Alter et ego (Carnet)

05 août 2018

Un tiroir oublié

J'ai profité de la touffeur estivale pour faire du rangement, au frais dans la maison. Je prévois de changer l'affectation d'un ancien bureau et j'ai été amené à trier des tas de papiers dont la conservation ne présenterait aucun intérêt. Un travail généralement long et peu efficace puisque je dois d'avouer être un grand conservateur, attribuant une valeur affective à moult objets et documents propres à faire resurgir des souvenirs.

C'est donc dans un tiroir délaissé depuis dix ans - lorsque j'ai cessé mon activité indépendante - que j'ai (re)découvert, non sans surprise, un hétéroclite fourre-tout constitué d'annotations griffonées sur les papiers les plus divers. Parfois au dos d'une facture ou d'une enveloppe, sur des prospectus colorés ou des tickets de caisse. J'avais totalement oublié l'existence de ces traces confuses de mes cogitations, annotations, tentatives de mises en mots émises durant une période de trouble et de pénible incertitude. Alors travaillé par de grandes interrogations, j'avais besoin de comprendre ce qui, à mes yeux, était dénué de sens. Ayant opté, par le jeu des circonstances, pour une certaine solitude, écrire était un procédé simple et efficace. À cette époque je griffonais donc des bouts de papier, en plus de tenir un abondant journal auto-analytique et un blog évasif (celui-là même). En termes de partage, outre les commentaires du blog, j'avais quelques correspondances suivies et m'épanchais auprès d'un psy, en thérapie longue...

Période pas facile, en vérité. Ma soif de comprendre n'était assouvie qu'au compte-goutte improbable des suppositions et hypothèses. Un aride travail de recherche, en somme, doublé d'une profonde remise en question.

Ce matin, en retrouvant ces papiers en vrac noircis de lignes en quête éperdue de compréhension, j'ai ressenti à quel point « j'en ai chié. » (l'expression m'est sortie de la bouche à voix haute). Et pourtant, une douzaine d'années plus tard... tout cela est "oublié", enfoui, profondément sédimenté, rentré dans l'ordre des choses. J'ai peu à peu cessé d'écrire, de penser, d'analyser. J'ai résolu ma difficulté. Mes difficultés.

Allez... ce n'est pas dans mes habitudes mais je dois reconnaître que je ressens une petite fierté à être ainsi allé au bout des questionnements. Du moins au plus loin de ce qui était à ma portée. J'ai accepté de ne pas tout comprendre, j'ai admis mes limites et compris que tenter de les dépasser ne ferait que m'éloigner de qui je suis.

Aujourd'hui je m'accepte tel que je suis.

J'irai même jusqu'à dire que je m'aime tel que je suis. Avec mes imperfections, particularités, vulnérabilités, sensibilités et incapacités. Avec les aptitudes adaptatives que j'en ai tiré, aussi, qui font de moi un discret sauvage sociable. Bref, tout ce qui fait ma singularité, dont je n'ai pas nécessairement conscience mais que quelques personnes apprécient. Et c'est bien suffisant.

Si je raconte cela c'est à titre d'encouragement envers celles et ceux qui seraient engagés dans un processus de conscience et de connaissance de soi. Même si ça paraît sans fin, ne laissez pas tomber. Persistez aussi longtemps que nécessaire : le résultat en vaut la peine ;)

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21 juin 2018

Là où j'en suis

Cher(s) lecteur(s),

Il y a quelques années j'écrivais ici quasi quotidiennement et abondamment. J'avais pris l'habitude de passer par la mise en mots pour clarifier ce qui agitait mon esprit et mes sensibilités. Je crois que j'avais aussi besoin d'échanges, de partage de réflexions et même de petites controverses fertiles. Je trouvais cela humainement enrichissant et potentiellement profitable à chacun. J'aimais bien les discussions qui pouvaient apparaître inopinément et se développer dans le fil des commentaires, les affinités établies sur le temps long comme celles qui ne duraient pas plus longtemps qu'un arc en ciel. Peut-être avais-je aussi besoin de me sentir apprécié ? [oui !]

Et puis, comme vous avez pu le constater, progressivement, imperceptiblement, tout cela a fini par s'espacer, se tarir, s'étioler. Raréfaction des mots, des échanges, des discussions. À tel point qu'aujourd'hui... écrire ici n'a plus de sens pour moi.

Pourtant cet espace demeure, avec toutes les traces de ce qui s'y est échangé activement. Aujourd'hui je ne sais pas trop qu'en faire...

Il reste, j'en suis certain, l'esprit des connivences endormies. Celles des liens tissés avec plusieurs d'entre vous, "lecteurs-commentateurs" (en fait presque exclusivement lectrices). Qu'il s'agisse de simples "connaissances" ou de formes d'amitié distante, la poussière du temps se dépose et les recouvre. J'ai pensé, depuis plusieurs semaines, à écrire quelques mots. À manifester ma présence par... disons... fidélité [amitié ? courtoisie ? politesse ?]. Mais rien ne me venait. Blanc total. Je me sentais... loin. Très loin. Comme parti ailleurs. Et de fait, oui, je suis un peu parti. Je me suis éloigné de la sphère égocentrée [sans idée péjorative aucune]. La mienne comme celles des autres. Mes sujets de préoccupation ont été appelés vers de plus vastes horizons. Parler de moi ne m'intéresse plus [là je réfléchis longuement sur ce que je viens d'écrire, qui me surprend].

Parler de moi ne m'intéresse plus.
Du moins plus de la même façon..

S'il m'a longtemps été nécessaire de « tourner autour de mon nombril » [pour reprendre l'aimable expression de ceux que cela défrise], force est de constater que ça ne m'inspire plus. Il semble que j'ai suffisamment éclairci les zones d'ombre et de mal-être pour en sortir. Je ne renie donc en rien ce travail introspectif passé, me réjouissant au contraire des bénéfices que j'en tire aujourd'hui en termes de tranquillité d'esprit et d'ouverture aux autres [ouverture calibrée, cependant]. Dans mes pensées le calme règne. Avec les autres j'ai davantage de facilités à dire plus franchement ce que je pense et ressens, y compris sur le plan émotionnel. De plus en plus je l'exprime directement aux personnes avec qui j'interagis, pas en le lançant dans le vague, pas en contournant la confrontation, la réaction, l'explication. Il y a là d'avantage d'authenticité ; d'assertivité. Et ça, ce n'est pas sur un blog-exutoire que ça s'exprime : c'est en face à face.

Et puis je crois désormais savoir gérer seul mes émotions et ressentis, sans avoir besoin d'en parler autour de moi. Ni besoin de l'écrire, donc. C'est devenu plus simple, plus fluide. Mon existence est devenue très... calme. Et je fais en sorte que cela perdure. Par exemple j'ai récemment été déstabilisé par un changement professionnel auquel je ne m'attendais pas. D'abord fortement affecté [sensibilité d'ego], j'ai su m'en ouvrir rapidement et saisir ce que l'épreuve recelait d'opportunités. En quelques jours je l'avais dépassée. Mieux : j'en suis sorti renforcé et avec une estime de moi affermie.

Mais tout ceci n'est que l'écume du quotidien. Aujourd'hui je suis tenté de dire que je n'accorde pas davantage d'importance à ces éléments superficiels que ce qu'ils méritent. Ce qui me préoccupe puissamment, par contre, ce qui m'intéresse, me fascine, m'anime et me questionne, c'est... notre sort commun. Celui de notre humanité et, au delà, de l'ensemble de la biosphère que « nous » (moi y compris) persistons à détruire, piller, exploiter allègrement, faute de remise en question suffisamment radicale. Désormais je ne parviens plus à croire évitable ce que je n'évoque plus qu'avec ceux qui ont cette conscience et se questionnent autant que moi.

Alors relativement à ça, vous comprendrez que les éventuelles tribulations de mon existence privilégiée ne pèsent pas lourd ;)

Voilà. Vous saurez un peu là où j'en suis depuis que je n'écris plus. 

 

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Villa Taranto, Lac Majeur, Italie, Mai 2018

 

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01 avril 2018

Libres engagements

 

« Dans sa forme la plus authentique, l'amour relie deux êtres autonomes, libres de leurs désirs et de leurs engagements ».

 

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Autour de cette magnifique proposition extraite d'un texte de Frédéric Lenoir une belle discussion s'est engagé avec un(e) inconnu(e), dans un recoin de l'immense réseau internet. Un dialogue né spontanément, par lequel chacun présente et précise sa perception.

Amour, liberté, engagement. Trois concepts majeurs, associés ici et dont l'ordre de prééminence diffère : est-ce l'engagement qui prédomine ou la liberté ?

L'échange, inattendu, est pour moi enrichissant et tout à fait bienfaisant. Je retrouve là ce qui m'a tant plu lorsque j'ai découvert internet : des possibilités infinies de réflexion croisée, d'approfondissement personnel, d'enrichissement mutuel par la différence. Sans jugement, sans anathèmes, sans disqualifications.

Réfléchir ensemble, échanger des points de vue, découvrir les références de l'autre... il y a là quelque chose qui, à mes yeux, touche à l'essentiel. J'en ai, fondamentalement, besoin.

Et là, ce matin, j'en viens à me dire que, paradoxalement, c'est pour disposer de cette liberté absolue de partager au gré des rencontres que j'ai choisi de vivre seul. De ne plus m'aliéner. De ne plus m'engager sans liberté.

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31 mars 2018

Limpide

 

Lenoir

 

 

Je n'aurais su mieux l'écrire. Un texte bref, essentiel, limpide...
Et bien que ce thème de réflexion, autrefois majeur dans mon parcours existentiel, ne me concerne plus vraiment actuellement, je reconnais y rester sensible. 

 

Ce texte a probablement déjà circulé sur Facebook mais comme j'ai su éviter, jusque-là, de me laisser happer par le redoutable et perfide système collecteur-monnayeur de données personnelles, je ne le découvre qu'aujourd'hui. 

Et où l'ai-je donc découvert ? Sur Diaspora*, réseau social libre et indépendant. Une philosophie du partage qui convient beaucoup mieux que d'autres à ma vision des rapports sociaux. Et puis on n'est pas 2 milliards à s'y retrouver...

 

 

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10 mars 2018

Ce qui est

Parfois il est dit que vivre c'est choisir : dire "oui" à quelque chose ce serait nécessairement dire "non" à autre chose. Sauf que passer d'un état initial à un nouvel état ne résulte pas toujours d'un véritable choix. Il existe des renoncements incontournables : l'enfance, la naïveté, les illusions, les premières fois, l'état amoureux... tout cela ne saurait durer éternellement et le choix ne nous est pas laissé de faire autrement. Pour grandir, il faut renoncer, se détacher de l'idéal rêvé. C'est le processus qui conduit à la maturité. De même, les disparitions et pertes, plus ou moins inéluctables, ne cesseront de nous rappeler la nécessité du désattachement : amours, amitiés, êtres aimés... « rien n'est jamais acquis », clame le poète. Ou, autrement dit, « vivre c'est perdre ». Mieux vaut accepter cette réalité pour vivre sereinement. Hélas, quelques aléas exceptionnels, tels que la destruction accidentelle d'une maison et de tous les souvenirs qu'elle contenait, peuvent mettre face à des pertes majeures. Ou pire, quand c'est son pays, mis à feu et à sang, qu'il faut fuir sans se retourner. Tous ces renoncements, parce qu'ils sont forcés et touchent à l'essentiel, peuvent résister longtemps avant l'acceptation totale. Mais résister, ce n'est pas être en paix.

Il peut falloir tout un cheminement intérieur pour passer du renoncement (devoir dire non à un projet, un idéal que l'on souhaitait voir advenir ou perdurer) à l'acceptation (dire oui à ce qui est, alors qu'on ne l'aurait pas spontanément choisi). Dans le renoncement il me semble voir une part de tristesse. Un adieu. Dans l'acceptation il y aurait comme une résignation... permettant de s'ouvrir à autre chose.

Fort heureusement, la plupart des choix sont assez simples à mettre en oeuvre, fluides, passant quasiment inaperçus. 

Si je pose cette réflexion ici c'est que j'ai l'impression, depuis quelques années, de voir se succéder les pertes d'idéaux et de l'accepter relativement bien. Je ne sais pas si c'est une question d'âge, de parcours de vie ou de coïncidence hasardeuse. Certains renoncements tardent toutefois à opérer, résistant plus que d'autres à entrer dans la phase d'acceptation. Ma pensée se cabre, refuse. Comme s'il était trop tôt pour abdiquer. Renoncer, c'est parfois mourir un peu. Mais l'acceptation, qui est un choix secondaire face à ce que la réalité impose, n'est pas non plus un puissant moteur de vie. L'acceptation n'est ni joyeuse ni exubérante. Elle n'est pas désir... si ce n'est de sérénité. Accepter, c'est une façon d'éviter les émotions liées au renoncement, qui pourraient être douloureuses. Choisir de dire "oui" à ce qui advient, en souriant, vaut mieux que lutter vainement en opposant des "non" obstinés quand ils sont perdus d'avance. Il y a peut-être là une variante de la "méthode Coué" mais force est d'en constater l'efficacité.

Dire oui à la vie qui passe, au vieillissement, à ce qui ne viendra plus, à la dissolution des relations ou à la disparition des êtres chers. Accepter ce qui est.

C'est sur ce principe que j'ai accepté les conséquences relationnelles et sociales inhérentes à la vie en solo que, d'une certaine façon, j'ai choisie. J'ai préféré la liberté et la tranquillité, au détriment du partage quotidien. Indirectement j'ai aussi choisi de mettre en sommeil toute vie amoureuse. Ce n'est certes pas ce que j'aurais spontanément et idéalement choisi... mais c'est ce pour quoi j'ai opté face à ce que le réel m'a proposé. Du moins tant que les hasards et coïncidences ne m'offrent aucune pétillante perspective. Cette acceptation de « ce qui est », sans attendre autre chose, me permet de me sentir plutôt bien dans ma vie. Heureux, pourrais-je dire. Il lui manque cependant quelque éclat... ce qui n'est pas sans m'interpeller. Disons que je suis sobrement heureux. Il y a là une forme de simplicité, presque d'ascèse.

J'accepte probablement d'autant mieux ce calme existentiel que je vois se dessiner un avenir sociétal qui semble mener vers d'importants changements, avec force renoncements en vue et perte d'idéaux devenus inatteignables. Finalement mon état interieur et ce que je perçois du monde se conjuguent assez bien. Il y a une sorte de continuité, un mouvement synchrone. Une telle évidence que j'ai fait le choix - processus lent et laborieux - d'orienter dès à présent mon mode de vie vers une nécessaire sobriété, en vue de réduire significativement ma trace écologique et, par voie de conséquence, ma dépendance. Je suis en phase d'acceptation de tous les renoncements que cela induit. Et ils sont nombreux...

Il y a dans le concept un peu magique de "sobriété heureuse", une importante étape à franchir : renoncer. Être sobre quand on n'a pas connu mieux, ce n'est pas difficile. Mais renoncer à ce que l'on sait procurer une satisfaction n'est pas facile, je suppose que bien des fumeurs savent ce qu'il en est. Les amoureux éconduits aussi. Encore plus difficile est de renoncer quand d'autres, eux, ne renoncent pas et affichent leur insouciant plaisir. Le choix de la sobriété, s'il présente l'immense avantage de se mettre en accord avec sa conscience, n'évite pas - du moins durant le temps d'adaptation au nouvel état - une certaine âpreté.

La perspective de renoncer, ne serait-ce que partiellement, à l'extraordinaire liberté du déplacement automobile individuel, aux fabuleux voyages lointains, à la jouissance gustative de la viande, voire au confort domestique (chauffage facile, eau chaude à volonté, lumière abondante, technologie omniprésente...), ce n'est pas follement exaltant. Il y a comme un goût de privation. L'acceptation pleine et entière du renoncement n'est pas des plus évidentes. Et pourtant... c'est bien vers cela que je sens devoir aller. Un travail de longue haleine. Absorbant. Tout le contraire de futile.

 

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Simplicité

 

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11 février 2018

En miroir

Pas sans rapport avec le silence qui semble s'installer sur ce blog, un documentaire captivant sur ce qu'internet et la connexion permanente fait de nous...

Très complet, abordant de multiples aspect de notre asservissement, ce film laisse le temps d'une réflexion introspective en continu. Il dure 2 heures (aisément fractionnables par chapitres) mais vous pourriez bien rester scotché en voyant apparaître dans le miroir tendu des parts de votre propre portrait.

 

 "Regardez la lumière, mes jolis..." de Jordan Brown

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03 février 2018

Comment en parler ?

Il y a quelques semaines il a été question, à plusieurs reprises, dans le fil des commentaires de ce blog, de la meilleure façon de parler du "problème écologique planétaire". Les échanges de point de vue, fort intéressants, m'ont fait prendre conscience que, sur ce thème en particulier, les divergences pouvaient être émotionnellement engageantes, voire assez profondément perturbantes ; tant pour le lecteur que pour moi-même. Je me suis donc longuement interrogé sur la "ligne éditoriale" que j'allais choisir, tout en poursuivant mon chemin de conscience. J'en ai finalement conclu, vous le savez, que cet espace ne me semblait pas adéquat. J'ai préféré ne plus prendre le risque de susciter la peur et ses conséquences, m'évitant par là même de ressentir un malaise.

Mais sur le fond le débat reste ouvert et c'est pourquoi je vous propose aujourd'hui un article qui, me semble t-il, apporte des éléments de réflexion.

Extrait :

« Comment en parler ? C’est là toute la question. Comment toucher le maximum de personnes, leur faire comprendre les enjeux et les pousser à agir ? Généralement, il y a deux grandes écoles pour répondre à cette question. D’un côté, il y a ceux qui mettent l’accent sur le risque, le danger et l’urgence. Ceux-là, qu’on appelle les catastrophistes ou les alarmistes, ne cessent de souligner comment l’inaction nous met en péril, pourquoi il faut agir vite et de façon radicale pour protéger notre environnement. D’un autre côté, il y a ceux qui mettent l’accent sur les solutions possibles, les transitions et les opportunités. Ceux-là sont les promoteurs de la consommation responsable et des petits gestes, ils encouragent et mobilisent, ils jouent sur le positif plutôt que sur le négatif. Entre ces deux approches, peur d’un côté, espoir de l’autre, il y a souvent une opposition de principe, et on en vient à se demander laquelle est la meilleure ».

À lire ici : "Espoir ou peur : que faut-il privilégier pour parler d'écologie ? "

 

Et puis, pour voir les choses sérieusement sous l'angle de l'humour, cette courte vidéo

 

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20 janvier 2018

En transition

Long silence, une fois de plus. La nécessité d'écrire m'a déserté. Les mots ne se présentent plus à mon esprit. J'ai beau chercher, rien ne vient...

Inutile d'insister, n'est-ce pas ? Je ne vais pas me forcer à écrire !

Et cependant il se passe quelque chose. Je sens bien qu'une transformation opère en moi et que celle-ci découle directement d'un changement de perspective. Allusion non dissimulée à ce que je perçois de notre monde mais dont j'ai décidé de ne plus parler ici.

Et si le mutisme qui me frappe était le signe visible d'une transition ?

 

Mais que personne ne s'inquiète : tout va bien pour moi. Le moral est bon, aucun changement significatif dans ma vie quotidienne. Ce n'est que dans les profondeurs de mon être qu'une transformation à lieu. En surface, l'apparence reste lisse. Du moins pour le moment, car je ne suis pas sûr qu'une dissonance n'apparaisse pas un jour. Déjà les incohérences entre le mode de vie auquel je participe et celui vers lequel je sais vouloir aller commencent à me titiller sérieusement la conscience. Je vis actuellement dans une dualité bizarre, tiraillé entre ce que je sais et ce que je fais. Entre un présent au goût de passé et un futur vague mais pas tout à fait incertain. Les pieds encore ici mais la tête déjà en route vers un ailleurs largement inconnu.

 

À part ça, au chapitre des réjouissances : abandon du projet de Notre Dame des Landes. Ouaaaaaaaais ! Très content de cette excellente nouvelle pour l'environnement et le symbole qu'elle représente. Le choix politique de l'autre option m'aurait sérieusement mis en rogne.

Et puis quand même, je veux dire que j'ai profité de mon silence ici pour lire avec intérêt les diverses prises de position qui ont suivi la tribune des 100 femmes défendant « la liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». L'affrontement des positions, où la notion de victime est malmenée, minimisée, dénigrée, considérée comme pretexte d'un retour au puritanisme m'a quelque peu surpris. J'y ai vu les signes d'une résistance tenace au changement des mentaités. La défense, par des femmes, des "pauvres hommes" qui seraient devenus, pour quelques "dérapages" les victimes outragées de leurs pseudo-victimes pudibondes et hystériques m'a laissé pantois. Ainsi nous en sommes encore là ? Diantre ! Alors il reste du chemin à faire...

Cela dit je ne suis pas resté insensible à la relativité de la posture victimaire au sens large : cette tyrannie de la "victime" autoproclamée existe aussi, dans moult domaines de la vie quotidienne et elle connaît assurément des dérives. Mais le moment était mal choisi et la démarche fort maladroite au coeur d'un mouvement de libération de la parole des femmes, si longtemps minimisée.

 

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L'hiver est gris mais le printemps déjà en marche...
(fleurs d'Hamamelis)

 

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23 décembre 2017

Un air de légereté

Ce que j'aime, quand il m'est compliqué d'écrire sur ce blog [cf. billet précédent], c'est que les commentaires qui suivent la mise en mots m'amènent presque toujours à préciser certains détails qui, au final, concourent à simplifier le tout :)

Il suffit que j'envoie un peu maladroitement mon gros paquet tout embrouillé et bien indigeste pour que, chacun tirant un fil, m'aide à défaire des noeuds que je n'avais pas vus. C'est magique !
Mais non, je sais bien que ce n'est pas magique. C'est juste logique. On appelle ça l'intelligence collective. C'est à dire l'échange de points de vue variés, éclairés d'expériences individuelles et de savoirs singuliers. Le tout aboutissant à une symphonie unique et originale. C'est potentiellement très riche et absolument réjouissant.

Aussi je veux déjà remercier ici chacune des personnes qui m'a aidé à tirer un des fils qui dépassaient.

Mais comme l'existence est ponctuée de coïncidences, le hasard a fait que cette semaine j'étais convié à deux jours de formation à l'assertivité. En parfaite synchronicité avec ma réflexion du moment ! Tandis que j'écoutais et m'imprégnais, mes pensées m'ont plusieurs fois ramené à ce que j'avais exprimé ici, au sujet du respect de soi et du respect de l'autre. De la responsabilité de chacun dans ce qu'il ressent. De l'engagement consistant à se dire en vérité, lorsque nécessaire, afin que chacun y gagne en clarté et la relation en fluidité. J'ai aussi réfléchi à ce que j'avais envie d'émettre, ici et ailleurs. Plutôt une tranquillité bienfaisante ici, tandis que le réel moins réjouissant irait se nicher ailleurs [je ne saurais me défaire de la conscience du réel]
Finalement le bénéfice que je peux ressentir en me montrant souriant, ouvert, accueillant, bienveillant... s'oppose aux effets que je peux constater lorsque j'évoque de sombres perspectives. C'est flagrant sur ce blog : ce que je veux gagner en franchise, je le perds en convivialité.

Il me reste donc a apprendre a conjuguer harmonieusement deux tendances qui parfois se contrarient : légereté et gravité. Ou optimisme et lucidité. Insouciance et réalité. Et surtout à bien compartimenter mes lieux d'expression.

 

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15 décembre 2017

Même pas peur

Ami·e lectrice et lecteur,

À toi qui me lis avec fidélité je veux faire part d'une évolution concernant ce blog. Mes sujets de prédilection évoluent et varient selon mes lubies du moment, ça, tu t'en es forcément aperçu. Les échos de lecteurs fluctuent en conséquence et c'est bien normal. Mais tu ne t'es peut-être pas rendu compte qu'une partie des échanges qui ont suivi mes deux précédents billets m'a quelque peu déconcerté. J'ai perçu un clivage, avec l'impression de "forcer" quelque chose. En mon for intérieur une réflexion quant à l'orientation de mes écrits ici, flottante depuis plusieurs mois, s'est alors ravivée. En fait, je te l'avoue, j'ai constaté de longue date qu'aborder certains sujets pouvait susciter du trouble. En soi ce n'est pas un problème, sauf que cela m'est de plus en plus inconfortable. Mes derniers billets ont confirmé ce que je pressentais. Désormais je suis convaincu de devoir changer quelque chose dans ma pratique si je veux préserver mon équilibre.

Oh, la grande affaire, pourrais-tu penser !

Laisse-moi te raconter. 

Il y a quelques années je partageais sur ce blog le cheminement de mes réflexions autour de... l'amour et des variations qui peuvent s'y rattacher. Rien de scabreux, je te rassure ! Et bien figure-toi que mes prises de position ont parfois heurté des convictions, notamment quand il était question de non-exclusivité amoureuse et de sexualité. Il en a résulté des échanges parfois tendus, assortis de quelques jugements dont je suis sorti meurtri. Des rapports de confiance en ont été endommagés. Comprenant alors que le lieu ne s'y prétait pas, j'ai progressivement cessé d'aborder ce thème.

Aujourd'hui, dans un tout autre genre, je constate qu'évoquer ma perception du devenir de l'humanité peut aussi toucher des sensibilités profondes. Au vu de l'enjeu, je peux fort bien le comprendre. À nouveau j'en déduis que ce blog, qui se veut être espace d'échange amical, pacifique et bienveillant, n'est pas le lieu qui me convient pour en parler. En fait je devrais plutôt dire que je n'ai pas su trouver une façon satisfaisante de le faire. Je n'ai ni la légereté, ni l'humour qui pourraient atténuer la gravité sérieuse de mon propos. Ma démarche pourrait même être contre-productive, en rebutant une partie du lectorat ! Par conséquent, après mûre réflexion, j'ai pris la résolution de ne plus aborder ici cette thématique sous son angle le plus effrayant. Depuis quelques temps je m'y préparais et cet épisode m'a permis de franchir le pas.

Il n'en demeure pas moins que le sujet s'est largement installé dans mes pensées et que je me sens généralement plus inspiré pour parler de ce qui me préoccupe que de ce qui, dans mon existence ou dans le monde, relève de l'ordinaire. C'est peut-être dommage mais, pour le moment, c'est ainsi. Il se pourrait donc que je ne me manifeste guère pendant quelques temps. N'en sois pas inquiet·e, ami·e lectrice et lecteur :)

 

__________

 

Ça, c'était pour la version courte.
Je ne l'ai pas publiée illico, le 27 novembre, jour de sa rédaction. 

Je ne me voyais pas en rester là. Tu me connais : il n'est pas dans mes habitudes d'éviter la réflexion, l'analyse et l'introspection. J'ai donc tenté de décrire ce qui s'était passé en moi pour que j'en arrive à prendre une telle décision, qui n'est autre que fermeture et auto-censure. Avec un peu de recul et grâce à quelques solides discussions, passé le temps de la perplexité et du doute, j'ai remis en question quelques unes de mes idées en termes de communication. Une prise de conscience nouvelle a émergé et m'a travaillé. J'ai réfléchi...

Et là, quand j'ai entrepris de rédiger la suite... j'ai constaté combien il m'était difficile d'ordonnner mes idées et de mettre en mots ce qui me traversait. Beaucoup de pistes entrecroisées se sont ouvertes, sans que je sache lesquelles convergeaient ou divergeaient. Qui cherchais-je à protéger : moi ou autrui ? Un vrai sac de noeuds !

Démêlons.

 

En recherche de convergence

Tout est parti d'un sujet que j'occultais depuis quelques mois et sur lequel j'aurais pu éviter de revenir. Connaissant le potentiel anxiogène dont il est porteur, je prenais des risques non négligeables ! En fait je me suis simplement laissé aller, une nouvelle fois, et sans bien y réfléchir, à tenter de trouver une résonance dont je pense avoir besoin. Je le sais maintenant, j'ai besoin d'exprimer ce qui me trouble et m'inquiète. Dire mes craintes pour les désamorcer, les relativiser, les apprivoiser. J'ai besoin de regarder en face ce que les données dont je dispose provoquent en moi comme émotions afin d'en diminuer la charge. Et puis sans doute ai-je besoin de sentir que d'autres les ressentent aussi (à plusieurs on se sent moins seul).

Sauf que je ne peux veux pas m'exprimer sans prendre de précautions. Ni ici, ni ailleurs.
J'ai donc fini par comprendre que je ne peux pas afficher
mes peurs sans me soucier des éventuelles conséquences sur celui qui les reçoit. C'est une leçon de vie, qui va finalement bien au delà de ce que j'évoque ici. Imposer à l'autre d'être confronté à ce qu'il ne souhaite pas voir/entendre est une forme de... violence.

Voila qui me pose un léger problème !

Alors que j'apprécie - et recherche - le débat d'idées, je n'aime pas heurter les convictions des personnes qui me font le plaisir de me lire et de commenter - ou de discuter avec moi. Mais je n'aime pas non plus voir minimisé ce qui revêt une grande importance à mes yeux. Or, je le constate, certains sujets "dérangeants" - en ce sens qu'ils touchent à des valeurs et croyances intimes - peuvent venir bousculer chacun dans ces domaines sensibles, voire mettre en évidence des divergences fortes.

Certes, on pourrait me rétorquer que ce n'est pas bien grave, que chacun est adulte et responsable, donc capable de lire - écouter - et faire le tri. Et puis qu'ici c'est mon espace d'expression et qu'il est important que je m'y sente libre. C'est exact... mais cela ne me suffit pas quand il s'agit de personnes avec qui s'est établi un rapport de confiance, de proximité, ou envers qui j'ai considération et respect.

Car ce blog est un lieu particulier, sans réel équivalent dans la "vraie vie". Alors que dans cette dernière je suis habituellement extrêmement discret, ici j'ai tendance à déposer assez librement ce qui m'émeut. Que ce soit ce qui me plaît ou me déplaît, me révolte, m'attriste, me met en joie, me touche. Pas tout, bien sûr. Seulement ce qui dépasse un peu trop. Je relate aussi ce qui me pose question ou me turlupine, me fait douter. Dans ce cas, partager me permet de donner du sens, de comprendre, de prendre conscience, de franchir des pas, d'aller plus loin. Et pour cela le retour de lecteurs m'est utile, en plus d'être un réel plaisir. Il me permet d'avancer... mais aussi d'entretenir du lien social, et même affectif. Ce lien distant est important pour le solitaire-social que je suis. Aussi est-il indispensable que je fasse en sorte que se maintiennent des conditions favorables afin que chacun se sente suffisamment à l'aise pour entretenir le fragile équilibre du donner-reçevoir. Faire en sorte qu'un rapport de confiance demeure.

En moi cet équilibre a parfois été assez délicat à maintenir. D'ailleurs à certaines périodes il s'est rompu et j'ai vacillé. À la suite de quoi je me suis temporairement tû, ou ai abandonné certains thèmes sensibles, comme mentionné plus haut. Je veille donc à ne pas me retrouver en position inconfortable :)

Voila pourquoi je prends garde à ne pas trop bousculer mon lectorat.

 

Les limites du consensuel

D'un autre côté, si je devais me limiter au consensuel, l'écriture perdrait l'interêt que je lui accorde. Dilemme, donc. Jusqu'où rester "vrai" ? Une limite m'est peut-être indiquée lorsque je me sens en difficulté, hésitant sur la suite à donner...

Je crois que c'est ce qui s'est passé avec l'expression de mes légitimes craintes face à l'avenir de nos conditions d'existence.

Inquiétude, crainte, peur, angoisse... l'échelle des gradations varie mais elles s'inscrivent dans le registre de la peur, plus ou moins consciente et maîtrisable. La peur fait partie des émotions fondamentales (avec la joie, la tristesse, la colère...). Or une émotion est un jaillissement spontané sur lequel la raison n'a pas directement prise. Une émotion doit d'abord être conscientisée, voire être exprimée et entendue, avant que la raison puisse éventuellement retrouver un potentiel d'action. J'ai donc, comme tout un chacun, besoin d'extérioriser mes inquiétudes lorsqu'elles dépassent ma capacité à y faire face sereinement. Sauf que beaucoup d'émotions ont la particularité d'être "contagieuses" et la peur, puisqu'il s'agit principalement d'elle ici [mais la tristesse aussi], n'y échappe pas. Dire ma peur c'est donc prendre le risque de "stimuler" des peurs plus ou moins semblables ou opposées chez autrui. Par conséquent le risque existe de réveiller inopinément chez l'autre des peurs profondément enfouies ou volontairement occultées.

Problème, là encore.

D'abord parce que je ne veux "forcer" personne à regarder en face ce qui est évité ; ensuite parce que les réactions protectrices qui contrent ces peurs mettent en évidence un net clivage. D'un côté - en caricaturant - il y aurait le choix d'une attitude s'assimilant à un « je préfère regarder ailleurs » (ou « je sais mais ne veux pas voir », ou encore « je préfère regarder les jolies choses ») afin de rester optimiste ; de l'autre celui d'un pragmatisme qui se veut "réaliste et lucide"... mais assurément moins optimiste. Voire carrément déprimant ! Rien de vraiment rédhibitoire entre les deux approches... et pourtant un décalage certain. L'axe de vision est différent et je ne crois pas que le choix de ce dernier tienne du hasard. Je pense que celui-ci répond à une nécessité intérieure, donc à un besoin profond qui n'est pas nécessairement choisi consciemment. Dans le contexte planétaire dont il est question, parce qu'il est grave, mon choix est d'être lucide. Alors que la plupart du temps, pour tout le reste, je fais celui de l'optimisme !

Face à notre avenir commun je suis donc moi-même clivé, entre une insouciance naturelle et la préconscience de ce qui pourrait advenir. J'entrevois une conjonction de menaces multiples et sérieuses dont la liste s'allonge sans cesse, suscitant autant de raisons objectives d'être inquiet. Bien plus de raisons que ce que j'imaginais initialement, en fait. La connaissance accroît ma conscience, qui conforte mes craintes, me poussant à m'informer davantage... et mesurer l'étroitesse des issues de secours.

Or je suis ainsi fait que j'ai besoin d'aller au contact de la peur afin de la rendre tangible. Et peut-être même, tout spécialement, d'expérimenter cette émotion que je connais mal parce que je ne suis habituellement pas un angoissé, que ma tendance naturelle est à l'insouciance, plutôt portée à l'optimisme. J'aurais donc besoin d'approcher la peur, et même la prendre à bras le corps, pour me mettre en marche dans l'affaire qui nous concerne... tant qu'il est encore temps. J'ai donc besoin que mes craintes ne soit pas atténuées, qu'on ne tente pas de les raisonner pour tenter de les réduire. Quitte à me rendre compte tout seul qu'elles sont exagérées ou que des solutions existent pour que ce qui les suscite n'advienne pas.

D'une certaine façon, tout cela confirme que je ne peux évoquer mes craintes qu'avec ceux qui les partagent. Je n'ai pas à "envahir" l'espace vital de qui n'est pas prêt à m'entendre.

 

À l'écoute des émotions

En rédigeant - laborieusement - ce texte analytico-explicatif il m'est revenu à l'esprit un souvenir, sans doute déterminant, dont je ne suis pas fier : un jour qu'une amie me parlait de ses peurs face à notre monde brutal et cynique, qu'elle voulait voir avec la plus crue lucidité possible, je n'ai pas su l'écouter ni la comprendre. Tandis qu'elle tentait d'énumérer les calamités et injustices qui la bouleversaient, je lui ai opposé mon désir d'optimisme, insistant sur le regard positif que je voulais avoir sur le monde, lui reprochant de se focaliser sur la noirceur. Ce jour-là, implicitement, j'ai été dans la négation de ses peurs et de ses émotions. Il en a résulté, de sa part, une réaction violente, à la hauteur du sentiment d'incompréhension ressenti. La confiance était atteinte. À tel point qu'elle n'a plus voulu m'adresser la parole durant des mois.

Je garde donc, outre l'amertume, le souvenir pénible et gênant de n'avoir pas su entendre une émotion qui avait besoin de l'être. D'avoir privilégié ma façon de voir les choses, considérant qu'elle était "meilleure" (!!) parce que tournée vers une vision heureuse de l'existence. Grande leçon d'humilité dont je n'ai compris le sens que bien plus tard. Et en l'occurrence bien trop tard...

Voilà pourquoi je ne souhaite plus évoquer ici ce qui pourrait générer des oppositions fondamentales :)

Mais comme j'ai quand même besoin d'en parler, je me résouds à fragmenter mes lieux d'expression. Ce sera ailleurs. Tout comme je compartimente dans la vie réelle : je ne parle pas de tout ce qui me préoccupe avec mon entourage.

 

 J'adresse mes remerciements aux quelques personnes qui, de près ou de loin, m'ont permis d'entreprendre cette nécessaire et salutaire réflexion

 

 

Posté par Couleur Pierre à 10:42 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
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