'ai entendu une possible explication, à laquelle je n'avais pas vraiment pensé. Ou du moins que je n'avais pas nommée ainsi...

« Oscillant entre le désir de plaire et la crainte de l’attachement, je restai apparemment « indifférente ». Plusieurs qualificatifs me désignaient comme étrange, réservée ou plus radicalement « muette comme une tombe » ! En retour, et pour me protéger, je m’employais à faire « comme si »… comme si rien ne me touchait vraiment. En fait, il ne s’agissait ni de froideur ni d’indifférence, mais de la nécessité d’habiter un monde suffisamment lisse, impersonnel et protecteur non pas vis-à-vis de la mort (…) mais de la séparation qu’elle inflige avec la disparition de l’autre. Bref, j’étais en deuil. »

Ginette Raimbault, dans "Parlons du deuil", cité par Caroline Eliacheff, ce matin sur France Culture

 

 

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21 février 2014

La mémoire des sensations

Hier soir j'étais dans un groupe d'échange de pratique. Voilà près de deux ans que nous retrouvons, une fois par mois, à cinq ou six managers (qu'on nomme aussi "encadrement intermédiaire") issus de structures sans aucun lien mais toutes à vocation sociale. Nous y partageons nos approches, nos difficultés, nos avancées, afin que chacun se nourrisse de la diversité d'expériences du groupe ainsi constitué. Les situations de nos quotidien nous confrontent continuellement à de nouveaux enjeux relationnels et humains puisque nous sommes situés entre "le terrain" et "les instances dirigeantes", avec toutes la méconnaissance réciproque qui peut exister entre ces deux mondes.

Ces réunions nous permettent d'exposer des situations qui nous touchent émotionnellement, ou bien nous mettent en difficulté ou en doute quant à leur résolution. Chacun décrit sommairement le contexte, de quelle façon il perçoit la situation, comment il se situe et quelles sont ses limites. L'effet de ce partage est très bénéfique puisque les autres participants, avec un regard extérieur, une pratique différente, ou ayant déjà eu à faire face à une situation similaire, apportent des éléments de connaissance et aident à mieux percevoir la situation. Dans ces moments d'échange je suis très attentif à tout ce qui circule et, au delà de l'aspect factuel des situations, ressens, capte, perçois des sensations, voire des émotions subtiles. Je leur accorde une grande importance, sans m'y arrêter vraiment dans l'instant : je fais confiance à ma conscience pour faire le tri et se saisir de ce qui fait sens.

Le mois suivant chacun peut faire part d'éventuelles avancées sur la situation décrite antérieurement, évoquer ce qui a pu être amélioré, mis en place, ou s'être dénoué. C'est une façon de valider collectivement que ce qui avait été proposé fonctionne.

Dans ces moments de "raccrochage" au mois précédent y a quelque chose qui me surprend régulièrement : il arrive que je ne me souvienne plus vraiment de la situation qui avait été évoquée ! Les autres membres du groupe, en revanche, attendent avec avidité le dénouement d'une histoire qu'ils/elles semblent avoir parfaitement mémorisée, avec force détails. Moi j'ai parfois tout oublié ! Sauf les sensations...

J'en déduis que la mémoire de chacun fonctionne selon une logique qui lui est propre. Je dirais que la mienne est sensorielle : j'ai besoin que mes sens aient été sollicités. Les sens physiques, en particulier la vue, mais surtout ce qui en découle : les sensations. Je pourrais donc parler de mémoire sensitive : relative à la sensibilité. Lorsqu'on me décrit une situation dans laquelle je n'étais pas présent je ne la mémorise que très partiellement, voire quasiment pas, sauf si elle me touche à un niveau plus profond de sensations, c'est à dire émotionnellement. C'est un peu gênant parce que lorsque je revois une personne avec qui j'ai déjà échangé il m'arrive de ne plus me souvenir de ce qui s'est dit, alors que l'autre se souvient parfaitement de mes paroles... Je n'ose alors pas avouer ma lacune mémorielle (ce serait vexant pour l'autre...) et il me faut un certain temps d'écoute à la dérive pour "raccrocher", plus ou moins bien, avec mes souvenirs du récit antérieur. D'ailleurs j'ai le même genre de problème dans le monde numérique : il me faut du temps pour mémoriser l'histoire personnelle des entités avec qui j'interagis. Les éléments factuels ne permettent pas l'accroche. Par contre je me souviens très bien de ce que j'ai lu si des sensations/émotions ont eu lieu et c'est à partir de ces souvenirs-là que je vais "accrocher" avec quelqu'un.

 

En continuant sur ma lancée, et pour aller plus loin... je me demande si la logique de ma mémoire ne serait pas à l'origine de mon "détachement" dans les relations affectives : très "présent" [quoique souvent discret et peu loquace] durant le temps de contact, et "habité" par la présence de l'autre, j'ai tendance à oublier le relationnel dès lors que la distance ne permet plus aux sensations de vibrer. Par contre le souvenir des sensations et émotions reste très prégnant, pour ne pas dire éternel [ah, tout de suite les grands mots !]. Je reste habité par des souvenirs émotionnels qui animent mon intériorité et constituent mon être. Ces souvenirs, littéralement  sensationnels, sont une richesse qui embellit ma vie intérieure. Ce qui fait, peut-être, que je ne ressens pas le besoin d'être en contact : l'autre et le souvenir des sensations partagées sont "en moi". Mais ces seuls souvenirs ne seraient pas suffisants si je n'avais pas, en outre, l'assurance [d'où provient-elle ?] que les sensations sont réactivables : il suffit que les conditions favorables soient de nouveau réunies. Ma confiance en l'avenir et ses possibilités est une de mes principales ressources, qui me fait porter un regard optimiste et insouciant à l'égard du temps qui passe. Même si intellectuellement je sais que l'écoulement du temps, hélas, réduit les opportunités de rencontre.

Finalement le seul cas qui a causé une grave avarie à mon insubmersible optimisme, au point de me mettre dans une situation existentielle délicate, s'est produit lorsque la perpétuation relationnelle m'a été refusée. C'est arrivé trois fois. Trois personnes avec qui j'ai été en relation affective très impliquée, avec qui les souvenirs de sensations de bonheur étaient devenus constitutifs de mon être, m'ont un jour fermement assuré que ces partages-là n'auraient plus lieu. N'imaginant pas que cette fermeture puisse m'être opposée, je suis à chaque fois tombé d'aussi haut que mes espérances. Cette conception des rapports relationnels à limitation imposée m'a heurté avec une violence inouïe... jusqu'à ce que j'accepte cette différence de logique en modifiant ma perception des liens affectifs. Entre le premier choc, qui a ouvert un gouffre, et l'acceptation des deux derniers il m'aura fallu... pas moins de trente-cinq ans de cheminement. Une vie, quoi...

Je crois que je n'ai pu en sortir que par un travail, largement inconscient, de modification de ma logique relationnelle. Dix ans pour apprendre à privilégier encore plus l'instant, à garder en mémoire les trésors du passé sans attendre de l'avenir qu'il m'en offre à nouveau... tout en restant fondamentalement optimiste. Croire qu'un mieux est atteignable, et agir en ce sens, tout en acceptant par principe de ne pas y parvenir. Parce que je ne suis pas tout-puissant ! C'est, je crois, une application du fameux "lâcher-prise" qui consiste à accepter que mon pouvoir d'action sur toute chose soit limité. En matière relationnelle le passé est acquis, le présent se joue à chaque instant dans le jeu des actions-réactions, mais le pouvoir sur un avenir souhaité est extrêmement réduit. Au delà on entre dans le domaine de l'espérance, vaine par essence.

A l'instar de Comte-Sponville, je prône la désespérance. La non-attente, au profit de l'inattendu.

Bizarrement je constate [mais est-ce lié ?], que la non-attente semble engendrer une sorte d'insouciance face au temps qui passe. Mieux : une insouciance face à la perspective, sans échappatoire, de la mort. Dès lors, à quoi bon se hâter de vivre ? Je mourrai peut-être demain... et alors ?

 

 

IMGP3869

 

Sans espoir... et tellement réjouissant

 

09 février 2014

Solide et sensible

Ces derniers temps j'ai exposé ici, à travers différents billets, les postures professionnelles auxquelles je suis confronté : d'une part je suis celui qui conduit une activité en tant que "chef", d'autre part celui qui se trouve en difficulté pour tenir cette position. Je suis à la fois celui sur lequel on s'appuie, devant donc faire preuve d'une certaine assurance, capable de faire respecter un cadre de travail... et celui qui se sent démuni et vient demander de l'aide.

Dans les deux cas il est préférable que je montre ma solidité, gage de fiabilité. Sauf qu'à l'intérieur les doutes me traversent, des craintes peuvent intérférer, et mes névroses personnelles me déstabiliser. Me retrouver devant une personne détentrice d'autorité, par exemple, me renvoie directement vers des traumatismes d'enfance. Je sais qu'à ces moments-là c'est une figure paternelle qui s'incarne : extrêmement exigeante, dure, prête à me punir d'avoir mal agi ou mal compris. J'ai beau savoir que tout cela ne correspond plus à ma réalité d'adulte, il n'y a rien à faire, les souvenirs traumatiques sont là, à peine dissimulés sous la surface. Aller au devant d'une personne que je perçois comme "supérieure" (dominante) me demande de rassembler mes forces et beaucoup d'énergie, de l'audace, voire une certaine colère pour pouvoir exposer ce qui m'est vraiment insupportable. Voilà pourquoi il m'a fallu deux ans pour oser dire franchement le fond de ma pensée à "Mr n+2" : je n'en pouvais plus.

Dans un tout autre domaine je viens d'être confronté au même contraste solide/sensible.
Mon ex-épouse m'a récemment déclaré qu'elle apprécierait que je lui téléphone de temps en temps, histoire d'échanger des nouvelles. Elle-même ne le faisant presque plus, face à mon absence d'initiatives, nos contacts sont devenus très espacés et essentiellement fonctionnels. Sa demande m'a travaillé, parce qu'elle allait dans le même sens que celle de mes enfants, il y a quelques mois. Et d'autres personnes m'ont déjà formulé ce grief. Effectivement je ne suis pas quelqu'un qui manifeste mon intérêt ou mon attachement. J'ai déjà écrit sur ce sujet à plusieurs reprises.

Hier, alors qu'encore une fois c'est elle qui me téléphonait, je lui ai dit que j'avais bien entendu sa demande et que je cogitais en ce sens. Que l'absence de manifestation n'était en rien un signe de désintérêt ou d'indifférence, mais résultait d'un mécanisme de protection. Nous avons longuement parlé et je lui ai expliqué que j'avais tout à fait conscience de ce que les apparences pouvaient laisser croire mais que j'avais appris à ne plus rien attendre de quiconque. Donc à pouvoir me passer de contacts. C'est comme si j'avais intégré la présence des personnes que j'aime. Je sais que ce fonctionnement peut leur poser problème mais, pour le moment, c'est ce que j'ai trouvé de mieux pour être heureux : me sentir autonome, ne dépendant de personne en particulier, tout en restant avide de partages. J'accueille donc avec plaisir les contacts, d'où qu'ils viennent, mais ne sollicite pas. Ou rarement.

Ça m'irait très bien comme ça [quoique...] si ça ne donnait pas une apparence de détachement qui peut perturber, ce que je conçois parfaitement. Alors comme je l'avais fait avec mes enfants l'an dernier, un peu ému j'ai confirmé à mon ex-épouse que je restais fortement lié à elle, n'étais absolument pas indifférent et qu'elle demeurait quelqu'un de très important dans ma vie. Sauf que c'est en sommeil. Contrairement à ce que les apparences laissent voir, je suis fondamentalement du genre très fidèle dans mes attachements. Elle a semblée rassurée et m'a remercié pour ces paroles. Et puisqu'il y a longtemps [plusieurs années...] que j'envisageais de lui proposer de passer un moment ensemble afin d'évoquer tout cela, j'ai profité de ce dialogue approfondi pour lui formuler. Elle en a semblée heureuse et a accepté. Ça m'a vraiment fait plaisir, et soulagé :)

Je redoutais qu'elle repousse mon initiative...

Je sais, et bien des lectrices de ce blog me l'ont déja signifié, que le système de protection que j'ai mis en place après avoir été doublement quitté paraît surdimentionné. Dans l'absolu il l'est, évidemment, mais si cette solution s'est imposée à moi c'est parce que c'était la meilleure après le choc qui a bouleversé mon rapport à l'affectif, lui-même mal établi dans mon enfance. J'ai dit à mon ex-femme, comme je le répète à chaque fois qu'on s'inquiète de mon épanouissement, que ce système me permettait de vivre heureux. Ceux qui me connaissent de près constatent cet état de bien-être intérieur, j'en suis certain, parce qu'on ne triche pas durablement avec ça. Mais si je le suis c'est bien parce que je me protège ! Du moins... dans ma vie personnelle. C'est moins vrai dans le domaine professionnel.

Le parallèle que je fais entre le plan professionnel et le plan affectif provient du fait que dans les deux contextes je suis à la fois solide et sensible. Fort et vulnérable. On peut compter sur moi en termes d'engagement, mais j'ai besoin de me sentir dans un environnement favorable et confiant. Si je ne trouve pas cet environnement j'entre en état de vigilance, me protège, me recentre sur mon besoin d'équilibre intérieur. Et là je ne peux plus offrir grand chose... 

Ma solidité ne s'installe que là où les fragilités d'enfance ont cèdé leur place à la maturité.

 

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Millième

Canalblog a installé une nouvelle fonctionnalité qui met en évidence quelques données statistiques. J'ai ainsi pu constater que ce blog approchait de son millième billet. Ce sera donc pour aujourd'hui. Mille textes, ça représente quoi ?

 

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Boh... finalement ça ne fait pas tant que ça, en un peu plus de 8 ans d'existence [mais j'écris moins souvent qu'au début...]

En revanche je remarque que les 999 interventions précédentant celle-ci ont généré...

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... 11.000 commentaires ! [dont à peu près la moitié me revient...]

C'est dingue, non ? Ça en fait des bouts de conversation ! [pas tous transcendants, je le reconnais] Et des échanges variés, parfois bien plus développés que le billet qui les a engendrés, et le prolongeant loin.

Au moment ou mon amie Koryganne a l'impression qu'écrire lui est devenu inutile, je me dis que tout ce temps passé devant un ordinateur a partager mes réflexions les plus diverses a été utile. À moi, évidemment, comme accélérateur de conscience, enrichisseur d'idées, ouvreur de pistes, affermisseur d'assurance, mais aussi à celles et ceux qui, au hasard d'un passage ici ou dans la continuité d'une lecture régulière auront trouvé des éléments à agréger à leur conscience.

Tout n'aura pas été utile à 100 %, certes, et le temps passé ici aurait parfois pu l'être ailleurs de façon plus profitable. Mais globalement le bilan est pour moi tellement positif ! Ce que je cherche et trouve, ici et sur les blogs que je lis, ce sont des échanges de points de vue que je n'ai pas ailleurs. Ce qui fait que je me demande souvent : qu'aurais-je été sans ces espaces de rencontre ?

Alors merci à vous d'avoir contribué à tout ça :)

Posté par Couleur Pierre à 00:03 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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