Alter et ego (Carnet)

26 juin 2015

De marbre

Je vais vous raconter une histoire...

Mme Rousse réside dans le même village que moi. Elle a l'oeil vif et pétillant, la voix et le visage expressifs, et paraît à la fois calme et déterminée. Je ne la connais que depuis un peu plus d'un an, lorsque nous nous sommes présentés sur la même liste électorale au suffrage de nos concitoyens [oui, c'est prosaïque...]. J'ai rapidement remarqué sa façon de parler avec passion de culture dans un village ou ce terme s'applique plus couramment aux champs de maïs qu'au chant lyrique ou à tout autre art. Désormais élus, nous nous rencontrons régulièrement... lors des conseils municipaux. Un lieu pas particulièrement dévolu aux échanges privés, vous en conviendrez. C'est cependant à l'issue de l'un d'eux qu'elle est venue vers moi, il y a quelques temps, pour partager ses impressions et discuter sous une approche plus personnelle. J'ai volontiers accepté, saisissant cette occasion d'aller un peu plus loin dans la connaissance mutuelle.

Il y a deux mois elle a franchi un pas en me proposant de passer chez elle boire un café pour disposer de davantage de temps. Pourquoi pas ? Plusieurs fois reportée l'invitation s'est finalement transformée en déjeuner au cours duquel nous avons parlé [enfin... elle , surtout] d'un peu de tout, de l'anecdotique au plus personnel, de nos loisirs, de nos passions, de nos ex-couples respectifs. Ce fut sympathique et cordial. Pas forcément à la hauteur de ce que j'aime partager mais pas désagréable. Par contre j'ai senti qu'elle était contente, elle qui ne connaît encore pas grand monde sur le secteur. Mais bon, je n'imaginais pas vraiment de suite...

Récemment, parce qu'elle avait compris de nos discussions que j'aime la randonnée en montagne et que nous avions constaté apprécier une même région, elle m'a proposé d'y aller ensemble pour un week-end prolongé. Euh... cette fois j'ai senti que ça grincait un peu interieurement : partir ensemble ça veut dire être amenés à se cotoyer longtemps, à faire un long trajet, et même à dormir quelque part ! Je me suis questionné sur la nature de ses attentes. Faudrait pas que... oh et puis après tout, n'était-ce pas une belle occasion de mettre en pratique mon aspiration à la rencontre ? Par ailleurs le lieu proposé, dans les Alpes du Sud, me plaisait. Avide de liberté et dégagé des obligations fidélitaires, je n'avais donc aucune raison légitime de refuser. Certes l'attrait que je ressens envers cette femme n'est pas irrésistible mais je pensais que nous pourrions éventuellement avoir de belles discussions et mieux nous connaître. J'ai donc accepté. Avec, quand même, quelques craintes par rapport a un probable flot de paroles [et - gloups - le risque de promiscuité nocturne]

Le trajet s'est déroulé comme je le pressentais : un débit soutenu de paroles, papillonnant entre profusion de superficiel et ébauches de réflexions intéressantes mais non poussées. Je n'ai pas senti d'aspiration à aller plus loin, pas trouvé de fil à tirer. Les sujets s'enchainaient de façon disparate, sans laisser beaucoup d'espace. Un paysage magnifique défilait sous nous nos yeux sans qu'elle ne s'y attarde, alors qu'un peu de silence admiratif, voire complice, n'aurait pas nui. Les trois-quarts du temps de parole furent pour elle, le reste pour moi. Un peu envahissante, la volubile Mme Rousse ! Mais je suis d'une patience de bonze et me disais qu'une fois à destination les circonstances allaient probablement être plus propices à une conversation comme je les aime.

En arrivant au gîte, où avaient été réservées des chambres type dortoir, la gérante nous annonce qu'un groupe occupe déjà largement les lieux et nous propose, pour le même prix, un petit studio indépendant. C'est avantageux ! Sauf que... je pense immédiatement au risque majeur : qu'il n'y ait qu'un seul grand lit ! La gérante monte les escaliers, ouvre la porte du studio et, tandis qu'elle nous donne des explications sur l'hébergement, je cherche à voir derrière elle les conditions de couchage.

Deux lits ! Ouf ! Je respire... car toute sympathique que soit ma co-listière, j'aurais été quelque peu désappointé s'il avait fallu partager la même couche. Je ne rechigne absolument pas [euphémisme] à approcher au plus près un corps féminin mais sans un minimum d'affinités, de proximité affective, de vibrations intimes et de connexions infimes, ça ne m'est tout simplement pas possible. Or cette situation n'existe pas avec Mme Rousse...

En fin de journée nous partons faire une mini randonnée de reconnaissance. Je marche à ses côtés mais le rythme est lent. La progression est trop souvent interrompue par de brefs arrêts pour des remarques et digression pas forcément en rapport avec les lieux. Cela perturbe un peu mes habitudes, qui consistent à me laisser aller à un contact "intime" et plutôt silencieux avec le paysage et ses ambiances. Je suis conciliant et m'adapte aisément mais je sens néanmoins poindre en moi un léger agacement...

Le soir le gîte-hôtel propose une grande tablée et nous voilà placés à côté d'un couple d'ardéchois retraités. Monsieur et madame Parlotte se mettent à discuter avec nous [enfin... surtout avec Mme Rousse...] de considérations météorologiques, balades à faire dans le coin, voyages antérieurs. Je ne goûte que très modérément à ce genre de bavardages passe-partout et reste plutôt en retrait. Ma compagne de randonnée, elle, semble trouver son compte dans cette conversation patchwork. Cette convivialité d'un soir m'est ennuyeuse mais, faute de solution de repli, je prends mon mal en patience en souriant poliment.

Dans notre chambre commune la conversation banale reprend avec Mme Rousse mais le sommeil me gagne rapidement [lien de vcause à effet ?]. Au moment de se coucher elle me fait une bise, geste affectif qui me surprend un peu. La première nuit passe. Un bref instant je m'éveille et pense « mais qu'est-ce que je fous là ? »

Le lendemain une bonne marche nous attend. L'air est lumineux, le soleil éclatant, les mélèzes tendrement verts. Cette fois je prends mon rythme dès le départ et me retrouve rapidement seul, loin devant ma comparse. J'ai besoin de retrouver une respiration solitaire et une relation directe au lieu, aux éléments, et surtout au silence ! Je me contente d'attendre de loin en loin celle qui me suit. Finalement je trouve l'équilibre qui me convient, entre présence et solitude. J'ai compris que nos temps d'échange resteraient dans une relative superficialité et m'en accomode bien.

Le soir, retour au gîte ou nous retrouvons nos "amis" ardéchois de la veille. Encore une fois je fais bonne figure, participe vaguement, mais m'ennuierai ferme si je ne savais me satisfaire d'observer les gens. Et puis le cadre est agréable, l'ambiance conviviale; tout cela me distrait.

Au moment de se coucher, comme la veille, Mme Rousse me fait une bise. Dans un geste d'affection assez commun elle pose sa main sur mon épaule... mais la laisse glisser lentement sur mon bras, un peu trop longuement sur ma peau. Ouaps ! mon système d'alerte interne se déclenche illico : qu'est-ce que c'est que ça ?! Mon intuition me sussurre que ce geste pourrait bien être tendancieux. Je ne m'attarde pas et file dans mon lit, tous sens en éveil dans le noir.

J'ai du mal à m'endormir : qu'est-ce que tout cela signifie ? Jusque-là rien ne laissait présager un changement d'orientation pour ce week-end. Aucune proximité particulière, rien dans le registre intime, pas la moindre allusion à un rapprochement. Me ferais-je des idées ? Finalement le sommeil me gagne et mes pensées s'éteignent dans la nuit.

 

- Tu dors ? 

[Aleeeeerte ! Branle-bas de combat, le scénario de cauchemar monte d'un cran].

- Euhhgm... gne dormais...

- Oh désolée.

- ...

- J'arrive pas à dormir. Est-ce que je peux venir à côté de toi ?

- [Hein ??! Naaaaaaan !!!] euh... oui... si tu veux.

Il fait noir, je la laisse s'asseoir sur le bord du lit. Silence total.

- Je crois que c'est la tisane au fenouil, elle me donne des palpitations. 

- ...

- Est-ce que je peux me coucher à côté de toi ?

- [Alerte, alerte, wiuuuuwiuuuuwiuuuu !] Euh... ben... euh... si tu veux...

À cet instant je me propulse vers l'autre bord du lit, loin, le plus loin possible et dresse une barricade virtuelle. Surtout aucun contact ! Je m'accroche à l'image d'un slip blindé. Et là je me transforme en statue de pierre. Un bloc. Totalement immobile et silencieux. Quasiment en apnée. Les yeux grand ouverts dans le noir, peau et oreilles poussés à la sensibilité maximale, prêt à détecter le moindre mouvement. Si elle effleure un millimètre carré de ma peau, je fais quoi ? Je fais comment pour lui dire non ?

Dans cette position inerte je reste longtemps, très longtemps. Tellement que je m'ankylose. Il va falloir que je bouge. Un bras, une jambe. Léger bruit de draps. Et elle, elle fait quoi ? Elle ne dit rien. Pourquoi est-elle venue ? Peut-être est-elle en manque d'un corps d'homme ? Ou bien a t-elle simplement envie de sentir une présence rassurante ? Je me perds en conjectures... Le temps passe, sans que je puisse en évaluer la durée. Une demi-heure ? une heure ? Davantage encore ? Finalement je la sens se lever, sans savoir si elle s'est éloignée ou pas. Je finis par être certain qu'elle est partie et je peux enfin dormir.

Le lendemain matin elle m'explique que ses palpitations se sont calmées en se calant au rythme calme de ma respiration nocturne [si elle savait...]. Je fais comme si ce qui s'est passé n'avait rien de particulier. Et peut-être était-ce le cas ? Après tout peut-être me suis-je "fait des films" alors que Mme Rousse s'est simplement sentie suffisamment en confiance pour oser se glisser dans mon lit sans aucune autre attente que retrouver son calme ?

[Si quelques lectrices ont un avis sur cette attitude, ça m'intéresse].

Le retour du week-end s'est déroulée comme à l'aller : dans un sympathique flux de paroles, toujours entre l'anecdotique et des amorces de sujets potentiellement riches de développements mais laissés partir au fil du vent...

Nous nous sommes quittés tout à fait naturellement, amicalement, sans aucune allusion à ce moment singulier.

Hier soir elle n'était pas au conseil municipal.

 

Je crois que ma faim de rencontres présente quelques restrictions qui gagneraient à être précisées.

 

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Montagnes du Briançonnais

 

 

 

 

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Un cairn original, sur un site qui en regroupe une centaine

 

 

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19 juin 2015

Le courage d'être imparfait

Il y a quelques jours, tandis que j'évoquais la liberté, l'associant à une certaine idée du bonheur, Célestine, de son côté, déclinait quelques variations autour du titre du livre "Imparfaits, libres et heureux". La conjonction des thématiques croisées m'a inspiré une formulation légèrement adaptée : je me sens volontiers imparfait, imparfaitement libre et imparfaitement heureux.

J'aime assez cette idée d'imperfection, que j'associe volontiers a un autre terme modérateur : suffisamment. Être suffisamment libre, suffisamment heureux. Viser l'absolu, certes inatteignable, tout en sachant me satisfaire du suffisant.

Et comme les synchronicités ont la particularité de se manifester pile au bon moment, je suis tombé hier sur une vidéo qui prône « le courage d'être imparfait ». Il y est question d'accepter sa propre vulnérabilité, mais aussi d'être bienveillant envers soi. Mais l'idée principale c'est que, à la différence de ceux qui se demandent toujours s'ils sont assez bien, les gens qui croient en leur propre valeur ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance. Et surtout, ils pensent qu'ils le méritent. Je vous laisse découvrir cet intéressante approche...

 

 

 

 

 

 

 

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15 juin 2015

Farouche liberté

Mes parents vieillissent. Ils ont atteint l'âge qui fait que chaque année supplémentaire s'accompagne de divers désagréments. C'est surtout vrai pour ma mère. Aucune invalidité mais des régressions qui, quoique sans à-coups, sont tout de même suffisamment rapides pour être remarquées sans doute possible. Ces dernières années le diamètre d'exploration de leurs voyages s'est donc considérablement réduit et je me demande s'ils sortiront encore un jour de France. Dans des pays limitrophes, peut-être ? Entre le stress de l'un et les craintes de l'autre, partir quelques jours représente pour eux toute une expédition, comparable à trois mois au bout du monde pour une personne pleinement valide. Mon père aimerait bien, mais ma mère ne peut plus suivre...

Autour d'eux l'inexorable hécatombe a pris son rythme de croisière : maladies invalidantes, dégénératives, décès. Les rencontres entre amis égrainent la litanie des décrépitudes, plombant le moral de ceux qui n'ont pas à s'en plaindre. Mais il est certain que, parmi famille et amis, l'entourage de mes parents s'amenuise. Par chance leur nombreuse descendance les raccroche à la vie, avec la joyeuse exubérance des jeunes générations, volontiers taquine et iconoclaste. Cette jeunesse en épanouissement continu est le contrepoint heureux de l'issue fatale qui approche.

Aussi, quand ils m'ont proposé de les rejoindre au bord de la Méditerranée, j'ai accepté avec plaisir : pour eux nous sommes la vie ! Et tout grand-père que je sois devenu, je reste à leurs yeux une incarnation de la plénitude vitale.

Je crois que j'avais envie d'encourager mes parents dans leur mini excursion aux allures de grand voyage. Ma présence leur a comme insufflé une énergie : alors qu'ils n'avaient guère bougé depuis une semaine, ils se sont montrés volontaires pour visiter la ville voisine. J'ai été leur chauffeur, autorisant une sortie sans stress dans la rapidité urbaine. Nous avons arpenté les vieilles rues de la ville, jusqu'au quai. Là, alors que nous déambulions au rythme de leur âge, nous avons vu un bateau prêt à partir pour la ville voisine. Avec un surprenant empressement mon père avisa l'heure du prochain départ : sous deux minutes. Aussitôt le voila proposant cette excursion maritime et, sans vraiment savoir où nous allions, il prit trois billets ! Départ illico presto ! Le temps de monter dans le bateau et les amarres sont larguées. Ravi, mon père s'autorisait une petite fantaisie. Il y avait quelque chose d'enfantin dans ce geste totalement imprévu. Une réjouissante spontanéité ! Je suis certain qu'il ne l'aurait pas fait sans ma présence, rassurante à ce moment-là.

La traversée n'a pas été longue, mais avait presque une allure de croisière. La rade s'éloignant, l'eau éclaboussait sous l'étrave, le vent apportait les effluves marines. Sentant un souffle de liberté dans les esprits, je leur proposai, folle audace, de prendre le temps d'un restaurant plutôt qu'un retour hâtif dans le petit appartement qu'ils occupaient. Ils ont accepté sans aucune réticence. Arrivée dans le petit port, une promenade dans les rues avec déambulations dans un authentique marché provencal. Mon père était visiblement heureux. Et moi pleinement aussi, de le voir détendu grâce à ce périple accessible.

Ils m'ont abondamment remercié pour ce moment de liberté avec eux et les deux jours passés en leur compagnie.

C'est seul que j'ai terminé mon long week-end, arpentant un de ces lieux encore à peu près sauvages que recèle le littoral varois. Randonnant sur les falaises ventées et les escapements rocheux, j'ai alors songé à ce que j'écrivais ici dans mon précédent billet, autour de l'amour et de la liberté. Avide de cette dernière et, pour cela, peu désireux de retrouver l'état amoureux [quoique...], j'ai compris ce qui, dans cette étrange antinomie, me turlupinait : finalement, plutôt que l'état amoureux, n'est-ce pas l'état de bonheur que beaucoup recherchent ? L'état amoureux est un moyen, certes particulièrement puissant, mais temporaire, de le trouver. Et si la liberté solitaire m'est si précieuse, c'est parce qu'elle me permet d'atteindre, elle aussi, un bonheur profond. À la différence près que je le sais lié aux circonstance du momen : il est de l'instant. Alors que l'état amoureux, tout auréolé qu'il est de mythes et fariboles complaisamment entretenus, laisse croire qu'il peut durer en se transformant en cette mystérieuse et insaisissable alchimie qu'on nomme "amour" [et pourquoi pas "éternel", tant qu'on y est...]

Alors je me dis que si je parviens à distinguer entre les différentes sources qui me rendent heureux, peut-être pourrais-je savourer avec un égal plaisir ce que je vis seul et libre et ce que je peux vivre dans le partage... tant qu'il reste placé sous le signe de la liberté. Car la clé, dans tout ça, c'est bien la sensation de liberté.

Présente dans la solitude, comment ne pas l'effaroucher en présence d'autrui ? 

 

 

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Presqu'ile de Giens

 

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09 juin 2015

Le goût de la liberté

Un long toit sombre, d'épais murs de pierre avec peu d'ouvertures, le mur pignon recouvert de lauzes posées en escalier. Voilà l'ancienne ferme du Vercors, immuable et sobre. En ce début d'été elle émerge d'une prairie constellée de fleurs sauvages. Plus loin les sombres forêts de conifères couvrent les pentes. Au-delà se dessinent les rochers, les falaises, le ciel. Bleu, ce jour-là. Quelques volontaires se sont donné rendez-vous pour un week-end de jardinage. La crainte d'un envahissement de la propriété familiale par l'exubérance herbacée a offert une occasion de retrouvailles et sept d'entre nous ont répondu présent pour couper l'herbe (et les fleurs sauvages, hélas). 

J'arrive en début d'après-midi. Mon frère, arrivé la veille, nous quitte peu après : il a un rendez-vous dans la soirée. « Avec une femme » précise-t-il. Ah... me dis-je intérieurement, blasé. Depuis l'éclatement de son couple il multiplie les rencontres féminines avec gourmandise, oscillant entre exaltation et désillusions. Peu enclin à la discrétion il lui arrive, un peu trop souvent à mon goût, de raconter ses exploits dans les moindres détails, bousculant sans vergogne les repères de ses interlocuteurs. Cette fois il se contentera de montrer, sur son smartphone, la photo de sa nouvelle dulcinée. Elle semble plutôt séduisante, si j'en juge aux commentaires. Lui, avec désinvolture, se dit amoureux. Des allusions fusent, taquines et rassurées : il n'est plus seul ! Sans rien dire, j'observe le petit manège du retour à la normalité.

Aussitôt après son départ ma soeur nous glisse, visiblement envieuse, "on en rêve tous, de tomber amoureux". Là, j'ai mon mot à dire.

- Pas forcément tous, lui répond-je.

- Ah bon ? Tu en connais beaucoup des gens qui ne voudraient pas tomber amoureux ?

Je lève lentement le doigt : « moi... »

Étonnement. Pourtant je n'en fais pas mystère.

- Ça ne me tente pas.

- Mais... quand même, c'est vachement bon ! Et tant pis si on doit en souffrir après.

Je n'ai pas alimenté l'ébauche de discussion, car si j'étale relativement aisément mes états d'âme devant des inconnus du net, il n'en va pas de même avec mes proches, surtout quand ils sont en nombre. La discrétion a ma préférence. Un peu plus tard ma soeur chercha donc à en savoir davantage, mais toujours devant d'autres membres de la famille, ce qui limitait sérieusement mes capacités à aller plus loin... 

- Alors, comme ça tu n'as pas envie d'être amoureux ?

- Ben non, vraiment pas... Mais je n'y suis pas fermé, hein : si cela devait arriver je ne le refuserais pas.

- Il est vrai qu'une de mes copines dit la même chose que toi.

Beau-frère intervient : les gens qui disent que ça ne les attire pas se mentent à eux-même...

Je n'ai pas surenchéri. Les idées toutes faites m'agacent. Je n'avais pas envie de développer et n'ai rien à défendre.

Par contre j'ai remarqué en mon for intérieur que ma déclaration concordait parfaitement avec ce que j'avais répondu quelques jours plus tôt, ici même, dans un commentaire. Au sujet d'une éventuelle soif d'amour j'ai écrit: « c'est une soif que, autant que je sache, je ne connais pas ! À l'instar des plantes du désert mes besoins de ce breuvage semblent être ascétiques. J'en serais presque étonné si je ne m'étais pas habitué à cette situation de sobriété. Mais cela ne préjuge en rien de l'avenir : tout cela (re)viendra peut-être un jour et le désert refleurira. Ou pas :) »

Depuis, mon étonnement s'est mué en interrogation : alors que je parle de ma "faim" de rencontres je n'aurais pas "soif" d'amour ? N'y aurait-il pas là quelque contradiction ?  Au delà du choix des métaphores nourricières et abreuvantes, je dois bien reconnaître que je ne suis pas tout à fait clair. S'il est vrai que l'amour-amoureux ne me tente pas, je garde néanmoins le souvenir radieux de quelques épisodes de bonheur intense et l'idée d'en revivre est loin de me rebuter. Dès lors mon manque d'appétit en la matière est un peu surprenant, si ce n'est suspect. Cependant, autant que je puisse en avoir conscience, l'idée de m'aventurer de nouveau sur ces terrains-là ne m'attire pas. Enfin si mais... disons plutôt que certains aspects rendent l'idée peu attirante. Je pense en particulier à ce que "l'amour" peut avoir d'aliénant : perte de liberté, dépendance, attentes, exigences... Pouah, quelle horreur ! Oui, je sais, l'amour ce n'est pas ça... mais parfois ça y ressemble fort.

Comme pour me rappeller ces dérives un de mes collègues, récemment divorcé, exprimait dans le relâchement de fin de journée ses inquiétudes au sujet d'une "nouvelle femme" entrée depuis peu dans sa vie. Amoureuse, elle commençait à se montrer exigeante, inquisitrice, limitante et cela le tracassait. Il sentait sa liberté lui filer entre les doigts et le poids des discussions compliquées se faisait déjà sentir. Entre le retour à une solitude qui lui est pesante et "l'engagement" dans une relation sous contrôle serré, je l'ai senti très hésitant. Il a fini par dire qu'il envisageait déjà d'y mettre un terme et que si ça devait s'arrêter, il valait mieux que ce soit au plus tôt, avant qu'il ne s'attache trop. Et ce grand gaillard bourru d'évoquer sa sensibilité aux tourments du coeur...

Comment peut-on avoir envie d'aller vers ça ? Comment peut-on admettre l'idée de se voir contraint, orienté, canalisé, obligé d'adopter un mode de vie qui n'est pas le nôtre ? Comment peut-on ainsi renoncer à soi ? Pour "être à deux" ? Non merci ! D'accord pour l'attirance amoureuse si elle apporte bonheur, plaisir, ouverture, mais pas si s'y introduisent tourments, douleurs et complications ! Je préfère en rester à des attirances réciproques subtiles, à laisser s'exercer la séduction naturelle qui rapproche les semblables, à vivre des parenthèses de partage sensible, à rêvasser de rapprochements hypothétiques, de complicités particulières, d'affinités prometteuses. Je préfère laisser les possibles ouverts plutôt que de me cogner aux murs d'une réalité décevante.

Alors oui, il m'arrive d'avoir faim de belles rencontres et de doux moments partagés, mais non, je n'ai pas soif de cet "amour" dont les complications pourraient bien raviver le goût amer de la déception.

J'aime trop celui de la liberté :)

 

DSC01922Ferme du Vercors

 

 

[PS. Billet dont la publication me paraît nécessaire, bien qu'elle me soit inconfortable]

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25 mai 2015

Le pari de la confiance

Sur un blog discret j'ai récemment lu ceci : un humain est confiant quand il se sent aimé…

Une phrase toute simple, qui m'a immédiatement saisi. Je l'ai trouvée étonnamment juste. Limpide. Elle correspond exactement à une association de termes dont je cherche à mettre en évidence le lien depuis fort longtemps : amour et confiance. L'amour auquel je pense ici est à prendre au sens le plus basiquement humain : reconnaissance, écoute, considération, respect. Éventuellement appréciation, estime, et davantage encore, mais en évitant de s'égarer du côté de l'exacerbation amoureuse qui, par ses attentes, tend vraiment à être d'une autre nature.

Quoi qu'il en soit l'élément prépondérant, ici, n'est pas l'amour mais la perception de celui-ci : "se sentir aimé". L'idée qui m'a plu c'est que la confiance découlerait de cette sensation.

J'ai pas mal disserté sur la confiance, autrefois ( ou encore ). L'érigeant sous la forme d'un principe plutôt exigeant, je considérais que celle que l'on accorde à l'autre était un préalable pour aller plus loin dans la relation. Or la phrase mise en exergue en début de texte inverse le postulat et situe la confiance à sa juste place : une conséquence. Si je ressens une attention respectueuse, alors je me sentirai en confiance. J'insiste sur cette notion de ressenti parce que, j'en prends conscience, c'est à partir de là que se déclenche toute une dynamique. Fondalement peu importe de quelle façon je suis reconnu et écouté, et même si je suis réellement : ce qui compte c'est que je ressente que je le suis. Que j'y croie. En ce sens le rôle des premiers regards (parents, éducateurs, enseignants...) est capital.

Inévitablement me reviennent à l'esprit les souvenirs d'une enfance marquée précocement par l'instabilité de cette perception. En quelques instants tout pouvait basculer, de façon imprévisible et irrationnelle. Démesurée. Violente. La versatilité paternelle a probablement induit en moi une insécurité affective, une crainte permanente du désamour, du désintérêt, de la disgrâce, et de la douleur profonde qui accompagne ces invisibles déchirures. Les blessures, par effet de répétition, sont hélas devenues traumatismes...

Je suis convaincu que l'enfance joue un rôle prépondérant dans le socle de la confiance en soi. S'il fait défaut, je me demande encore comment le constituer solidement ultérieurement. Pour se croire aimable il y a donc non seulement nécessité première de se sentir aimé, mais aussi que ce soit avec une certaine constance. Question de fiabilité.

Je pense que le début de mon parcours de vie a fait que j'en suis venu à accorder une importance majeure - et sans doute excessive - à la notion de confiance. Me sentir en confiance, c'est à dire écouté et digne d'intérêt, est une condition indispensable pour que, en présence d'autrui, j'ose simplement être (être soi) et me déployer librement, sans retenue, sans contrôle. De ce fait, rares - et particulièrement précieuses - sont les personnes avec qui je me laisse aller spontanément. Ma prudence vient probablement d'une hypersensibilité à tout signe pouvant me faire ressentir - à tort ou à raison - que je ne suis pas, ou plus, aimé (apprécié, estimé). Une telle insécurité ne favorise évidemment pas l'épanouissement personnel, ni relationnel. Alors, bien qu'un attrait pour la rencontre m'anime fortement, il ne fait pas toujours le poids face à celui que j'ai aussi pour la solitude... qui n'est qu'un moyen d'exister librement. Seul, certes, mais libre. Et inversement...

Mais en rester aux hypothèses explicatives ne présenterait que peu d'intérêt. Ce qui importe c'est de savoir ce que je fais de cet héritage. Mon rapport exigeant à la confiance se colore donc peu à peu d'une nouvelle dimension : la prise de conscience de ma part de responsabilité dans le changement souhaité. Déjà j'ai laissé tomber l'idée de durabilité : la confiance se vit au présent et n'engage à rien. Ça, c'est fait. Maintenant j'en viens à admettre qu'en présence de l'autre, tant que je manquerai de confiance en moi il me sera difficile d'avoir confiance dans l'attention (amour) que l'on peut avoir à mon égard. Le doute pourra ressurgir inopinément. Tout se passe comme si le manque initial jouait un rôle d'anti-adhésif, empêchant l'accroche stable de l'amour pourtant ressenti : au moindre mouvement, tout glisse.

C'est embêtant. C'est même fâcheux et potentiellement désastreux. Alors, puisque je ne peux pas changer le passé qui m'a conditionné, il me revient de faire le pari de la confiance. Il n'est pas sans risques puisqu'il peut m'exposer à de cruelles déconvenues et raviver les traumatismes anciens, mais je ne veux plus m'en protéger continuellement. J'ai envie de me fier à mon intuition première dès lors qu'elle m'indique qu'une personne est fiable. Tenir quels que soient les aléas, les éventuels malentendus, désaccords et mouvements d'humeur. Autrement dit : garder obstinément confiance en moi.

C'est possible, ça ?

 

 

 

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18 mai 2015

Faim

Je ne suis pas très content de moi : j'aurais pu profiter bien davantage de ma dizaine de jours de vacances. Certes je suis parti sous d'autres cieux, mais peu de temps. Des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont contraint à revenir plus tôt que prévu chez moi... où je suis bêtement resté. Or j'aurais très bien pu reprendre ma voiture et trouver, à quelques heures de route, une infinité de possibilités d'évasion !

Oui mais j'ai tout de suite pensé au week-end prolongé que n'auraient pas manqué de s'octroyer "plein de gens", en imaginant une grosse circulation, des masses de touristes... Beark ! Et puis la météo annonçait un retour du froid. Brrr... Et partir tout seul... Boaf.

Résultat : j'ai pas bougé !

C'est d'autant plus idiot qu'initialement j'avais pensé m'offrir un petit voyage solo en quelque lieu dépaysant sans être trop lointain. Sauf que, voulant répondre à de vagues engagements que j'avais imprudemment laisser supposer, je me suis laissé faire en abandonnant mon projet. Une fois de plus j'ai voulu être gentil et je me suis fait passer après autrui. Pouark, détestable ! Mais quand est-ce que je saurai me faire passer avant l'autre ?

Bon, ce n'était pas désagréable du tout, bien au contraire, et j'ai pris du plaisir à partager de bons moments. Soleil, ciel bleu, palmiers. Un avant goût d'été. Mais... c'était court. Trop court. Je n'ai donc pas eu ce que je désirais : une vraie évasion. J'aurais pu entreprendre de quoi compléter la première partie mais je ne l'ai pas fait. Tant pis pour moi ! Ça m'apprendra à ne pas tenir mes engagements envers moi-même !

En fait j'ai des difficultés à quitter mon environnement tranquille. Mais j'en ai autant à y revenir : quand je suis loin (même si ce n'est pas très loin...) je resterais volontiers dans ce "hors-temps" que je trouve dans l'ailleurs. Le changement de rythme et d'habitudes me dérange autant dans le mouvement que dans l'immobilisme. Loin, j'oublie tout : travail, maison... et internet. Je me coupe de tout, et surtout de l'info, du stress, d'un quelconque programme. L'inspiration est mon guide. Liberté !

J'étais loin, donc. En revenant chez moi il m'a fallu du temps pour me "reconnecter" au monde (très peu), à internet (beaucoup)... et je n'ai plus su m'en décrocher. Pfff... j'aime pas ça !

Bon, quand je dis "internet", je pense surtout aux interactions que cela permet. Ce désir toujours latent de partager, d'échanger, d'explorer, de ressentir une vibration particulière. Une autre forme de voyage, en somme : en soi, vers l'autre. Aller à la rencontre de l'exotisme de l'autre, de sa part d'inconnu. Trouver nourriture à partager.

Il m'arrive d'en avoir faim.

 

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Massif de l'Estérel

 

 

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15 mai 2015

Un zeste d'exotisme

Changer d'environnement n'a pas son pareil pour se changer les idées. Le voyage dilate le temps et ouvre l'espace autant que l'esprit. Quelques jours de vacances ont suffit pour me déconnecter totalement du travail et retrouver un enthousiasme qui me faisait défaut. 

Saurez-vous deviner où je suis allé ?

 

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 Il y fait chaud...

 

 

 

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il y a du soleil...

 

 

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des arbres exotiques...

 

 

 

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Serait-ce en Amérique sub-tropicale ?

 

 

 

 

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En nouvelle-Zélande ?

 

 

 

 

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En Asie ?

 

 

 

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En Afrique du Sud ?

 

 

 

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Ces fleurs en proviennent...

 

 

 

 

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Dans l'aridité d'un désert ?

 

 

 

 

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Aucune de ces destinations lointaines,
mais un peu de toutes à la fois.

 

 

 

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En bordure de Méditerranée

 

 

 

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En un lieu préservé.

 

Le Domaine du Rayol, géré par le Conservatoire du Littoral

Une destination que je conseille aux amateurs de plantes exotiques et de nature préservée. La végétation spontanée se mélange avec les espèces introduites, en créant des scènes presque "naturelles". L'entretien y est volontairement réduit afin de laisser aux plantes la possibilité de se reproduire et de contribuer ainsi à une grande biodiversité. Ce lieu est tout simplement enchanteur...

 

 

 

 

 

 

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08 mai 2015

Un beau matin

Ce matin, en ouvrant mon ordinateur, je trouve le mail chaleureux d'une personne qui, par le regard enthousiaste et positif qu'elle porte sur l'existence, m'a touché. Lire ses mots m'a vraiment fait du bien, en me mettant un sourire dans la tête de bon matin :)

De plus en plus je prends conscience de l'importance qu'ont, pour mon équilibre intérieur, les personnes résolument optimistes. Optimistes et néanmoins lucides, conscientes de leur part de responsabilité dans ce qu'est le monde, agissant pour le rendre meilleur.

Dans les commentaires suivant mon précédent billet je trouvai aussi, en ce matin encore ensoleillé, quelques marques de sympathie et d'attention, si ce n'est d'affection : des mots, des pensées, un texte, une musique. J'avoue que tout cela m'a fait vraiment plaisir. Mieux : cela m'a nourri !

Il y a quelques années un petit logo était apposé sur certains blogs : "Vos commentaires nourissent mon blog". C'est une évidence très juste : sans commentaires mon écriture serait différente, tant dans sa tonalité que dans sa fréquence. J'aime ressentir la présence de mon lectorat et la voir s'exprimer dans une certaine convivialité - quoique j'apprécie que cette dernière reste plutôt discrète. Le dosage entre sympathie et juste distance est assez subtil à établir. Un excès de familiarités peut rebuter ceux qui ne se sentent pas intégrés dans un cercle, ou n'osent pas s'y inclure. À l'inverse, des commentaires sans marques d'affect peuvent donner une ambiance austère, "sérieuse", tout aussi rebutante.

Mais les commentaires font autre chose que nourrir mon blog : ils me nourrissent. Ce n'est évidemment pas leur nombre qui me nourrit, mais l'intention et l'attention exprimées. C'est ce que vous y mettez de vous. Je ne saurais me satisfaire de "Like" au pouce levé : ce que j'aime c'est sentir que quelque chose vous a touché et, en quelque sorte, vous a aussi nourri. Et ce que j'aime... c'est que vous m'en disiez quelques mots. Ce n'est même pas que j'aime, c'est que j'en ai besoin ! Ou disons que cela me fait du bien. C'est ce qui me stimule et me pousse à continuer. J'ai toujours considéré l'expression en ligne comme un moyen de rencontre basé sur le partage.

Il arrive, comme en ce moment, que j'aie moi-même peu à partager. Peu à offrir. Dans ces phases-là je n'écris plus beaucoup et donc, forcément, vos interventions en retour se tarissent. Je ne bénéficie alors plus de cette "nourriture" que vos mots peuvent m'apporter. Périodes de silence relatif, à prendre comme telles : respirations, repos, moments de calme. Le flux reviendra quand ce qui oeuvre à mon insu dans mes profondeurs cherchera à s'extérioriser. En cela votre présence amicale, votre fidélité, et je dirais même votre confiance, me sont importantes...

Il y a quelques jours la personne qui m'a écrit ce matin me faisait part, après avoir parcouru mon blog, de son désir de bénéficier elle aussi de retours de la part de son lectorat, encore réduit. Je ne peux que comprendre ce souhait d'audience, non en termes de nombre de lecteurs mais pour les échanges que cela permet. Parce qu'elle le mérite, je vous parlerai d'elle prochainement...

En attendant, je m'octroie quelques jours de vacances !

 

Et puisque ce billet résonne curieusement avec un échange sur le même thème chez Célestine, je lui dédie.

 

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Gorges du Verdon - Avril 2015

 

 

 

06 mai 2015

En attendant l'inspiration...

 

 

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 Le Verdon, au fond des gorges du même nom.

 

 

 

Parfois les mots ne viennent pas.
Je ne sais, ni ne veux, les forcer.

Accueillir l'absence d'expression comme une nécessité dont le sens m'échappe.
Signe d'un mouvement intérieur, peut-être.
Ou d'une place qui ne se trouve plus.
Qui se cherche...

Envie de... je ne sais quoi.
Mystère à moi-même.

 

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23 avril 2015

Ce soir...

 

 

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C'était ce soir et c'était beau.

 

 

 

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