Né de parents catholiques, j'ai été baptisé avant de savoir parler. On ne m'a donc pas vraiment demandé mon avis. En revanche communion, profession de foi (en procession et aube blanche !), confirmation (avec onction frontale de la main même de l'évêque), ça je l'ai fait volontairement. Parfaitement conditionné et tout à fait obéissant j'ai passé ces épreuves non sans quelque fierté (mais aussi un léger sentiment de ridicule...). J'ai même été enfant de choeur (et ça c'était plutôt rigolo...)

Messes jusqu'à la majorité. J'ai suivi la famille sans réelle rébellion, gâchant ainsi nombre de matinées dominicales. J'ai même continué un peu au delà, sans doute avec le souci de rester "quelqu'un de bien".

Mon dieu ! Comment ai-je pu endurer cela ?

Dieu ? Euh... je ne me souviens pas avoir cru un jour à son existence. Ce n'est pas faute de m'être concentré pour tenter de rentrer en contact ou d'avoir cherché à voir descendre son esprit pendant "l'élévation". Mais que dalle : j'ai jamais rien vu ni rien senti. Par contre je "croyais" à l'histoire du gars nommé Jésus et j'ai toujours pensé que les paroles qu'on lui attribue étaient dignes d'être méditées.

J'ai cotoyé pas mal de personnes qui se sentaient proches de "Dieu" et croyaient en son existence. Des prêtres, bien sûr, mais aussi quelques moines et religieuses. J'ai assisté aux offices dans un monastère, pris des repas en silence, écouté des témoignages de foi... J'ai trouvé ça beau. J'ai vu la lumière qui irradiait dans certains regards, le sourire rayonnant, la joie de vivre. C'était beau mais hors de mes aspirations.

Ma vie de jeune adulte m'a peu à peu écarté de l'église, que j'ai pourtant longtemps regardée avec respect. Je m'intéressais à cette "famille" dont j'étais issue tout en m'en éloignant irrésistiblement. Je ne pouvais plus adhérer à des dogmes que je trouvais idiots, et surtout à un sexisme anachronique : c'est parce que la prêtrise était interdite aux femmes que j'ai pris mes distances.

Nos trois enfants n'ont donc pas été baptisés à leur insu. Bizarrement ils ont quand même voulu suivre le catéchisme et... se sont fait baptiser !

A cette époque j'avais déjà quitté la religion catholique, grâce aux Témoins de Jeh*vah ! Non parce que j'aurais été converti par les adeptes du "Royaume" et au mythe délirant des 144.000 élus, mais parce que, par goût pour la réflexion et par curiosité, j'ai accepté de discuter avec le jeune couple qui était venu sonner à notre porte un dimanche matin. Non, je ne les ai pas foutu dehors comme il est de bon ton chez la plupart de ceux qui en parlent : j'ai expliqué où j'en étais dans mon rapport aux religions. Comme la discussion durait ils ont proposé de revenir et c'est ainsi que je les ai accueillis à plusieurs reprises. Avec eux j'ai jeté un regard encore plus critique sur les enseignements de l'église catholique... et affermi mon rejet vis à vis de toute forme d'endoctrinement religieux. Loin de m'avoir converti ils m'avaient immunisé. J'avais alors une trentaine d'années.

J'aurais voulu me faire débaptiser et quitter la religion catholique, mais apparemment ce n'est pas possible : on y entre sans pouvoir en sortir. Alors je me suis déclaré agnostique : dans l'incapacité de me déterminer sur l'existence ou non d'une "entité supérieure", d'une sorte de "dessein", quoique réfutant tout amalgame avec le "Dieu" anthropocentré des religions.

Finalement, après ce long parcours, j'ai de plus en plus de mal à concevoir l'existence de je ne sais quoi qui gouvernerait aux destinées de l'univers et ses milliards de galaxies (et je ne parle même pas des infinitésimales poussièricules que sont les humains...).

Non, pour moi il n'y a rien. Rien qui ressemble à ce que des humains appellent "Dieu". 

Il me semble donc être passé, sans vraiment m'en être rendu compte, du côté des athées...

Mais ce n'est pas si simple, parce que le fait que tant de gens agissent en suivant des doctrines censées avoir été dictées par "dieu" fait exister cette entité, ce concept érigé au rang de guide suprême. Il m'est donc difficile de me dire athée puisque, du seul fait que des gens y croient, dieu existe !

L'athéisme peut-il exister si dieu existe pour d'autres ? Je suis sûr que plein de personnes érudites se sont penchées sur ce paradoxe mais je vous avoue que je ne vais pas me prendre le chou avec ça...

 

 

Je ne crois pas au divin extérieur à soi mais, en revanche, crois que l'humain peut accéder à une conscience qui le dépasse. Une conscience très personnelle, intime, indicible, dont la perception collective relierait les hommes. Quelque chose qui paraîtrait à la fois tellement grand et tellement exigeant envers soi que le projeter vers une divinité toute puissante permettrait d'en alléger la charge...