« Il faut se rendre compte que la courte et extraordinaire période d’abondance que nous venons de vivre depuis la révolution industrielle — grâce aux énergies fossiles — a fait émerger une solide culture de l’égoïsme. Logique : c’est parce que nous sommes infiniment riches que nous pouvons nous permettre le luxe de dire à notre voisin : « Je n’ai pas besoin de toi, je peux vivre seul. » Il en va de même dans le monde vivant, des bactéries aux arbres, en passant par les animaux. Un milieu d’abondance fait émerger la compétition ; un milieu pauvre et hostile fait émerger l’entraide.

Le vrai problème n’est donc pas la pénurie, l’être humain sait assez bien gérer cela. Le vrai problème est d’arriver de plein fouet dans un monde de pénurie avec une culture de l’égoïsme. C’est précisément cette culture qu’il faut désamorcer au plus vite, afin de réduire le chaos social. »

À propos de la parution de "L'entraide, l'autre loi de la jungle" de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, article à lire sur Reporterre