Alter et ego (Carnet)

23 décembre 2017

Un air de légereté

Ce que j'aime, quand il m'est compliqué d'écrire sur ce blog [cf. billet précédent], c'est que les commentaires qui suivent la mise en mots m'amènent presque toujours à préciser certains détails qui, au final, concourent à simplifier le tout :)

Il suffit que j'envoie un peu maladroitement mon gros paquet tout embrouillé et bien indigeste pour que, chacun tirant un fil, m'aide à défaire des noeuds que je n'avais pas vus. C'est magique !
Mais non, je sais bien que ce n'est pas magique. C'est juste logique. On appelle ça l'intelligence collective. C'est à dire l'échange de points de vue variés, éclairés d'expériences individuelles et de savoirs singuliers. Le tout aboutissant à une symphonie unique et originale. C'est potentiellement très riche et absolument réjouissant.

Aussi je veux déjà remercier ici chacune des personnes qui m'a aidé à tirer un des fils qui dépassaient.

Mais comme l'existence est ponctuée de coïncidences, le hasard a fait que cette semaine j'étais convié à deux jours de formation à l'assertivité. En parfaite synchronicité avec ma réflexion du moment ! Tandis que j'écoutais et m'imprégnais, mes pensées m'ont plusieurs fois ramené à ce que j'avais exprimé ici, au sujet du respect de soi et du respect de l'autre. De la responsabilité de chacun dans ce qu'il ressent. De l'engagement consistant à se dire en vérité, lorsque nécessaire, afin que chacun y gagne en clarté et la relation en fluidité. J'ai aussi réfléchi à ce que j'avais envie d'émettre, ici et ailleurs. Plutôt une tranquillité bienfaisante ici, tandis que le réel moins réjouissant irait se nicher ailleurs [je ne saurais me défaire de la conscience du réel]
Finalement le bénéfice que je peux ressentir en me montrant souriant, ouvert, accueillant, bienveillant... s'oppose aux effets que je peux constater lorsque j'évoque de sombres perspectives. C'est flagrant sur ce blog : ce que je veux gagner en franchise, je le perds en convivialité.

Il me reste donc a apprendre a conjuguer harmonieusement deux tendances qui parfois se contrarient : légereté et gravité. Ou optimisme et lucidité. Insouciance et réalité. Et surtout à bien compartimenter mes lieux d'expression.

 

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15 décembre 2017

Même pas peur

Ami·e lectrice et lecteur,

À toi qui me lis avec fidélité je veux faire part d'une évolution concernant ce blog. Mes sujets de prédilection évoluent et varient selon mes lubies du moment, ça, tu t'en es forcément aperçu. Les échos de lecteurs fluctuent en conséquence et c'est bien normal. Mais tu ne t'es peut-être pas rendu compte qu'une partie des échanges qui ont suivi mes deux précédents billets m'a quelque peu déconcerté. J'ai perçu un clivage, avec l'impression de "forcer" quelque chose. En mon for intérieur une réflexion quant à l'orientation de mes écrits ici, flottante depuis plusieurs mois, s'est alors ravivée. En fait, je te l'avoue, j'ai constaté de longue date qu'aborder certains sujets pouvait susciter du trouble. En soi ce n'est pas un problème, sauf que cela m'est de plus en plus inconfortable. Mes derniers billets ont confirmé ce que je pressentais. Désormais je suis convaincu de devoir changer quelque chose dans ma pratique si je veux préserver mon équilibre.

Oh, la grande affaire, pourrais-tu penser !

Laisse-moi de raconter. 

Il y a quelques années je partageais sur ce blog le cheminement de mes réflexions autour de... l'amour et des variations qui peuvent s'y rattacher. Rien de scabreux, je te rassure ! Et bien figure-toi que mes prises de position ont parfois heurté des convictions, notamment quand il était question de non-exclusivité amoureuse et de sexualité. Il en a résulté des échanges parfois tendus, assortis de quelques jugements dont je suis sorti meurtri. Des rapports de confiance en ont été endommagés. Comprenant alors que le lieu ne s'y prétait pas, j'ai progressivement cessé d'aborder ce thème.

Aujourd'hui, dans un tout autre genre, je constate qu'évoquer ma perception du devenir de l'humanité peut aussi toucher des sensibilités profondes. Au vu de l'enjeu, je peux fort bien le comprendre. À nouveau j'en déduis que ce blog, qui se veut être espace d'échange amical, pacifique et bienveillant, n'est pas le lieu qui me convient pour en parler. En fait je devrais plutôt dire que je n'ai pas su trouver une façon satisfaisante de le faire. Je n'ai ni la légereté, ni l'humour qui pourraient atténuer la gravité sérieuse de mon propos. Ma démarche pourrait même être contre-productive, en rebutant une partie du lectorat ! Par conséquent, après mûre réflexion, j'ai pris la résolution de ne plus aborder ici cette thématique sous son angle le plus effrayant. Depuis quelques temps je m'y préparais et cet épisode m'a permis de franchir le pas.

Il n'en demeure pas moins que le sujet s'est largement installé dans mes pensées et que je me sens généralement plus inspiré pour parler de ce qui me préoccupe que de ce qui, dans mon existence ou dans le monde, relève de l'ordinaire. C'est peut-être dommage mais, pour le moment, c'est ainsi. Il se pourrait donc que je ne me manifeste guère pendant quelques temps. N'en sois pas inquiet·e, ami·e lectrice et lecteur :)

 

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Ça, c'était pour la version courte.
Je ne l'ai pas publiée illico, le 27 novembre, jour de sa rédaction. 

Je ne me voyais pas en rester là. Tu me connais : il n'est pas dans mes habitudes d'éviter la réflexion, l'analyse et l'introspection. J'ai donc tenté de décrire ce qui s'était passé en moi pour que j'en arrive à prendre une telle décision, qui n'est autre que fermeture et auto-censure. Avec un peu de recul et grâce à quelques solides discussions, passé le temps de la perplexité et du doute, j'ai remis en question quelques unes de mes idées en termes de communication. Une prise de conscience nouvelle a émergé et m'a travaillé. J'ai réfléchi...

Et là, quand j'ai entrepris de rédiger la suite... j'ai constaté combien il m'était difficile d'ordonnner mes idées et de mettre en mots ce qui me traversait. Beaucoup de pistes entrecroisées se sont ouvertes, sans que je sache lesquelles convergeaient ou divergeaient. Qui cherchais-je à protéger : moi ou autrui ? Un vrai sac de noeuds !

Démêlons.

 

En recherche de convergence

Tout est parti d'un sujet que j'occultais depuis quelques mois et sur lequel j'aurais pu éviter de revenir. Connaissant le potentiel anxiogène dont il est porteur, je prenais des risques non négligeables ! En fait je me suis simplement laissé aller, une nouvelle fois, et sans bien y réfléchir, à tenter de trouver une résonance dont je pense avoir besoin. Je le sais maintenant, j'ai besoin d'exprimer ce qui me trouble et m'inquiète. Dire mes craintes pour les désamorcer, les relativiser, les apprivoiser. J'ai besoin de regarder en face ce que les données dont je dispose provoquent en moi comme émotions afin d'en diminuer la charge. Et puis sans doute ai-je besoin de sentir que d'autres les ressentent aussi (à plusieurs on se sent moins seul).

Sauf que je ne peux veux pas m'exprimer sans prendre de précautions. Ni ici, ni ailleurs.
J'ai donc fini par comprendre que je ne peux pas afficher
mes peurs sans me soucier des éventuelles conséquences sur celui qui les reçoit. C'est une leçon de vie, qui va finalement bien au delà de ce que j'évoque ici. Imposer à l'autre d'être confronté à ce qu'il ne souhaite pas voir/entendre est une forme de... violence.

Voila qui me pose un léger problème !

Alors que j'apprécie - et recherche - le débat d'idées, je n'aime pas heurter les convictions des personnes qui me font le plaisir de me lire et de commenter - ou de discuter avec moi. Mais je n'aime pas non plus voir minimisé ce qui revêt une grande importance à mes yeux. Or, je le constate, certains sujets "dérangeants" - en ce sens qu'ils touchent à des valeurs et croyances intimes - peuvent venir bousculer chacun dans ces domaines sensibles, voire mettre en évidence des divergences fortes.

Certes, on pourrait me rétorquer que ce n'est pas bien grave, que chacun est adulte et responsable, donc capable de lire - écouter - et faire le tri. Et puis qu'ici c'est mon espace d'expression et qu'il est important que je m'y sente libre. C'est exact... mais cela ne me suffit pas quand il s'agit de personnes avec qui s'est établi un rapport de confiance, de proximité, ou envers qui j'ai considération et respect.

Car ce blog est un lieu particulier, sans réel équivalent dans la "vraie vie". Alors que dans cette dernière je suis habituellement extrêmement discret, ici j'ai tendance à déposer assez librement ce qui m'émeut. Que ce soit ce qui me plaît ou me déplaît, me révolte, m'attriste, me met en joie, me touche. Pas tout, bien sûr. Seulement ce qui dépasse un peu trop. Je relate aussi ce qui me pose question ou me turlupine, me fait douter. Dans ce cas, partager me permet de donner du sens, de comprendre, de prendre conscience, de franchir des pas, d'aller plus loin. Et pour cela le retour de lecteurs m'est utile, en plus d'être un réel plaisir. Il me permet d'avancer... mais aussi d'entretenir du lien social, et même affectif. Ce lien distant est important pour le solitaire-social que je suis. Aussi est-il indispensable que je fasse en sorte que se maintiennent des conditions favorables afin que chacun se sente suffisamment à l'aise pour entretenir le fragile équilibre du donner-reçevoir. Faire en sorte qu'un rapport de confiance demeure.

En moi cet équilibre a parfois été assez délicat à maintenir. D'ailleurs à certaines périodes il s'est rompu et j'ai vacillé. À la suite de quoi je me suis temporairement tû, ou ai abandonné certains thèmes sensibles, comme mentionné plus haut. Je veille donc à ne pas me retrouver en position inconfortable :)

Voila pourquoi je prends garde à ne pas trop bousculer mon lectorat.

 

Les limites du consensuel

D'un autre côté, si je devais me limiter au consensuel, l'écriture perdrait l'interêt que je lui accorde. Dilemme, donc. Jusqu'où rester "vrai" ? Une limite m'est peut-être indiquée lorsque je me sens en difficulté, hésitant sur la suite à donner...

Je crois que c'est ce qui s'est passé avec l'expression de mes légitimes craintes face à l'avenir de nos conditions d'existence.

Inquiétude, crainte, peur, angoisse... l'échelle des gradations varie mais elles s'inscrivent dans le registre de la peur, plus ou moins consciente et maîtrisable. La peur fait partie des émotions fondamentales (avec la joie, la tristesse, la colère...). Or une émotion est un jaillissement spontané sur lequel la raison n'a pas directement prise. Une émotion doit d'abord être conscientisée, voire être exprimée et entendue, avant que la raison puisse éventuellement retrouver un potentiel d'action. J'ai donc, comme tout un chacun, besoin d'extérioriser mes inquiétudes lorsqu'elles dépassent ma capacité à y faire face sereinement. Sauf que beaucoup d'émotions ont la particularité d'être "contagieuses" et la peur, puisqu'il s'agit principalement d'elle ici [mais la tristesse aussi], n'y échappe pas. Dire ma peur c'est donc prendre le risque de "stimuler" des peurs plus ou moins semblables ou opposées chez autrui. Par conséquent le risque existe de réveiller inopinément chez l'autre des peurs profondément enfouies ou volontairement occultées.

Problème, là encore.

D'abord parce que je ne veux "forcer" personne à regarder en face ce qui est évité ; ensuite parce que les réactions protectrices qui contrent ces peurs mettent en évidence un net clivage. D'un côté - en caricaturant - il y aurait le choix d'une attitude s'assimilant à un « je préfère regarder ailleurs » (ou « je sais mais ne veux pas voir », ou encore « je préfère regarder les jolies choses ») afin de rester optimiste ; de l'autre celui d'un pragmatisme qui se veut "réaliste et lucide"... mais assurément moins optimiste. Voire carrément déprimant ! Rien de vraiment rédhibitoire entre les deux approches... et pourtant un décalage certain. L'axe de vision est différent et je ne crois pas que le choix de ce dernier tienne du hasard. Je pense que celui-ci répond à une nécessité intérieure, donc à un besoin profond qui n'est pas nécessairement choisi consciemment. Dans le contexte planétaire dont il est question, parce qu'il est grave, mon choix est d'être lucide. Alors que la plupart du temps, pour tout le reste, je fais celui de l'optimisme !

Face à notre avenir commun je suis donc moi-même clivé, entre une insouciance naturelle et la préconscience de ce qui pourrait advenir. J'entrevois une conjonction de menaces multiples et sérieuses dont la liste s'allonge sans cesse, suscitant autant de raisons objectives d'être inquiet. Bien plus de raisons que ce que j'imaginais initialement, en fait. La connaissance accroît ma conscience, qui conforte mes craintes, me poussant à m'informer davantage... et mesurer l'étroitesse des issues de secours.

Or je suis ainsi fait que j'ai besoin d'aller au contact de la peur afin de la rendre tangible. Et peut-être même, tout spécialement, d'expérimenter cette émotion que je connais mal parce que je ne suis habituellement pas un angoissé, que ma tendance naturelle est à l'insouciance, plutôt portée à l'optimisme. J'aurais donc besoin d'approcher la peur, et même la prendre à bras le corps, pour me mettre en marche dans l'affaire qui nous concerne... tant qu'il est encore temps. J'ai donc besoin que mes craintes ne soit pas atténuées, qu'on ne tente pas de les raisonner pour tenter de les réduire. Quitte à me rendre compte tout seul qu'elles sont exagérées ou que des solutions existent pour que ce qui les suscite n'advienne pas.

D'une certaine façon, tout cela confirme que je ne peux évoquer mes craintes qu'avec ceux qui les partagent. Je n'ai pas à "envahir" l'espace vital de qui n'est pas prêt à m'entendre.

 

À l'écoute des émotions

En rédigeant - laborieusement - ce texte analytico-explicatif il m'est revenu à l'esprit un souvenir, sans doute déterminant, dont je ne suis pas fier : un jour qu'une amie me parlait de ses peurs face à notre monde brutal et cynique, qu'elle voulait voir avec la plus crue lucidité possible, je n'ai pas su l'écouter ni la comprendre. Tandis qu'elle tentait d'énumérer les calamités et injustices qui la bouleversaient, je lui ai opposé mon désir d'optimisme, insistant sur le regard positif que je voulais avoir sur le monde, lui reprochant de se focaliser sur la noirceur. Ce jour-là, implicitement, j'ai été dans la négation de ses peurs et de ses émotions. Il en a résulté, de sa part, une réaction violente, à la hauteur du sentiment d'incompréhension ressenti. La confiance était atteinte. À tel point qu'elle n'a plus voulu m'adresser la parole durant des mois.

Je garde donc, outre l'amertume, le souvenir pénible et gênant de n'avoir pas su entendre une émotion qui avait besoin de l'être. D'avoir privilégié ma façon de voir les choses, considérant qu'elle était "meilleure" (!!) parce que tournée vers une vision heureuse de l'existence. Grande leçon d'humilité dont je n'ai compris le sens que bien plus tard. Et en l'occurrence bien trop tard...

Voilà pourquoi je ne souhaite plus évoquer ici ce qui pourrait générer des oppositions fondamentales :)

Mais comme j'ai quand même besoin d'en parler, je me résouds à fragmenter mes lieux d'expression. Ce sera ailleurs. Tout comme je compartimente dans la vie réelle : je ne parle pas de tout ce qui me préoccupe avec mon entourage.

 

 J'adresse mes remerciements aux quelques personnes qui, de près ou de loin, m'ont permis d'entreprendre cette nécessaire et salutaire réflexion

 

 

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22 novembre 2017

Une culture de l'égoïsme

« Il faut se rendre compte que la courte et extraordinaire période d’abondance que nous venons de vivre depuis la révolution industrielle — grâce aux énergies fossiles — a fait émerger une solide culture de l’égoïsme. Logique : c’est parce que nous sommes infiniment riches que nous pouvons nous permettre le luxe de dire à notre voisin : « Je n’ai pas besoin de toi, je peux vivre seul. » Il en va de même dans le monde vivant, des bactéries aux arbres, en passant par les animaux. Un milieu d’abondance fait émerger la compétition ; un milieu pauvre et hostile fait émerger l’entraide.

Le vrai problème n’est donc pas la pénurie, l’être humain sait assez bien gérer cela. Le vrai problème est d’arriver de plein fouet dans un monde de pénurie avec une culture de l’égoïsme. C’est précisément cette culture qu’il faut désamorcer au plus vite, afin de réduire le chaos social. »

À propos de la parution de "L'entraide, l'autre loi de la jungle" de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, article à lire sur Reporterre

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10 novembre 2017

Graines de lucidité

Voici quelques mois que je n'en ai plus parlé. Cela n'a pas empéché l'idée de s'enraciner dans mes pensées. De plus en plus profondément, émotionnellement et intellectuellement. Elle est devenue prégnante, viscérale. Ma façon de perçevoir notre monde, et surtout celle de me projeter vers l'avenir, ne s'en détachera probablement plus. Imperceptiblement l'ordre de mes priorités change.

Grave s'il en est, le sujet est généralement repoussé, occulté, délaissé, oublié. Trop inquiétant pour être regardé en face. Littéralement impensable. L'évoquer sérieusement c'est prendre le risque d'être regardé avec incrédulité. Est-ce par ignorance, aveuglement, refus ou déni ? Quoi qu'il en soit je me garde d'aller au delà de vagues allusions. Si je ne sens pas l'étincelle d'une réceptivité, je n'insiste pas : c'est que l'autre n'est pas prêt. D'ailleurs, je me demande parfois s'il est judicieux de tenter d'en parler. N'est-ce pas semer des graines d'angoisse dans un jardin où l'insouciance serait soigneusement cultivée ?

D'un autre côté, n'y a t'il pas quelque urgence à porter un regard lucide sur ce qui s'annonce ? Ne serait-ce que pour mieux s'y préparer. Là, au contraire, le besoin d'en parler entre "catastrophistes éclairés" se fait sentir.

Hésitation.

Je choisis quand même en vous proposant la web-série documentaire ci-dessous. En forte résonance avec ma difficulté à partager autour de ce thème, elle m'a rappelé que d'autres avaient des ressentis et émotions similaires. Je vous laisse découvrir et vous faire votre propre idée...

 

 [Next ], de Clément Monfort. Le 4eme épisode vient d'être mis en ligne.
À découvrir aussi via Adrastia ou via Tipeee

 

 

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04 novembre 2017

De feuilles et d'écorces

En cette fin d'automne, qui s'éternise dans la douceur, les dernières feuilles prennent leur temps de s'attarder. Bientôt elles s'élanceront pour leur unique vol jusqu'au sol, à moins qu'un coup de vent les y précipite sans délai.

Hier, dans le sous-bois teinté de lumière matinale, elles composaient avec les écorces des arbres voisins une infinité d'éphémères tableaux .

 

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En vedette : érables du Japon et bouleaux

 

 

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28 octobre 2017

De l'arrogance du dominant

La clameur a débuté alors que, au retour d'un voyage paisible, j'étais resté dans une béate période d'abstinence médiatique, sans aucune info. Ce n'est donc qu'après quelques jours que j'ai eu vent de l'affaire Weinstein, via le blog de La Baladine. À partir de là j'ai commencé à suivre l'évènement et le mouvement de protestation qu'il a enclenché, comme un immense ras le bol. Comme un fruit mûr qui n'attendait que l'affaire de trop pour tomber en éclaboussant autour. La cocotte-minute sous pression a explosé.

Je ne vais pas en rajouter à ce qui a été dit et redit sous tous les angles possibles, mais tenter d'élargir un peu le sujet après un détour du côté des victimes.

Beaucoup de mots et d'idées ont été lancés, et peut-être pas toujours dans les directions les plus pertinentes. Inévitable. C'est le propre des sujets brûlants, à connotation passionnelle parce que devenus insupportables. Il faut que ça sorte. Même si c'est confus, même si se mélangent et s'amalgament des éléments qui n'ont pas de lien direct.

Quand une victime se plaint, on ne doit pas mettre sa parole en doute. On l'écoute. On la laisse déverser son mal-être, sa révolte, sa colère, exprimer ses blessures profondes, sa tristesse, son sentiment d'injustice. On ne pointe pas les éventuelles exagérations, on ne minimise pas sa souffrance, on ne disqualifie pas ses ressentis : la parole doit d'abord se libérer... quitte à ce qu'elle soit nuancée ultérieurement par la victime elle-même, une fois qu'elle se sera sentie vraiment entendue et pleinement comprise. "La" victime, ici, c'est "la" femme (bien que le fait d'assimiler la femme à une victime puisse donner lieu à discussion). C'est le genre féminin dans son ensemble, en tant que groupe exposé. Toutes les femmes, donc, même si toutes n'ont pas été directement concernées par des violences sexuelles à leur encontre. Toutes (ou presque) se sentent concernées parce qu'elles restent les victimes potentielles d'actes irrespectueux. Ou tout du moins des "proies" pour ceux qui se sentiraient avoir des droits sur elles. Les femmes sont cette moitié de l'humanité qui subit la domination masculine de toute éternité. Une domination plus ou moins marquée, plus ou moins contrée, mais omniprésente et tenace, très profondément enracinée dans les consciences et les cultures. Une hiérarchie de fait, véhiculée autant par les hommes... que par les femmes. Sans même en avoir forcément conscience. C'est, il me semble, ce que l'on appelle des "impensés culturels".

Je crois qu'il est difficile pour un homme de se rendre compte de ce que cela signifie, viscéralement, d'être femme. Tout comme il est difficile au groupe dominant des blancs de se rendre compte de ce que peut ressentir une personne de couleur. Et difficile au puissant de mesurer ce que ressent l'opprimé. Je crois que seuls ceux qui subissent une domination disposent de la légitimité pour en décrire les effets. Les dominants ne peuvent en prendre conscience que par empathie, grâce à une écoute attentive et humble des dominés, pleine de respect et non jugeante. Une position pas forcément simple à intégrer, car contre culturelle, mais qui peut devenir un atout pour transmettre cette parole au sein même du groupe dominant. C'est pourquoi je pense que les hommes lucides ont toute leur place aux côtés des femmes pour défendre les positions de leurs soeurs, amies, filles, mères, compagnes.

 

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Le "manspreading" [étalement masculin]... tout un symbole
(image du net)

 

Mais je voulais aller un peu plus loin dans mon propos...

Des termes et concepts tels que "domination", "violences", "habitudes culturelles", "pouvoir", "jouissance", "non-consentement"... lus ou entendus à propos du comportement prédateur de certains hommes, qui s'arrogent un droit à profiter au nom d'une supériorité auto-proclamée, disqualifiant ou minimisant les ressentis des opprimé(e)s... tout cela m'a fait penser à tout un système de pensée beaucoup plus large qui s'arroge des droits supérieurs en tant que groupe dominant, privilégié, asservissant d'autres groupes considérés comme de moindre valeur pour son plaisir et son confort égoïste. Je ne parle plus là des seuls mâles, mais des humains en général. De tous les humains, femmes comprises. De nous, groupe auto-centré qui a décidé de se placer au sommet d'une supposée "pyramide de l'évolution", disposant ainsi à sa guise de tout ce qu'il considère comme inférieur. C'est à dire l'ensemble des animaux non-humains (auxquels les noirs furent un temps assimilés...), êtres sensibles longtemps supposés dénués de conscience, et bien évidemment tout ce qu'on peut assimilier à la nature. Une nature qu'il convient, au mieux, de domestiquer et au pire d'exploiter. Ne parlons même pas du sol et du sous-sol, même pas "vivants", donc exploitables à l'envi.

Cette logique prédatrice et arrogante, on le sait, nous conduit tout droit à notre perte.

Quand je vois avec quelle lenteur l'évolution des mentalités opère en ce qui concerne ce qui se passe au sein de notre propre groupe "privilégié", à l'égard de sa moitié opprimée, j'ai quelques craintes pour d'autres causes : ségrégation (raciale, sociale, économique, géographique...), exploitation humaine, exploitation animale, exploitations des forêts, exploitation des sols, pillage des ressources...

Ceux qui tentent de défendre ces "sans-voix" sont à peine audibles, souvent moqués, dénigrés, disqualifiés. Voire assassinés.

« Ben oui, quoi, c'est dans la nature des choses ! L'humain à le droit de se servir. Après tout, on a toujours fait comme ça ! L'Homme d'abord ! »

Je ne sais pas si « la femme est l'avenir de l'homme » mais j'aimerais assez que ce qui se passe actuellement avec la dénonciation d'un système de domination originairement masculin aille au delà de l'interrogation des seuls mâles.

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21 octobre 2017

Le vol du temps

Je remarque qu'à chaque fois que je suis coupé des infos pendant quelques temps, je rechigne à rétablir ce lien ambigü et vaguement délétère. Certes, il peut paraître utile de savoir ce qui se passe au delà du paysage sociétal immédiat mais est-ce vraiment nécessaire ? Je n'ai pas l'impression que le bénéfice de l'information soit supérieur aux nuisances mentales engendrées.

Je resiste donc mollement, tout en sachant qu'au final je serai rattrapé et cèderai, attiré par la curiosité et la soif de connaissance. Même si, ce faisant, je serai contraint d'ingurgiter en même temps une dose non négligeable de faits et éléments sans aucune utilité, voire insidieusement toxiques, aggravant ainsi mon obésité médiatique.

Nonobstant l'abstinence médiatique je n'ai pas pu vraiment jouer les prolongations : le rythme de vie de l'occidental adapté que je suis s'est substitué sans délai à la parenthèse de liberté un peu sauvage que je me suis offerte. Non seulement j'ai repris illico mon travail et mes attributions d'élu, mais il m'a aussi fallu tenir sans délai le rôle de fils présent auprès de ses parents vieillissants.

Résultat : le temps a repris son vol qui, deux semaines durant, parut suspendu. Ô temps...

 

Mais j'y reviens et voici donc, comme promis, quelques photos de mon ressourçant voyage. Entre ciels changeants, eaux calmes ou impétueuses, forêts teintées et furtive apparition de bernaches...

 

 [Photos cliquables, bien entendu...]

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13 octobre 2017

Que demander de mieux ?

Il y a trois semaines, juste avant de partir, j'étais légèrement hésitant. Je sentais mon envie de voyage quelque peu fragile, cette fois. Certes, je m'étais finalement décidé après avoir senti fugitivement battre la délicieuse pulsation du rêve-à-vivre mais, à l'approche du départ, je la sentais déjà faiblir. Mon enthousiasme était assurément moindre que lors de mes précédents périples solitaires. Moins "porteur". Je perçevais cependant qu'entreprendre ce voyage, quels que puissent être les freins, avait quelque chose de nécessaire afin de, précisément, reprendre contact avec un enthousiasme défaillant.

Le jour du départ, ni l'aéroport ni l'avion n'ont suscité cette forme d'ivresse autrefois ressentie devant la fabuleuse possibilité de partir vers n'importe quel point du globe. L'arrivée sur le sol de mon second pays de coeur ne fit pas davantage naître d'émotion, tenant presque de l'habitude désormais. Et si, en sortant de l'aérogare, je n'ai pas pu m'empêcher de regarder - acte résolument insensé - si dans la foule un visage familier ne m'attendait pas, cette pensée ne dura qu'un instant. Je filais directement, avec mon gros sac à dos, vers les loueurs de voitures.

Ayant prévu d'aller au plus tôt vers les paysages convoités, j'avais précisément repéré et noté mon itinéraire pour m'éloigner de Montréal sans hasardeux détours. Son enchevêtrement autoroutier est redoutable pour un non-initié ! Quelques heures de route plus tard je trouvais mon hébergement d'étape à la nuit tombante, pas très loin du grand fleuve. Avais-je commencé mon voyage ? Pas vraiment, malgré la distance parcourue et le décalage horaire. Tout juste avais-je pu m'assurer que les colorations automnales avaient débuté.

Ce n'est que le lendemain, après m'être rendu sur un des lieux que je convoitais, que s'est produit le déclic. Une bouffée d'émotion m'est soudainement venue devant un de ces paysages sublimes sur lesquels je révais. C'était beau à pleurer ! Et c'est bien cela que j'étais venu chercher : de grandes bouffées de vibrantes sensations ! À partir de ce moment-là mon enthousiasme s'est réveillé. Un mélange de fébrilité et de grande sérénité a pris place. Oui, j'étais là où j'avais envie d'être ; et seul, donc totalement libre. Sans nulle autre contrainte que celles que j'allais me choisir ou que les aléas m'opposeraient. Deux semaines d'entière et précieuse liberté solitaire s'ouvraient devant moi.

Je les ai pleinement mises à profit, comme mes précédents billets [et mes silences prolongés] ont tenté de le décrire.

 

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Charlevoix, entre Baie Sainte Catherine et Saint Siméon

 

Ce faisant j'ai "oublié" tout ce qui habituellement fait mon quotidien. En particulier mon environnement de travail. Par ailleurs, aucune réflexion pénible ou lancinante n'est venue perturber le bien-être que j'ai trouvé là-bas. Insouciant, je vivais le présent avec une impression d'éternité. Et j'y serais bien resté...

Revenu au pays dans un état d'esprit tout à fait serein et avec des étoiles dans les yeux j'ai repris le travail détendu. L'équipe est maintenant suffisamment mature pour fonctionner temporairement sans moi et je n'ai pas trouvé sur mon bureau une pile de dossiers en souffrance, ni n'ai été assailli de demandes en attente.

Un retour tout en douceur, donc. Que demander de mieux ?

 

* * *

 

La douce quiétude aura été, hélas, de courte durée : au lendemain de mon retour une de mes soeurs, inquiète, alertait la fratrie sur l'accélération du vieillissement du couple parental et ses conséquences, me plongeant illico dans les eaux sombres d'une triviale réalité. L'avenir y ressemble davantage à un gouffre obscur qu'à de vastes paysages de liberté où tout paraît possible.

Quelques jours plus tôt, sur la route des grands espaces, et comme par une coïncidence anticipée, la radio québecoise m'avait fait découvrir une chanson évoquant cette fatalité. Elle m'avait ému et je ne résiste pas au désir de la partager avec vous... 

 

 « Le contraste est trop mince entre début et finalité
Mais tu te résignes sans peine devant cette fatalité »

Pierre Lapointe - La science du coeur 

 

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07 octobre 2017

Effleurer l'inaccessible

Rivages d'un fleuve-océan et berges de lacs minuscules, forêts touffues d'érables ou boréales clairsemées, torrents fougueux et rivières sinueuses, sommets venteux ou ensoleillés... jour après jour les milieux et ambiances changent. Les colorations aussi, qui voient le carmin éclore dans l'or. Les ciels alternent transparence de l'azur et sombres nuées. Et mes envies épousent ce que l'atmosphère et le paysage leur inspire.

Les sommets ont toujours constitué pour moi un environnement familier et c'est tout naturellement vers eux que je me dirige en voyage. Ils semblent porteurs d'un attrait particulier pour beaucoup d'autres que moi, si j'en juge à la fréquentation des sentiers qui y mènent. Si l'on veut tutoyer la solitude, les gravir expose au risque d'une amère désillusion. On peut néanmoins peut le faire pour le champ de vision élargi qu'ils offrent, dévoilant l'immensité. Ou pour une forme de surpassement, proportionnelle à la difficulté de l'ascension. Ce qui est sûr c'est-il qu'ils sont plébiscités, au point de devenir repoussoirs pour qui est épris de tranquillité.

Après en avoir gravi pas mal depuis le début de mon voyage, hier j'ai renoncé à tenter une ascension dont je savais qu'elle serait surfréquentée. J'ai préféré choisir un itinéraire beaucoup plus modeste, en fond de vallée et sur des hauteurs modérées. Beaucoup plus propice à la contemplation et la photographie. Ce fut un bon choix puisque j'ai passé plusieurs heures en totale solitude, y compris au point culminant de mon ascension, duquel j'ai pu contempler longuement le paysage. J'ai pu jouir du silence, du soleil, de l'air frais. Quand finalement d'autres personnes m'ont rejoint, brisant mon bienheureux isolement, j'ai fermé mon sac et ai poursuivi ma route solitaire.

Mon voyage a atteint son apogée il y a quelques jours, quand je me suis hasardé vers les confins des zones habitées. Avec la tentation de m'y enfoncer plus en avant. Effleurer un rêve inaccessible. Depuis je me prépare à un retour progressif vers la civilisation urbaine et son rythme trépidant. Je m'accorde toutefois le temps de faire moult détours.

 

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Regarder les sommets d'en bas plutôt que l'inverse

 

 

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A hauteur de vallée

 

 

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Ce matin, arc en ciel enjambeant le fjord du Saguenay

 

 

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Un modeste lac, juste à côté de la route

 

 

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Ferme avec vue sur fleuve, pour agriculteur esthète

 

 

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04 octobre 2017

L'appel de la forêt

Je me demande parfois pourquoi je suis autant attiré par les grands espaces, la solitude, et le silence inhérent. J'ai observé que lorsque j'arrive au point ultime d'un sentier, généralement un sommet ou un point de vue remarquable, le temps que je vais passer à m'emplir du paysage dépendra directement du nombre d'inconnus qui, éventuellement, y seront en même temps que moi. Peu importe la qualité inspirante ou esthétique du lieu : je ne m'y attarde vraiment que lorsque je suis seul (ou avec un accompagnement respectueux). J'ai besoin de ressentir le sentiment d'isolement, d'être "seul en ce lieu". Parfois ce n'est qu'une impression puisque je peux être suivi, sans le savoir, par un ou plusieurs individus qui viendront alors envahir "mon" espace vital.

Mais quand la chance me permet de ne rencontrer personne et de pouvoir m'enivrer de calme et d'isolement, alors je ressens une ineffable et profonde béatitude. Être minuscule, je ne fais qu'un avec l'immensité vivante et empreinte de mystéres. Aucun trouble, aucune présence importune, aucun bavardage déplacé. Et aucun "même que moi" pour me ramener à ma juste place de visiteur de passage. Car je suis aussi l'importun de l'autre...

Il y a quelques jours j'ai eu la mauvaise surprise, après n'avoir rencontré personne tout au long de mon ascension (chic, je serai seul !), de trouver au sommet trois ou quatre groupes, dont une petite bande n'ayant rien trouvé de mieux pour prendre leur pied que d'écouter de la musique ! Cool et planante, certes, comme les volutes de fumée qui montaient au dessus d'eux, mais irritante. J'ai tenté d'en faire abstraction, en me mettant un peu à l'écart. Me disant qu'eux aussi, à leur façon, entraient en communion avec les lieux.

Si je veux être à peu près sûr d'être seul en un lieu choisi je sais devoir partir tôt, ou alors en fin de journée. Mieux encore : dans la mesure du possible privilégier des lieux peu fréquentés. Ce n'est hélas pas toujours possible puisque les paysages accessibles sont souvent ceux qui ont été aménagés pour cela. Et au Québec ils sont finalement peu nombreux. En fait je ne suis jamais qu'à quelques kilomètres des accés routiers, n'ayant pas encore entrepris des marches de plusieurs jours, avec nuit en cabane ou en tente. Mais ici rien ne se fait à l'improviste : il faut reserver et payer. L'isolement a un prix. Relativement cher, d'ailleurs.

 

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Je n'y ai vu personne...

 

Je sens cependant cet "appel de la forêt" (ou du désert, ou de la mer), et plus précisément de la nature sauvage peu marquée par l'emprise de l'homme. Une nature intacte, pas vraiment accueillante. Pas hostile non plus. Indifférente. Je ne suis évidemment pas le seul à avoir ces envies : il existe, c'est évident, un fort attrait pour un contact direct avec la nature... ou ce qui y ressemble. Une forme de retour aux sources temporaire ? Une immersion nécessaire ? Un "appel" de la nature de laquelle nous sommes issus et que nos gênes gardent en mémoire profonde ?

Je ne sais, mais c'est là.

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